ANTHROPOLOGIE DU PATRIMOINE

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Galerie des Offices, Florence

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Palais du facteur Cheval, Hauterives (Drôme)

Palais du facteur Cheval, Hauterives (Drôme)
Crédits : Emmanuel Georges/ Collection Palais Idéal

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Le patrimoine comme image de soi. Culture, altérité et performance

Selon Barbara Kirshenblatt-Gimblett (2004), le patrimoine culturel serait en ce sens un métadiscours sur les cultures humaines et donnerait accès à différentes narrations des identités culturelles. Si elles sont bien en tension dans l’espace public comme on vient de le voir, les récits de soi patrimoniaux donnent accès aux motivations individuelles ou collectives, aux rôles d’acteurs spécifiques et aux contextes d’expression facilitant la diffusion de ces discours d’identification culturelle. Cette perspective ouvre trois chantiers principaux.

Le désir de reconnaissance et le sentiment de perte

La logique qui a conduit à l’institution des patrimoines nationaux a effacé pour partie les altérités intérieures (minorités religieuses, cultures régionales, populations immigrées) qui ne sont entrées, pour la plupart d’entre elles, que tardivement dans le récit patrimonial reconnu par les États. L’affiliation des patrimoines de tels groupes s’est essentiellement fondée sur des activités de reconnaissance politique de leur existence, à travers des revendications, des appels ou des luttes culturelles qui exprimaient une volonté de faire une place à la diversité culturelle interne des nations. Les modèles d’organisation politique des États-nations, plus ou moins sensibles à l’existence des différences en leur sein, ont influencé la réception de telles revendications : la France ou le Brésil, par exemple, n’ont pas donné la même place aux revendications des autochtonies, séparant la citoyenneté des attachements culturels spécifiques pour la France, valorisant patrimonialement la diversité des origines ethniques pour le Brésil. Mais l’accès au statut patrimonial peut également s’appuyer sur une situation dans laquelle un groupe identifie des risques de disparition pure et simple des éléments matériels ou spirituels qui lui semblent essentiels. Les discours et les pratiques ciblant le danger de disparition des espèces animales ou végétales, l’irruption de la [...]


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Cyril ISNART, « ANTHROPOLOGIE DU PATRIMOINE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/anthropologie-du-patrimoine/