ANGOLA

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Angola : carte physique

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Angola : drapeau

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Angola : milieux et ressources naturelles

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Jonas Savimbi, 1976

Jonas Savimbi, 1976
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quelques données-clés.
Nom officielRépublique d'Angola (AO)
Chef de l'État et du gouvernementJoão Lourenço (depuis le 26 septembre 2017)
CapitaleLuanda
Langue officielleportugais
Unité monétairekwanza (AOA)
Population32 025 000 (estim. 2021)
Superficie (km2)1 246 700

Ancienne colonie portugaise, l'Angola a obtenu son indépendance le 11 novembre 1975, après quatorze années d'une lutte de libération (1961-1974) qui s'est ensuite transformée en l'une des plus longues guerres civiles qu'ait connues l'Afrique (1975-2002). Une guerre nourrie à la fois par de profondes divisions sociales, culturelles et régionales au sein de la société angolaise, et par l'implication, tout d'abord, des deux blocs de la guerre froide, puis de divers acteurs de la communauté internationale. Immense pays (1 246 700 km2) peu densément peuplé (environ 24 millions d'habitants selon des estimations de l'O.N.U. en 2014, soit une densité de 17 hab./km2), situé à la charnière entre l'Afrique australe et centrale, l'Angola dispose de très importantes ressources naturelles, qui ont, elles aussi, alimenté la guerre. Deuxième producteur de pétrole d'Afrique subsaharienne (environ 1,7 million de barils par jour en 2014), le pays est également un gros producteur de diamants d'excellente qualité, et d'autres ressources minières (fer, cuivre) encore peu exploitées. Son potentiel agricole – l'Angola était le quatrième producteur mondial de café au début des années 1970 – est lui aussi très important, même s'il ne peut être pleinement exploité à cause des millions de mines antipersonnelles disséminées dans les zones rurales durant la guerre. Malgré ses richesses, l'Angola figure parmi les pays les plus pauvres du monde, avec près de 70 p. 100 de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté et un indice de développement humain qui le place, en 2014, au 149e rang mondial sur 177 pays. Depuis qu'un cessez-le-feu a été signé, en 2002, entre le gouvernement du Mouvement populaire de libération de l'Angola (M.P.L.A.) et les rebelles de l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (U.N.I.T.A.), le long processus de reconstruction des infrastructures détruites par la guerre a commencé. Mais le chemin de la réconciliation nationale reste parsemé d'embûches (processus de démocratisation en panne, contrôle quasi absolu du M.P.L.A. sur tous les leviers du pouvoir), et la paix sociale fragile.

—  Didier PÉCLARD

Géographie

L'Angola est le plus vaste pays d'Afrique australe, avec une superficie de 1 246 700 km2 pour une population estimée à 24 millions de personnes en 2014. Ce pays lusophone, peu densément peuplé, présente l'originalité d'être à la fois le seul pays pétrolier d'Afrique australe et celui dont la situation socio-économique évolue le plus vite. En effet, l'Angola est un pays en reconstruction, après vingt-sept ans d'un conflit armé qui s'est achevé le 4 avril 2002, lorsque le gouvernement angolais et l'U.N.I.T.A. (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola, dont le leader historique, Jonas Savimbi, est mort la même année) ont signé le Luena Memorandum of Understanding (protocole d'accord) qui prévoyait le retour à la paix sur tout le territoire et la démobilisation des troupes de l'U.N.I.T.A. Les sanctions internationales ont alors été levées et un processus électoral démocratique enclenché.

Entre Afrique australe et Afrique centrale : un pays charnière

La géographie de l'Angola se comprend à la fois par l'histoire récente de la guerre civile et des conflits internationaux, qui a suivi une longue période coloniale particulièrement violente et prédatrice, et par la position charnière de l'Angola entre l'Afrique australe et l'Afrique centrale.

Le vaste territoire angolais s'étend du 6e au 18e parallèle sud. Il faut ajouter, par-delà le débouché maritime du fleuve Congo et de la République démocratique du Congo (R.D.C.), les 7 270 km2 de l'enclave de Cabinda. Celle-ci, ainsi que le nord du pays, connaît le climat équatorial et la végétation de forêt dense caractéristiques de l'Afrique centrale. Le reste du pays présente, en revanche, les traits naturels de l'Afrique australe. Le littoral est désertique au sud (moins de 40 mm de précipitations annuelles) et aride jusqu'à Luanda (375 mm par an en moyenne). Cette frange littorale est le prolongement du désert côtier namibien, qui est expliqué par le phénomène d'upwelling (remontée d'eau froide), provoqué par le courant côtier froid de Benguela. Vers l'intérieur des terres, les deux tiers du pays sont composés d'un haut plateau, dont l'altitude moyenne est de 1 000 mètres mais qui s'élève en son centre jusqu'à plus de 2 500 mètres. Mieux arrosées, les parties les plus élevées de ce plateau ont toujours constitué une zone de peuplement importante, et c'est également là que prennent leurs sources les principaux cours d'eau qui s'écoulent vers l'est (en direction des bassins de l'Okavango et du Zambèze), vers le nord (alimentant le bassin du Congo) ou vers l'océan Atlantique. Si vers l'est, le nord et le sud le plateau s'abaisse en pente douce, il est séparé de la région littorale par d'imposants escarpements (localisation idéale pour des infrastructures de production énergétique). Les fleuves Cunene, Cuvo et surtout Cuanza, qui les traversent avant de rejoindre l'océan, présentent donc des potentialités d'équipement hydro-électrique considérables, en partie exploitées seulement (la poursuite de l'aménagement de la Cuanza est l'un des grands projets du gouvernement de José Eduardo Dos Santos). La vallée de la Cuanza, qui débouche sur la mer au sud de Luanda, est depuis longtemps une zone de peuplement dense, elle a également été le principal axe de pénétration et de colonisation des Portugais. Enfin, une vaste portion sud-est du pays se trouve à plus basse altitude et est caractérisée par un climat sec. Peu peuplée, cette région frontalière avec la Zambie et la Namibie a été la base arrière, durant la guerre (1975-2002), de l'U.N.I.T.A.

carte : Angola : milieux et ressources naturelles

Angola : milieux et ressources naturelles

Milieux et ressources naturelles en Angola. 

