BOURSEMicrostructure des marchés financiers

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La microstructure des marchés financiers est un domaine de la finance créé au début des années 1970 dans le but d'analyser l'influence des différents modes d'organisation de la négociation des valeurs mobilières sur la formation des prix des actifs et celle des coûts de transaction. Le mode d’organisation régit les règles de l’échange, et un des principaux enjeux de la microstructure est de comprendre celles-ci et d’analyser leurs changements, miroirs de la constante mutation des marchés financiers. Ainsi, l’image traditionnelle d’une salle bruyante remplie de courtiers agitant les bras à l’adresse d’un individu qui inscrit des chiffres sur un tableau noir n’existe plus. La rencontre entre acheteurs et vendeurs de titres ne se fait plus physiquement autour de la « corbeille » mais électroniquement. Les courtiers interviennent désormais à partir de terminaux installés dans les sociétés de Bourse et reliés aux ordinateurs centraux de la Bourse.

Plus précisément, depuis le début des années 2000, les marchés financiers, et l’organisation de la négociation des valeurs mobilières, se sont profondément modifiés sous l’impulsion simultanée de changements dans l’environnement réglementaire boursier, de l’internationalisation des marchés et de la baisse sensible des coûts technologiques (notamment ceux des télécoms et de l’informatique). Un des résultats – improbables – de ces profondes mutations est l’acquisition, en 2013, de l’icône des bourses depuis plus de deux siècles, la Bourse de New York, par ICE (Intercontinental Exchange), bourse née à Atlanta en 2000. La concurrence de plus d’une centaine de nouvelles plates-formes électroniques à bas coûts a définitivement érodé les parts de marché et les profits de la Bourse de New York, dernière grande bourse à maintenir un parquet avec des cotations à la criée.

L’automatisation et l’électronisation des bourses se sont accompagnées de nouvelles manières de négocier : plus grande vitesse dans le passage et l’appariement des ordres ainsi que dans la dissémination de l’information financière, plus grande sophistication des plates-formes, plus grand recours à l’automatisation des processus de passage des ordres via le recours à des « algorithmes ». À cette mutation technologique s’est joint un changement fondamental de gouvernance : les bourses sont passées d’un statut de coopératives à celui d’entreprises commerciales qui cherchent à maximiser leurs profits et à minimiser leurs coûts en utilisant la technologie la plus appropriée. Même s’il existe une grande hétérogénéité entre elles, due à leur mode d’organisation, mais aussi à une hiérarchisation différente de leurs sources de revenus, les bourses convergent schématiquement vers une organisation assez similaire de la négociation des titres les plus actifs, et ont un objectif en commun : celui de chercher le mode d’organisation optimal permettant de maximiser la liquidité, à savoir la capacité des investisseurs à échanger rapidement de gros volumes en un court laps de temps, sans forte variation des prix (Fisher Black, 1971). La question de la liquidité ainsi que celle de la découverte des prix, toujours plus sophistiquées, constituent les thèmes clés abordés par la microstructure des marchés financiers.

Mutations de l’industrie des bourses

L’industrie a changé radicalement depuis les années 1990, en raison d’un mouvement de consolidation des bourses traditionnelles, joint à une vague sans précédent d’entrées dans l’industrie de nouvelles plates-formes à bas coûts. La réglementation et la technologie ont joué un rôle déterminant dans la refonte de ce nouvel environnement boursier.

La concurrence entre places financières

Au cours de la décennie 1990, l'automatisation et l’électronisation des systèmes de négociation se sont généralisés à l'ensemble des places boursières. Les investissements nécessaires ont exigé des bourses qu'elles fassent elles-mêmes appel aux marchés financiers pour lever des fonds. Pour cela, beaucoup d’entre elles ont modifié leur statut en opérant une « démutualisation » : elles sont passées de la forme de coopératives dont les membres (courtiers, banques...) détenaient une part du capital, à celle de sociétés privées par actions. La première à opérer cette démutualisation fut la bourse de Stockholm en 1993, puis la bourse australienne en 1998, suivie par la ma [...]

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Écrit par :

  • : professeure associée, École supérieure des sciences économiques et commerciales
  • : adjointe au chef du pôle d'analyse économique du secteur financier, direction générale du Trésor et de la Politique économique, ministère de l'Économie, chercheuse associée au G.A.T.E.-C.N.R.S., université de Lyon-II-Lumière

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Pour citer l’article

Laurence LESCOURRET, Séverine VANDELANOITE, « BOURSE - Microstructure des marchés financiers  », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/bourse-microstructure-des-marches-financiers/