ARACHNIDES

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Caractères distinctifs des arachnides

Le corps des arachnides est constitué d’une série de segments, disposés les uns à côté des autres, qui illustre la métamérisation (parfois presque totalement disparue chez certains groupes comme les araignées ou les acariens). La zone céphalique n’est pas individualisée et le corps se divise en deux régions : à l’avant le céphalothorax, ou prosome, qui résulte de l’union de la tête et du thorax ; à l’arrière, l’abdomen, ou opisthosome.

Le céphalothorax porte les yeux, dont la présence est quasi permanente, les chélicères, les pédipalpes ou pattes mâchoires (première paire de pattes transformées à rôle tactile, masticatoire, préhensile ou encore sexuel), et les quatre paires de pattes locomotrices ou ambulatoires. Tous ces appendices sont multiarticulés. Ces caractères permettent de les différencier des insectes. Ces derniers, qui n’appartiennent pas à l’ensemble des chélicérates mais à celui des mandibulates ou antennates, possèdent un corps qui est divisé en trois parties et qui ne porte que trois paires de pattes.

La vue des arachnides est souvent faible. Ce sont des animaux généralement nocturnes. Les yeux, dont le nombre varie de zéro à douze chez certains scorpions, sont simples et non composés comme chez les insectes. L’imprécision des renseignements fournis par cette faible vision peut être compensée par la présence, sur toute la surface du corps, de soies sensorielles très fines, de diverses catégories (chimioréceptrices pour détecter les substances chimiques, mécanoréceptrices pour capter les mouvements et les vibrations) assurant une perception très développée de l’environnement. Des soies différenciées très longues et très mobiles, appelées les trichobothries, essentiellement réparties sur les membres, sont des mécanorécepteurs très sensibles aux déplacements d’air et aux vibrations, entrant pour une grande part dans la détection des proies.

Les arachnides sont pourvus, comme tous les autres chélicérates, d’un organe particulier, pair et articulé, situé en avant de la bouche : la chela ou chélicère. Celle-ci présente une grande variété de formes et des fonctions multiples. Chez la plupart des groupes d’arachnides, les deux articles distaux de la chélicère forment une pince avec un doigt mobile et un doigt fixe qui est fortement réduit chez les araignées, les amblypyges et les uropyges, donnant alors un aspect de crochet à cet organe. Les chélicères peuvent aussi être transformées en ciseaux, scie, harpon ou stylet chez un certain nombre d’acariens. Souvent armées de quelques dents ou de soies, elles sont avant tout des organes de préhension et de dilacération des proies. À leur extrémité, débouche l’ouverture des glandes à venin chez les araignées et des glandes productrices de soie (glandes dites séricigènes) chez les pseudoscorpions. Les chélicères jouent aussi un rôle dans la reproduction chez quelques groupes. Elles servent parfois à émettre des sons, à creuser ou encore à nettoyer d’autres appendices.

Uropyge

Photographie : Uropyge

Les représentants du groupe des uropyges sont des arachnides non venimeux qui vivent généralement dans les zones tropicales. Animaux nocturnes, ils s'installent souvent sous les troncs et les pierres, où ils peuvent éviter la dessiccation. 

Crédits : R. M. Bolton/ Shutterstock

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Trois groupes d’arachnides sont capables, comme certains insectes (dont le bombyx du mûrier ou ver à soie), de produire de la soie. Des glandes séricigènes sont situées dans le doigt des chélicères des pseudoscorpions, s’ouvrent dans la bouche de certains acariens et débouchent au niveau des filières (localisées à l’extrémité de l’abdomen) chez les araignées. La soie est utilisée à des fins multiples : délimitation de loges de repos ou de reproduction, confection de cocons, construction de pièges, emmaillotage de proies…

L’abdomen contient le cœur, les organes respiratoires, excréteurs, digestifs, reproducteurs, et différents types de glandes. La respiration est trachéenne chez les acariens, pseudoscorpions, opilions, solifuges et ricinules. Les trachées correspondent à des invaginations plus ou moins complexes du tégument et s’ouvrent à la surface du corps par des orifices ou stigmates. D’autres animaux comme les scorpions, les amblypyges et les uropyges possèdent des poumons constitués par un empilement de lamelles feuilletées. Les araignées, selon les groupes, ont une respiration trachéale ou pulmonaire, le plus grand nombre d’entre elles possédant les deux types d’organes.

Les arachnides sont des organismes carnivores, la plupart insectivores. Les proies sont capturé [...]

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Arachnides

Arachnides
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  • : docteur en sciences biologiques, maître de conférences au Muséum national d'histoire naturelle, Paris, enseignant-chercheur

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Pour citer l’article

Christine ROLLARD, « ARACHNIDES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 30 septembre 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/arachnides/