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C'est également par la diversité de ses ressources naturelles que l'Angola s'apparente aux deux ensembles sous-continentaux. Les considérables réserves de pétrole offshore, qui font de l'Angola le deuxième producteur d'Afrique subsaharienne après le Nigeria (et le 14e mondial), sont le prolongement de celles du Gabon et du Congo-Brazzaville (aujourd'hui, république du Congo). Le sous-sol angolais recèle plus de 3 p. 100 des réserves mondiales de pétrole brut, la production en 2005 était de un million de barils par jour, elle approche en 2015 les deux millions. Découvert au début du xxe siècle, le pétrole a été exploité à partir des années 1950 par la compagnie américaine Golf Oil. Cette société a par ailleurs commencé l'exploitation offshore, dès les années 1960, au large de l'enclave de Cabinda. Depuis lors, les découvertes se sont succédé, des gisements toujours plus nombreux sont exploités par des compagnies étrangères associées à la Sonangol, société nationale angolaise créée en 1979. Le groupe américain Chevron Texaco est le principal acteur, mais TotalFina (anciennement Elf) est très présent, depuis 2002, dans la recherche et l'exploitation de l'offshore profond, au large de Luanda (Cuanza Bassin). La production de cette nouvelle zone devrait dépasser, à court terme, celle de Cabinda. Sont également présents B.P. (depuis 2003), ExxonMobil, ENI-Agip et, depuis 2006, une société pétrolière chinoise (Sinopec) a lourdement investi en Angola. Le poids de l'exploitation pétrolière est écrasant dans l'économie angolaise : le pétrole représente 95 p. 100 des exportations (pour plus de la moitié vers les États-Unis, mais la part des marchés asiatiques, notamment chinois, augmente depuis 2002), 52 p. 100 du P.N.B. et 75 p. 100 des recettes de l'État angolais.

Les réserves de diamants, en revanche, sont plus caractéristiques de l'Afrique australe. Elles sont situées à l'intérieur du pays, surtout dans les régions frontalières avec la R.D.C. Contrôlée naguère essentiellement par l'U.N.I.T.A. qui, depuis le milieu des années 1970, se finançait grâce au diamant, l'exploitation diamantifère est en cours de réorganisation, avec une participation de plus en plus importante du groupe sud-africain De Beers (filiale de l'Anglo American Plc., leader mondial sur le marché du diamant). Une large part de l'exploitation est cependant encore artisanale et souvent illégale.

À d'autres titres encore, l'Angola appartient à l'Afrique australe minière : mines de fer exploitées dans le sud-est du pays, gisements aurifères connus mais non exploités, réserves importantes de cuivre, de manganèse, de phosphates, de titane, de chrome (cette liste n'est pas exhaustive et les réserves encore mal évaluées). Indirectement, les mines de cuivre de Zambie (ex-Rhodésie du Nord, région du Copperbelt) et de la R.D.C. (ex-Congo belge, région du Katanga), toutes proches, ont également joué un rôle structurant sur la géographie de l'Angola : le principal axe ferroviaire, construit dans les années 1920 par les Britanniques, relie les ports de Benguela et de Lobito à ces régions minières éloignées. Cet axe a favorisé un développement régional important, urbain et industriel à Huambo (ex-Nouvelle-Lisbonne, 900 000 habitants en 2014) et à Benguela (650 000 habitants).

La principale production agricole commerciale du pays, réduite à néant par la guerre mais désormais relancée, est le café : au début des années 1970, l'Angola était le quatrième producteur mondial. Cultivé dans de vastes plantations coloniales au nord de la Cuanza et sur le haut plateau central, le café a été, jusque dans les années 1960 (où il a été supplanté par le pétrole), la principale ressource de la colonie portugaise. S'y ajoutait la canne à sucre, grâce à l'irrigation, dans les régions de Luanda et de Benguela.

Enfin, les potentialités des activités de pêche sont importantes, grâce au courant froid de Benguela. Mais il faudrait constituer une flotte angolaise plutôt que de concéder les droits de pêche à des sociétés étrangères qui, ayant pratiqué la surpêche au début des années 1990, ont failli provoquer un épuisement des ressources.

Faibles densités humaines mais diversité ethnique

Si la faible densité de population caractérise l'Angola (environ 17 hab/km2), on est également frappé par sa très inégale répartition. Les zones rurales où la densité dépasse 10 hab/km2 sont rares : la plaine côtière de Benguela, les hauts plateaux de la région de Huambo jusqu'à la vallée de la Cuanza vers le nord, les plateaux situés à l'est de Luanda. Au-delà, vers l'est jusqu'aux frontières de la Zambie et de la R.D.C., vers le sud jusqu'à la frontière namibienne, le pays est vide d'hommes. Les villes abritent plus de la moitié de la population totale et la hiérarchie urbaine est dominée de manière écrasante par Luanda, la capitale, dont la population a connu un accroissement considérable durant la guerre.

photographie : Jonas Savimbi, 1976

Jonas Savimbi, 1976

Entouré de ses gardes du corps, Jonas Savimbi, chef de l'U.N.I.T.A. (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola), arrive dans la ville côtière de Lobito, en 1976. 

