AVC (accident vasculaire cérébral)

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Les accidents vasculaires cérébraux (AVC), de plus en plus nombreux, sont devenus une priorité de santé publique. La prise en charge hospitalière en urgence ne commence à s'organiser que depuis quelques années et avec encore trop peu de moyens. Le diagnostic des AVC a néanmoins bénéficié des grands progrès des techniques de l'imagerie médicale qui permet de visualiser très précocement l'infarctus ou l'hémorragie cérébrale, de réaliser un bilan rapide et non invasif de tout le système vasculaire cérébral et d'apporter des éléments pronostiques et étiologiques. Les patients victimes d'AVC doivent être pris en charge le plus rapidement possible, certains traitements spécifiques ne s'avérant efficaces qu'au cours des toutes premières heures.

Une priorité en santé publique

Occurrence des AVC

Les AVC sont des affections fréquentes et graves. Ils représentent, dans les pays développés, la première cause de handicap acquis chez l'adulte, la deuxième cause de démence après la maladie d'Alzheimer et la troisième cause de décès après l'infarctus du myocarde et les cancers.

Chaque année en France, on compte environ 120 000 patients victimes d'un AVC. Parmi ces nouveaux cas, on estime que 30 000 vont mourir dans les jours ou les mois qui suivent et 60 000 vont garder un handicap de sévérité variable.

Les AVC sont de deux types : ischémique dans 80 p. 100 des cas (par occlusion d'une artère [infarctus], plus rarement d'une veine cérébrale) ou hémorragique dans 20 p. 100 des cas (par rupture d'un vaisseau intracrânien). Les causes déterminant l'une ou l'autre de ces anomalies sont extrêmement variées.

Quelle que soit la sévérité d'un AVC, le patient doit être hospitalisé le plus tôt possible dans un service spécialisé car cette prise en charge constitue, à ce jour, la mesure thérapeutique la plus efficace pour améliorer le pronostic du plus grand nombre de patients victimes d'un AVC. En effet, les unités neuro-vasculaires (UNV), dédiées et organisées spécifiquement pour la prise en charge des AVC, permettent à elles seules de réduire d'un quart les conséquences lourdes (dépendance, etc.) et la mortalité hospitalière après un AVC. Ce bénéfice s'applique à tous les AVC, quel que soit leur type, leur sévérité ou l'âge de ces malades, et se poursuit à long terme jusqu'à dix ans après.

Prise en charge en urgence des AVC

Comme pour l'infarctus du myocarde, la connaissance par le grand public des principaux symptômes d'AVC, de leur gravité et de la nécessité d'un transport urgent vers une structure hospitalière spécialisée est nécessaire. Or les études montrent que jusqu'à 40 p. 100 des personnes interrogées après un AVC ne connaissaient pas le moindre signe d'alerte de cette pathologie. De plus la diversité des symptômes d'AVC, la nature de certains symptômes comme l'aphasie, le caractère parfois transitoire ou partiellement régressif et faussement rassurant des symptômes, l'isolement du patient ou l'absence de témoin constituent des facteurs qui rallongent les délais d'alerte des secours.

Les équipes urgentistes du S.A.M.U. et des sapeurs-pompiers ont un rôle d'une extrême importance dans la sélection rapide des patients qui, en priorité, devraient être dirigés vers les unités neuro-vasculaires (UNV). C'est là que la conduite à tenir devra être décidée. Dans tous les cas, il est important de connaître les gestes à ne pas faire devant un patient suspect d'AVC : administrer un traitement antithrombotique (comme l'aspirine ou l'héparine) sans avoir le résultat du scanner ou de l'IRM cérébrale, faire baisser la pression artérielle sans avoir au préalable précisé grâce à un bilan neuro-vasculaire le type d'AVC et son ou ses mécanismes.

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Pour citer l’article

Katayoun VAHEDI, « AVC (accident vasculaire cérébral) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/avc/