SHARON ARIEL (1928-2014)

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Peu d’hommes auront été aussi controversés qu’Ariel Sharon, général et homme politique israélien, décédé en janvier 2014, à l’âge de quatre-vingt-cinq ans, après huit années passées dans le coma. En Israël, il avait ses admirateurs séduits par son audace militaire et sa force de conviction, mais aussi beaucoup de contempteurs effrayés par son indocilité et sa brutalité. À l’étranger, il était presque unanimement tenu pour un nationaliste ombrageux, fermé à tout compromis, sauf à l’extrême fin de sa vie, où la mise en œuvre du retrait total et unilatéral de la bande de Gaza lui donna l’image d’un homme d’État responsable.

Ariel Sharon

Photographie : Ariel Sharon

Photographie

Le faucon Ariel Sharon, fils de paysans arrivés de Biélorussie au XIXe siècle, était fier de ses origines : « Je suis né dans une ferme. Je tire ma force non de l'appareil politique mais de la nature et des fleurs. » 

Crédits : Brennan Linsley/ Pool-Getty Images/ Getty Images News/ Getty Images

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Ariel Sharon, né Ariel Scheinermann le 26 février 1928 en Palestine, à Kfar Malal, village agricole de la plaine côtière, était fier de cet ancrage terrien, car, à l’instar de nombreux sionistes, il était convaincu que l’édification d’un pays pour les Juifs passait par leur enracinement territorial. Pour défendre cet objectif national, dans un environnement régional hostile, il n’y a pas d’alternative à ses yeux : il faut se battre, les armes à la main. Et Sharon se battra beaucoup, et longtemps. En 1945, il rejoint la Haganah, l'organisation de résistance juive au mandataire britannique, et prend part à la première guerre israélo-arabe en 1948-1949. C’est le début d’une longue carrière militaire marquée par des faits d’armes souvent accompagnés de « dérapages », de bavures ou de polémiques. Au début de l’année 1953, il est ainsi à l’origine de la création de l'Unité 101, une formation de commandos chargés de mener des raids de représailles contre les premiers fedayins palestiniens dans les pays arabes voisins. Son action est efficace, mais, dès octobre 1953, le scandale éclate : un raid dans le village de Qibya, en Cisjordanie, pour détruire les maisons de « terroristes », aboutit à la mort de soixante-neuf civils qui y étaient réfugiés. Même [...]


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Écrit par :

  • : directeur de recherche au C.N.R.S., Centre d'études et de recherches internationales-Sciences Po

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Pour citer l’article

Alain DIECKHOFF, « SHARON ARIEL - (1928-2014) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 26 novembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ariel-sharon/