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La géographie des groupes ethniques nationaux a joué un rôle non négligeable dans les conflits qui ont suivi l'accession à l'indépendance en 1975. Un seul des trois grands groupes ethniques angolais, le plus important, le groupe Ovimbundu (37 p. 100 de la population) est historiquement centré sur le territoire national. Implantés sur les hautes terres centrales du pays, dans la région de Huambo, les Ovimbundu étaient organisés en royaumes aux xve et xvie siècles, avant la colonisation portugaise. Ils ont été d'abord en relation conflictuelle puis nouèrent des alliances commerciales avec les colonisateurs, et furent les principales victimes de la traite négrière (premier facteur du faible peuplement actuel de l'Angola) tout en en étant également les acteurs (ils vendaient des esclaves aux Portugais). Entre le xvie et le xixe siècle, l'Angola a été le premier fournisseur d'esclaves pour le Brésil et pour l'Amérique du Nord (et, secondairement, l'Afrique du Sud, Saõ Tomé-et-Príncipe...). Par la suite, les Ovimbundu ont subi le travail forcé dans les plantations coloniales et pour la construction du chemin de fer de Benguela, qui traversait leur territoire. Enfin, ils ont été spoliés de leurs terres lorsque les Portugais, après la Seconde Guerre mondiale, ont développé de vastes plantations caféières. C'est à partir de l'histoire de cette ethnie majoritaire que s'est constituée, dans les années 1960, l'U.N.I.T.A., dirigée par Jonas Savimbi (un Ovimbundu) et soutenue par la Chine populaire.

Au nord-ouest du pays, les Bakongo (13 p. 100 de la population) sont les héritiers angolais du royaume du Kongo (xive-xvie siècles), avec lequel les Portugais ont traité et négocié dès la fin du xve siècle. Ce groupe humain transfrontalier est resté tourné vers le nord, ses élites étaient autant congolaises qu'angolaises et ses flux migratoires dirigés vers le Congo belge. Dans cette région (autour des villes de Uíge et Mbanza-Congo) est né, dans les années 1960, le Front national de libération de l'Angola (F.N.L.A.), lié aux États-Unis et au régime zaïrois du général Mobutu.

Enfin, dans la région de Luanda, les Mbundu (ou Kimbundu) (25 p. 100 de la population) forment un groupe ethnique qui a été très tôt intégré à l'économie et à la société coloniale portugaise. De cette intégration est née une élite intellectuelle et commerçante métisse luandaise (2 p. 100 de la population) qui s'est développée et a été à l'origine, en 1956, de la fondation du Mouvement populaire de libération de l'Angola (M.P.L.A.).

Ce sont ces trois groupes qui sont entrés en conflit armé après l'indépendance et le départ précipité des Portugais. Aux marges du pays, des groupes minoritaires et transfrontaliers constituent les 23 p. 100 restants de la population : Herero, Tschokwe, Lunda, Ganguela, Ovambo (ou Ambo) et Nhaneca-Humbe.

Une reconstruction rapide mais inégale

Depuis la fin de la guerre à l'intérieur de ses frontières et également des conflits transfrontaliers dans lesquels le régime de Luanda s'est militairement engagé (sur les territoires de l'ex-Zaïre et du Congo-Brazzaville), le pays joue la carte de l'insertion dans l'Afrique australe. Membre de la S.A.D.C. (Southern African Development Community) depuis 1980, l'Angola a rétabli des liens économiques et politiques avec son ancien ennemi sud-africain. Même si un des partenaires économiques privilégiés de l'Angola reste les États-Unis, c'est à la fois vers la Chine et vers les pays de la S.A.D.C que l’Angola se tourne. La Chine est devenue le principal partenaire commercial de l’Angola en 2015, avec des échanges très déséquilibrés en faveur du géant asiatique. Les investissements sud-africains dans l'exploitation du diamant, mais aussi dans l'agriculture (notamment avec l'installation de nombreux fermiers blancs sud-africains en Angola) et l'agroalimentaire, se développent. Toutefois, la production agricole (qui emploie officiellement 85 p. 100 des actifs) reste très insuffisante pour nourrir la population sans l'aide alimentaire internationale, malgré une lente reprise de l'agriculture vivrière au gré des retours des réfugiés de la guerre.

L'Angola a connu une croissance économique rapide à la fin de la guerre en 2002 : jusqu’en 2010, les taux de croissance annuels dépassaient 10 p. 100, les investissements privés étrangers étaient massifs, mais le pays aurait besoin d'investissements plus diversifiés pour faire redémarrer une économie laissée exsangue par la guerre, et déséquilibrée. Le pétrole est encore pratiquement la seule source de revenus du pays. Cette manne pétrolière a nourri, outre la guerre, une corruption généralisée du régime et de son administration et a provoqué un endettement colossal du pays, qui est loin de se résorber. Avec la chute des cours du pétrole en 2008, l’Angola a été contraint de lancer de nouveaux emprunts auprès de la Banque mondiale et surtout auprès de la China Development Bank, alors que le taux de croissance du pays est retombé en dessous de 4 p. 100 par an depuis 2009.

Hors des zones pétrolifères, la guerre a laissé en héritage des villes dévastées, des infrastructures détruites, des régions entières minées (au sens propre du terme), une agriculture réduite à néant et une société habituée à survivre par la « débrouille » plutôt que par la production. L’Angola a un indicateur de développement humain (I.D.H.) parmi les plus faibles du monde, une espérance de vie à la naissance de 50 ans, un taux de mortalité infantile de 94 p. 1000, des systèmes éducatifs et de santé déplorables, des villes sans équipements et gonflées par l'afflux des réfugiés de la guerre et surtout extrêmement inégalitaires. La population de Luanda était estimée, en 2013, à près de 4 millions d'habitants, dont la majorité vit dans d'immenses bidonvilles périphériques alors qu’une fièvre de la construction de luxe (immeubles de bureaux et complexes résidentiels sécurisés) a transformé les paysages urbains.

Ainsi, on ne peut que craindre que se perpétue un déséquilibre profond de l'économie au profit des activités pétrolières, malgré la chute des cours du brut, contribuant uniquement à l'enrichissement d'une élite et des régions de Cabinda et de Luanda. La création d’une société nationale d’exploitation du diamant, sur le modèle de la société d’exploitation du pétrole, n’est pas un facteur rééquilibrant suffisant et contribue, au contraire, à accroître la dépendance du pays aux cours des matières premières.

—  Philippe GERVAIS-LAMBONY

Histoire

Cinq siècles de colonialisme ?

