ARLBERG

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Alors que les grandes voies de communications internationales franchissent transversalement l'arc alpin, l'Arlberg est une ligne de circulation longitudinale, à l'intérieur de la chaîne. Entre le Vorarlberg à l'ouest, tourné vers la Suisse, et le Tyrol, à l'est, le massif de l'Arlberg forme une haute cloison, bordée par les Préalpes calcaires du nord (Lechtaler Alpen) et par les reliefs cristallins du sud (Silvretta). Au couchant, le Klostertal est une haute vallée étroite, balayée d'avalanches et de glissements de terrains, parcourue par l'Alfenz, torrent affluent de l'Ill. À l'orient, la Stanzer est un tributaire de l'Inn. Le seuil, façonné en auge par les glaciers, culmine à 1 793 mètres, dans un âpre paysage de rochers et de végétation rabougrie (arl signifie aulne nain). Il marque la séparation entre les bassins du Rhin et du Danube. Le sentier muletier qui le franchit fut emprunté tout d'abord, au Moyen Âge, non pas pour la relation directe Suisse-Autriche, mais par le trafic allemand vers l'Engadine et l'Italie. Ce ne fut qu'après l'extension au Tyrol des possessions helvétiques originelles des Habsbourg que s'affirma son rôle de jonction entre les domaines montagnards de la dynastie. Des hospices pour les voyageurs furent édifiés à Klösterle (1218) et, près du col, à Sankt Christoph (1386). En 1414 était ouverte la première route carrossable. Elle déclina, au xive siècle, au profit de l'itinéraire périphérique, plus long mais plus sûr, par l'avant-pays allemand et le lac de Constance, puis par la vallée du Rhin. Le trafic se réanima, avec la construction de la nouvelle route, par Joseph II, entre 1822 et 1825, et l'institution d'un service hebdomadaire de voitures postales. Entre 1880 et 1884, l'ingénieur Lucius Lott dirigea la construction d'un chemin de fer, à voie unique, au profil tourmenté, avec de nombreux tunnels d'accès, des viaducs, des galeries pare-avalanches, qui en font l'un des tracés ferrés les plus pittoresques des Alpes. Cette voie franchit l'Arlberg, à 1 311 mètres, par un tunnel de 10,25 km, entre Sankt Anton, à l'embouchure tyrolienne (1 303 m), et Langen (1 217 m). La ligne a été la première électrifiée, en 1924, dans les Alpes autrichiennes ; jusqu'à la Première Guerre mondiale, au temps de l'Empire austro-hongrois, l'Arlberg a été une voie de communication internationale vers Vienne, Budapest et l'Europe centrale. Elle garde ce rôle, mais son importance actuelle est surtout fondamentale pour le trafic autrichien interne. Après une éclipse, la route a repris un brillant essor et, pendant la belle saison, le mouvement touristique est intense. Un tunnel routier de 14 kilomètres a été inauguré en 1979. La promotion de l'Arlberg au rôle d'axe de circulation a stimulé une activité touristique, favorisée par l'altitude et l'enneigement très abondant. La région est l'un des pôles internationaux du ski, avec une forte clientèle étrangère, dans ses stations de Klösterle, de Langen, de Stuben, de Zürs, de Sankt Christoph et de Sankt Anton am Arlberg.

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  • Paul GUICHONNET
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À l'extrémité ouest de l'Autriche, le plus exigu des Länder après Vienne, le Vorarlberg (2 601 km 2 ) est cependant, de loin, le plus dynamique. Sa population était de 360 200 habitants en 2004. Le Land a su faire preuve d'un dynamisme et d'un esprit d'entreprise qui ont fait de lui le champion de l'industrie et du tourisme. Les quatre souverainetés féodales, isolées à l'ouest des pays autrichiens […] Lire la suite

Pour citer l’article

Paul GUICHONNET, « ARLBERG », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 11 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/arlberg/