À la fin du xve siècle (1482), l'explorateur portugais Diogo Cão est le premier Européen à débarquer à l'embouchure du fleuve Congo. Quelques années plus tard, un autre groupe d'explorateurs, accompagné de missionnaires jésuites, remonte le fleuve jusqu'à la ville de Mbanza Kongo, alors capitale d'un des plus vastes royaumes africains de l'époque précoloniale, le royaume du Kongo. La troupe est bien reçue par le mani Kongo (roi), qui se convertit au catholicisme, marquant le début de la christianisation et de la présence européenne dans ce qui deviendra l'Angola.

La présence portugaise sur la côte atlantique de l'Afrique est donc ancienne. Peut-on pour autant affirmer que l'Angola a connu « cinq siècles de colonialisme et de civilisation », selon l'idéologie coloniale portugaise, ou « cinq siècles d'exploitation et d'oppression », comme l'ont dénoncé les nationalistes angolais dès les années 1950 ? En fait, le Portugal est, jusqu'à la première moitié du xxe siècle, une puissance coloniale paradoxale. Pionnière de la découverte de l'Afrique, elle n'étend son contrôle sur l'intérieur du continent que très tardivement par rapport aux colonies britanniques ou françaises. Ce paradoxe est l'un des éléments centraux de l'histoire de l'Angola. D'une part, la présence très ancienne d'une population européenne – presque exclusivement masculine puisqu'elle se compose principalement, jusqu'à la fin du xixe siècle, de déportés (opposants politiques ou criminels) – permet le développement d'une société créole dans les villes du littoral essentiellement. Le rôle social et politique de ce groupe créole est prépondérant jusqu'aux années 1930, et son progressif déclassement social aura des répercussions sur le développement du nationalisme. D'autre part, la faiblesse d'une puissance coloniale portugaise qui n'a pas les moyens financiers de son ambition, n'investit pas dans le secteur social, et a recours au travail forcé pour assurer le fonctionnement de son économie d'extraction, ainsi que le développement très tardif d'une économie locale (au cours des années 1960), marqueront très fortement la société angolaise.

Jusqu'au milieu du xixe siècle, la présence portugaise en Angola se concentre sur le littoral, et sur deux couloirs de pénétration vers l'intérieur du pays. La ville côtière de Luanda est fondée, en 1575, par Paulo Dias de Novais, puis celle de Benguela, en 1617, quelque 600 kilomètres plus au sud. Depuis Luanda, les Portugais s'enfoncent à l'est jusqu'à la ville de Malanje et, à partir de Benguela, s'installent également sur les contreforts du haut-plateau central. Au xviie siècle, le monopole portugais sur le commerce, à partir de la côte angolaise, est contesté par les autres puissances coloniales, et Luanda passe même sous contrôle hollandais en 1641, avant qu'une expédition portugaise, menée à partir du Brésil, ne rétablisse, en 1648, l'autorité de Lisbonne.

Pendant près de trois siècles, le commerce des esclaves domine largement les activités portugaises sur le sol angolais, même si d'autres produits tels que la cire d'abeilles, l'ivoire et le cuivre sont également exportés. Ce commerce détermine les liens entre Portugais et royaumes angolais, et les effets de la traite sur ceux-ci sont contrastés. Alors que le royaume du Kongo entre dans une longue phase de déclin au xviie siècle, le royaume de Ndongo (à l'est de Luanda) se renforce, tout comme les royaumes ovimbundu du haut plateau central qui profitent également de leur position d'intermédiaires dans le commerce avec les Portugais. Les esclaves qui transitent par les ports de Luanda et de Benguela sont envoyés, tout d'abord, dans les plantations de sucre portugaises sur l'île de São Tomé, puis au Brésil. À peu près un tiers de l'ensemble des esclaves exportés d'Afrique dans le cadre de la traite atlantique passe par les ports d'Angola et du Congo. Mais, territoire peu densément peuplé, l'Angola ne fournit qu'une partie de ces esclaves, et ceux-ci proviennent en majorité, dès la fin du xviiie siècle, des territoires du Congo (République démocratique du Congo, R.D.C.) et de la Zambie actuels.

Après l'abolition officielle de la traite des esclaves, à la fin des années 1830, le Portugal passe progressivement du mercantilisme impérialiste à l'occupation coloniale. Dans la seconde moitié du xixe siècle, en effet, la conjonction de pressions internes et externes pousse le Portugal à changer d'attitude vis-à-vis de ses possessions d'outre-mer. D'un côté se développe à Lisbonne, notamment dans les cercles de la Société de géographie, un courant colonialiste qui tente d'influencer le gouvernement portugais en faveur d'une politique coloniale plus ambitieuse. De l'autre, la conférence de Berlin de 1884-1885, qui fixe en grande partie les frontières actuelles des pays africains, établit l'obligation, pour les pays colonisateurs, de contrôler effectivement les territoires sur lesquels leur autorité a été reconnue. Certaines puissances coloniales voisines comme l'Allemagne et le Royaume-Uni exercent une forte pression sur les possessions portugaises en Afrique australe (dont le Mozambique). D'ailleurs, la menace d'un complot – réel ou fantasmé – contre le Portugal deviendra, au cours du xxe siècle, un leitmotiv du discours colonial portugais.

Conquêtes et résistances

L'histoire de la conquête intérieure de l'Angola est une multitude d'opérations militaires et de révoltes indigènes qui s'étalent sur près d'un demi-siècle (1878-1926), même si les plus grandes campagnes militaires portugaises et les plus importantes luttes de résistance des sociétés angolaises se déroulent entre 1902 et 1920. Relativement tardive, la conquête de l'Angola n'en est pas moins intense et violente.

La « pacification » des terres intérieures commence avec la conquête militaire du royaume de Bié, l'un des douze royaumes ovimbundu du haut plateau central (à l'est de la ville côtière de Benguela). En 1890, le roi Ndunduma expulse une colonne militaire qui, en route vers la frontière est de l'Angola, campe sur son territoire, puis refuse de reconnaître l'autorité du nouveau représentant de la couronne, Martin Teixeira da Silva. En réponse, le commerçant et explorateur pionnier Da Silva Porto intervient auprès de Ndunduma pour éviter que sa politique nuise au commerce du caoutchouc – alors à son apogée –, puis se fait exploser sur un baril de poudre, après s'être drapé dans la bannière portugaise. Cette mort provoque de fortes réactions en métropole, qui obligent les autorités à se lancer à la conquête du Bié. Mal armé, pas soutenu par les autres royaumes ovimbundu, Ndunduma est rapidement défait, et son ombala (capitale) détruite en novembre 1890. Ensuite, c'est le Mbailundu, autre royaume ovimbundu important, qui passe sous le contrôle de la couronne portugaise. En 1902, une révolte éclate dans un contexte de forte baisse des prix du caoutchouc. L'armée coloniale en vient à bout en quelques mois, même si des poches de résistance subsistent jusqu'en 1904. Il faudra pourtant près de quinze ans à l'armée portugaise pour étendre son emprise sur le reste de l'Angola.

Le sud du pays est conquis après une longue série d'hostilités contre les Kwanyama et leur leader Mandume, qui débute par la défaite de l'armée coloniale à Cuamato en 1904. Mais trois années de sécheresse, la fin du commerce des armes à feu avec le Sud-Ouest africain (l'actuelle Namibie), sous contrôle allemand, et des divisions internes mettent fin, en 1915, à la résistance des Kwanyama. Le Portugal prend alors le contrôle de cette région, sur laquelle son voisin allemand aurait eu des vues. Quant au pouvoir colonial dans le royaume du Kongo, au tournant du xxe siècle, il ne s'étend pas au-delà des quelques postes militaires situés le long du fleuve Congo et sur la côte atlantique, la ville de São Salvador (ancienne Mbanza Kongo conquise en 1885) étant la seule localité réellement sous contrôle portugais. Après la fin de la traite des esclaves, le Portugal s'est concentré sur le contrôle du commerce et des revenus dérivés de l'exploitation du caoutchouc et du café. Mais à partir de 1906, Lisbonne développe une stratégie plus interventionniste, et a notamment recours à une politique fiscale agressive, alors qu'elle avait renoncé à percevoir des impôts pendant le boom du caoutchouc à la fin du xixe siècle. Dès 1907, les Dembos, au nord-est de Luanda, se révoltent contre ces nouvelles dispositions, et le gouverneur portugais Paiva Couceiro doit envoyer l'armée. Quelques années plus tard, en 1913, la pression fiscale conjuguée au déclin du commerce de caoutchouc et au recrutement forcé de main-d'œuvre conduisent à une révolte de plus grande ampleur, menée par Álvaro Tulante Bula, un jeune soma (chef traditionnel) formé dans les missions catholiques. Ce nouvel épisode de résistance est finalement réprimé en 1916, permettant à l'État colonial d'étendre son pouvoir jusqu'à la frontière nord du pays. Au sud de Luanda, dans la région de Seles et Amboim (à mi-chemin entre la capitale et Benguela), des paysans angolais se révoltent, à deux reprises (1902 et surtout 1917-1918), contre la pression exercée par un nombre croissant de colons portugais, en brûlant notamment fazendas et maisons de commerce.

Au début des années 1920, au prix d'un effort militaire considérable, le Portugal a étendu sa souveraineté sur une partie importante de l'Angola, et surtout sur les principales ressources commerciales du pays. La conquête militaire, commencée dans les dernières années de la monarchie portugaise, se fait surtout sous l'impulsion des républicains qui, en 1910, renversent le roi et instaurent à Lisbonne la première République. C'est au cours de ces années charnières que se met en place un véritable système colonial en Angola et dans les autres possessions portugaises d'Afrique.

Du salazarisme à l'indépendance

En mai 1926, la République portugaise est, à son tour, renversée par un coup d'État militaire qui permet l'accession au pouvoir d'António de Oliveira Salazar. Dans les années 1930, celui-ci instaure l'Estado novo (État nouveau), régime autoritaire de type fasciste, qui prend fin, le 25 avril 1974, avec la révolution des œillets, une révolte d'officiers de l'armée coloniale qui permettra la décolonisation formelle de l'Afrique lusophone.

Jusqu'à la veille des grandes révoltes de 1961 qui marquent le début de la guerre d'indépendance, l'Angola, « joyau de la couronne » portugaise, a pour principale utilité impériale de servir les intérêts de l'économie métropolitaine. Les colonies sont, en effet, un débouché garanti pour l'industrie du textile et le vin – deux secteurs clés de l'économie portugaise jusqu'à la fin de la Seconde Guerre mondiale –, grâce à un régime protectionniste qui leur octroie une exclusivité quasi complète. Parallèlement, les autorités coloniales se chargent d'organiser l'exploitation des ressources agricoles et minières du pays, notamment grâce à un système de travail forcé très largement répandu, auquel peu d'Angolais parviennent à se soustraire. Cela a pour conséquence, tout d'abord, un sous-investissement massif dans l'industrie locale en Angola, qui ne sera rattrapé que très progressivement, à partir de la fin des années 1950. Ensuite, le Portugal, puissance coloniale pauvre n'ayant, en outre, pas besoin d'une main-d'œuvre qualifiée dans ses colonies, n'investit que très peu dans l'enseignement, la santé, le développement rural ou encore les infrastructures de base. Le taux de scolarisation des enfants est ainsi excessivement bas à la fin des années 1950 (9 p. 100 des enfants de 5 à 14 ans, et 3 p. 100 des jeunes entre 15 et 19 ans).

La pierre angulaire de ce système colonial est l'assimilation (assimilação). Dès le début du xxe siècle, le colonisateur portugais établit une distinction nette, en ce qui concerne la population africaine de ses colonies (c'est-à-dire noire ou métisse non européenne), entre, d'une part, les indigènes (indígenas) et, d'autre part, les civilisés (civilizados) ou assimilés (assimilados). Fondé sur, et légitimé par, une prétention à l'assimilation des Angolais à la culture et à la civilisation occidentale, ce système assure dans les faits l'exclusion des indígenas de la société coloniale, et leur maintien dans une grande précarité. C'est bien une logique de ségrégation – raciale, mais surtout politique et sociale – qui prévaut. Ainsi, la législation concernant les indígenas, notamment dans le domaine du travail, le pouvoir arbitraire et violent des autorités coloniales à l'échelon local, ainsi que le système d'éducation qui exerce, dans ce contexte, une fonction de contrôle plus que d'émancipation des indígenas, sont autant d'instruments pour marginaliser l'immense majorité des Angolais. Et, de fait, en 1960, seul 1 p. 100 de ces derniers a le statut légal d'assimilé. En d'autres termes, le système est conçu pour que les indígenas soient coupés du monde colonial et se replient sur leur vie en tribu, alors même que celle-ci, mise à mal par la conquête coloniale et les déstructurations sociales liées au travail forcé, a pratiquement disparu.

Malgré tout, diverses élites angolaises émergent, se développent et cohabitent dans le pays. La longue présence portugaise sur le littoral et les dynamiques historiques du métissage racial et culturel (avant la mise en place du système colonial au xxe siècle) ont, tout d'abord, permis l'apparition d'une bourgeoisie créole prédominante à Luanda dans le domaine social, culturel, voire politique, jusque dans les années 1920. Ensuite, au sein des missions protestantes, présentes sur le territoire angolais dès les années 1880, et catholiques, de nombreux jeunes Angolais reçoivent une formation qui leur ouvre de nouveaux horizons en tant qu'instituteurs, infirmiers, ou encore employés de maison, de commerce ou de l'administration. Mais les aspirations de cette nouvelle génération sont frustrées par la place toujours plus restreinte qui leur est réservée dans la société coloniale. Ce hiatus grandissant jouera un rôle important dans le développement du nationalisme angolais après la Seconde Guerre mondiale.

L'époque salazariste correspond, en effet, à une plus grande fermeture du monde colonial en Angola. Considéré comme colonie de peuplement, le pays se « blanchit » de manière sensible dès les années 1940, notamment à la faveur du boom du café qui attire de nombreux Portugais en quête d'une vie meilleure. La population blanche quadruple entre 1940 et 1960, passant de 44 000 à 172 000 habitants (soit, respectivement 1,2 et 3,6 p. 100 de la population totale), et elle culminera à près de 350 000 personnes en 1974. L'immense majorité de ces nouveaux immigrés sont des « petits blancs » originaires des campagnes portugaises, souvent sans formation, parfois analphabètes qui, du seul fait de la couleur de leur peau, occupent des postes dans les premiers échelons de l'administration ou dans le commerce, et forment un « lumpencolonat » blanc de cireurs de chaussures, chauffeurs de taxis, etc., marginalisant ainsi de plus en plus les Angolais. Ces tensions sociales sont avivées par le refus, de la part de Salazar, de faire des concessions politiques dans les colonies portugaises. Ces dernières, au contraire, deviennent, en 1953, des provinces d'outre-mer, et sont officiellement intégrées à l'espace métropolitain.

Quelques mois après l'indépendance du Congo belge voisin (juin 1960), l'Angola bascule. Entre janvier et mars 1961, trois actions non coordonnées, et partiellement contrôlées par des mouvements nationalistes en cours de constitution, mettent le feu aux poudres : tout d'abord, une révolte paysanne dans la région productrice de coton (Cassange, à l'est de Luanda) ; ensuite, une attaque avortée contre la prison de Luanda où sont retenus des leaders nationalistes ; et enfin, une grande rébellion dans le nord caféier qui fait des milliers de morts et précipite plusieurs centaines de milliers de Bakongo, ethnie à cheval entre l'Angola et le Congo, sur les routes de l'exil. Dès lors, l'Angola s'enlise, pendant quatorze ans, dans la guerre, jusqu'au renversement, le 25 avril 1974, du successeur de Salazar, Marcelo Caetano. Les autorités coloniales adoptent, durant la guerre, une double stratégie : d'une part, elles répondent militairement à l'« agression » nationaliste et, d'autre part, elles concèdent d'importants efforts financiers dans le développement économique et social de l'Angola (construction de routes et d'infrastructures de base, augmentation substantielle du nombre d'écoles et d'élèves, développement d'une industrie locale de transformation), dans l'espoir de rallier les Angolais à la cause du développement sous la houlette portugaise et de supplanter ainsi les nationalistes.

Deux puis trois mouvements luttent contre les forces coloniales. Le Mouvement populaire de libération de l'Angola (M.P.L.A.), né de la mouvance nationaliste qui émerge à Luanda à la fin des années 1950, est une alliance entre des descendants de la bourgeoisie créole de Luanda, déclassée au xxe siècle, des enfants de colons et des jeunes issus des élites mbundu originaires de l'intérieur des terres et formés dans les missions chrétiennes. Le Front national de libération de l'Angola (F.N.L.A.), apparu vers 1957 sous le nom d'Union des populations de l'Angola, est un mouvement très majoritairement bakongo. Enfin en 1966, l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (U.N.I.T.A.) naît d'une scission du F.N.L.A., menée par Jonas Savimbi, et qui entraîne dans son sillage une partie de ceux qui ne se sentent représentés ni par les élites bakongo, ni par les élites créoles de la capitale. Le nationalisme angolais, profondément divisé, est le reflet des multiples cloisons sociales, économiques, régionales et ethniques que le colonialisme a contribué à ériger et à renforcer. Incapables de s'entendre, les trois mouvements rebelles se combattent entre eux presque autant qu'ils luttent contre l'armée coloniale. Au début des années 1970, l'armée portugaise contrôle la plupart des régions clés de l'économie de l'Angola, mais ne peut venir à bout des forces nationalistes. C'est la révolution des œillets qui permet de sortir de l'impasse.

photographie : Indépendance de l'Angola, 1975

Indépendance de l'Angola, 1975

Une statue, témoin du pouvoir colonial portugais, a été déboulonnée par l'U.N.I.T.A. (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola) à Nova-Lisboa (actuel Huambo), la principale ville tenue par l'U.N.I.T.A. (1975). 

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Les officiers qui prennent le pouvoir à Lisbonne enclenchent, en effet, le processus de décolonisation formelle de l'empire portugais. En Angola, malgré les accords d'Alvor (15 janvier 1975), qui prévoient une transition en douceur vers un gouvernement d'union entre les trois mouvements nationalistes, c'est le chaos. Ces accords restent lettre morte, et l'armée portugaise se retire en novembre 1975 sans remettre formellement le pouvoir à l'un des mouvements nationalistes, mais en laissant le M.P.L.A., qui contrôle Luanda, reprendre les rênes du pouvoir. L'indépendance est donc proclamée le 11 novembre 1975, en pleine guerre. Le F.N.L.A. tente, avec l'aide de troupes zaïroises, de prendre Luanda par le nord, l'U.N.I.T.A., soutenue par l'Afrique du Sud, fait de même par le sud, tandis que le M.P.L.A. ne doit son salut qu'aux troupes cubaines récemment débarquées. Le départ précipité de plusieurs dizaines de milliers de colons portugais ajoute encore au sentiment de chaos.

L'Angola depuis l'indépendance

Une guerre civile internationalisée

La guerre d'indépendance se transforme donc rapidement en une guerre civile internationalisée, tributaire d'une logique de guerre froide, mais surtout nourrie par les profondes divisions sociales et historiques entre les trois mouvements nationalistes. Rapidement abandonné par ses alliés zaïrois, le F.N.L.A. disparaît pratiquement de la scène politico-militaire angolaise. La guerre se réduit à un affrontement entre le M.P.L.A. et l'U.N.I.T.A., et leurs alliés respectifs, c'est-à-dire Cuba et U.R.S.S. pour le premier, États-Unis et Afrique du Sud pour le second.

Le M.P.L.A., alliance complexe et fragile entre différents groupes sociaux angolais, ne sort pas indemne des années de lutte nationaliste, même si c'est à son président Agostinho Neto qu'échoit le pouvoir dès l'indépendance. Le 27 mai 1977, Nito Alves, à la tête d'une branche dissidente du M.L.P.A., tente de prendre le pouvoir. Son coup d'État échoue et une sanglante répression s'abat sur tous les dissidents potentiels et déclarés au président Neto, dont le pouvoir sort renforcé. En décembre de la même année, le M.P.L.A. devient officiellement M.P.L.A.-Parti du travail (M.P.L.A.-P.T.), et Neto instaure un régime de parti unique à la soviétique. Deux ans plus tard, en 1979, il meurt à Moscou et est remplacé par José Eduardo Dos Santos.

Président jeune, sans grande expérience du pouvoir et sans réel poids face aux ténors du parti, Dos Santos parvient toutefois à renforcer peu à peu son autorité, puis à concentrer entre ses mains et celles de sa garde rapprochée tous les leviers importants du pouvoir angolais. Il s'appuie, pour cela, sur les immenses ressources pétrolières, dont l'exploitation en offshore ne souffre que très peu de la guerre. Dans les années 1980, le M.P.L.A.-P.T. et l'élite dirigeante de Luanda se transforment en une nomenklatura profitant de l'argent du pétrole et du vaste réseau clientéliste mis en place par la présidence, et qui contrôle étroitement la société angolaise.

Au moment de l'indépendance, l'U.N.I.T.A. est fermement installée à Huambo, deuxième ville du pays, d'où elle annonce la création, avec le F.N.L.A., d'une République démocratique d'Angola. Celle-ci ne durera pas et, en 1976, l'U.N.I.T.A. est chassée de Huambo par le M.P.L.A. et les troupes cubaines. Commence alors la « longue marche » des partisans de Jonas Savimbi, jusqu'à l'extrême sud-est du pays, dans ce que les Portugais appelaient les « terres du bout du monde ». Jamba, proche de la frontière avec la Namibie (alors sous contrôle sud-africain) sert de quartier général au mouvement jusque dans les années 1990. Maniant habilement les registres du chef traditionnel, du commandant militaire et du freedom fighter soutenu par le bloc occidental, Jonas Savimbi règne d'une main de fer sur la ville de Jamba et sur ses troupes.

Espoirs, échecs et destructions

Guerre de guérilla à ses débuts, le conflit angolais du milieu des années 1980 ressemble plus à une guerre conventionnelle, tant les moyens militaires des deux camps sont importants, surtout après que le gouvernement américain de Ronald Reagan a levé, en 1985, l'interdiction de vente d'armes à l'Angola. Les affrontements s'étendent à l'ensemble du pays. Dès 1988, pourtant, la détente dans les relations est-ouest et l'essoufflement du régime d'apartheid en Afrique du Sud permettent une première tentative de règlement du conflit angolais. Une solution, dite liée, se dessine, en effet, entre les divers protagonistes, et l'Afrique du Sud accepte d'octroyer l'indépendance à la Namibie en 1990, en échange de la garantie du retrait des troupes cubaines d'Angola. Poussés par leurs alliés respectifs, le M.P.L.A. – qui, en 1990, abolit officiellement le système de parti unique et autorise le multipartisme – et l'U.N.I.T.A. acceptent également de négocier. Les pourparlers débouchent sur un accord de paix signé le 31 mai 1991, à Bicesse, dans la banlieue de Lisbonne.

Cet accord prévoit notamment, sous la supervision d'une mission d'observation de l'O.N.U., la démilitarisation des deux camps et la création d'une armée commune (Forces armées angolaises [F.A.A.]), ainsi que la tenue d'élections démocratiques avant la fin de l'année 1992. Préparées à la hâte dans des délais trop courts, les élections se tiennent en septembre 1992. Le M.P.L.A. remporte les législatives et, lors de la présidentielle, Eduardo Dos Santos sort en tête du scrutin devant Jonas Savimbi, sans toutefois atteindre la majorité absolue. Un deuxième tour est nécessaire, mais il n'aura jamais lieu, car les hostilités reprennent dès le mois de novembre, l'U.N.I.T.A. de Savimbi contestant ces résultats. L'échec du processus électoral s'explique non seulement par le manque d'engagement et les erreurs de la communauté internationale – qui organise le scrutin tout en sachant que la démobilisation et le désarmement des deux armées, condition sine qua non à une transition pacifique, n'ont pas eu lieu comme prévu –, mais aussi et surtout parce que ni le M.P.L.A. ni l'U.N.I.T.A. ne sont prêts à perdre dans les urnes ce qu'ils ont obtenu par les armes. Les élections deviennent alors un simple prolongement politique de l'affrontement militaire.

photographie : Guerre civile en Angola, 1999

Guerre civile en Angola, 1999

Soldat angolais posté devant les corps de rebelles de l'U.N.I.T.A. (Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola), tués le 5 février 1999 lors d'une attaque pour le contrôle de Caala (province de Huambo). Déployées sur plusieurs fronts, les forces de l'U.N.I.T.A. s'étaient... 

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La guerre est plus sanglante et destructrice que jamais. Loin de désarmer, les deux parties ont, en effet, profité de la pause de 1991-1992 pour accroître et moderniser leurs arsenaux respectifs. La population civile paie le plus lourd tribu, avec près de trois cent mille victimes entre 1993 et 1995, et environ quatre millions de réfugiés internes (principalement des femmes et des enfants) pour la dernière décennie du conflit (1992-2002), qui affluent notamment sur Luanda. Sur le plan militaire, les affrontements tournent tout d'abord nettement à l'avantage de l'U.N.I.T.A., qui contrôle jusqu'à 80 p. 100 du territoire en 1993. Mais ensuite, le mouvement de Savimbi perd une partie de ses soutiens, notamment à la suite de la reconnaissance officielle de l'Angola par l'administration américaine de Clinton, et de la prise du pouvoir par l'A.N.C. de Mandela en Afrique du Sud.

En novembre 1994, de nouvelles négociations ont lieu en Zambie, entre le M.P.L.A. et l'U.N.I.T.A.. Le protocole de Lusaka n'est pas signé par Dos Santos et Savimbi, mais par leurs premiers lieutenants respectifs, le 11 novembre. Il prévoit, à nouveau, l'intégration des troupes de l'U.N.I.T.A. dans les F.A.A. Il met également sur pied une réforme constitutionnelle au terme de laquelle un gouvernement d'unité et de réconciliation nationale (G.U.R.N.) doit être créé. Sur le modèle sud-africain sont également prévus deux vice-présidents (M.P.L.A. et U.N.I.T.A.), mais Savimbi ne prendra jamais ses fonctions à Luanda, arguant de problèmes de sécurité. En avril 1997, le G.U.R.N. entre officiellement en fonction, avec onze représentants de l'U.N.I.T.A. (quatre ministres et sept vice-ministres) sur un total de 84 membres, et les députés du parti de Savimbi, élus en 1992, prêtent serment à l'Assemblée nationale. Mais l'« union nationale » que le nouveau gouvernement est censée représenter ne restera que de façade et, sur le terrain militaire, les affrontement continuent.

Faute d'une réelle volonté politique, et parce que les belligérants disposent des moyens de continuer la guerre, grâce au contrôle du pétrole pour le M.P.L.A., et des diamants pour l'U.N.I.T.A., le protocole de Lusaka reste lettre morte. L'U.N.I.T.A., qui a déplacé son quartier général de Jamba à Bailundo (sur le haut-plateau central) tente, par des actions ciblées de guérilla, de rendre le pays ingouvernable. Le M.P.L.A., qui exerce un contrôle sans partage du pouvoir, trouve son intérêt dans cette situation de guerre larvée, puisqu'elle sert de justification au manque de démocratisation réelle, au sous-investissement massif dans le secteur social (scolaire et médical, notamment) au profit de l'appareil de guerre, et à la concentration du pouvoir entre les mains du président et des « futungistes » (de Futungo, le palais présidentiel). Sur le plan international, les deux partis connaissent, à la fin des années 1990, des destins opposés. Alors que le M.P.L.A. jouit d'un soutien grandissant, l'U.N.I.T.A. est de plus en plus isolée, à la suite, notamment, d'une vaste campagne menée par l'O.N.U. contre les « diamants de sang », et aux sanctions que cette dernière décrète contre le parti de Savimbi. Ces sanctions concernent, dans un premier temps, les livraisons d'armes, puis s'étendent aux exportations de diamants, à la liberté de mouvement des membres de l'U.N.I.T.A., et prévoient enfin le gel des avoirs du parti à l'étranger.

—  Didier PÉCLARD

Une paix sans réconciliation ?

C'est dans ce contexte que le gouvernement de Dos Santos reprend l'offensive à la fin de 1998. Fort du soutien d'une communauté internationale, États-Unis en tête, qui a des vues sur les immenses gisements pétroliers au large de l'enclave de Cabinda (l'Angola est devenu alors le deuxième producteur de pétrole en Afrique subsaharienne, derrière le Nigeria), Dos Santos poursuit, dans cette dernière phase de la guerre (1999-2002), un objectif double. Il s'agit, bien sûr, d'anéantir l'U.N.I.T.A. sur les plans militaire et politique, mais aussi de contrer un courant d'opposition qui se développe au sein de la société civile et qui, sous l'impulsion notamment des églises chrétiennes, exige la paix et une solution négociée au conflit.

Soucieux d'éviter qu'une telle solution négociée ne débouche sur un partage du pouvoir et ne donne à l'U.N.I.T.A. une légitimité politique nouvelle, Dos Santos opte, en décembre 1998, pour la voie militaire. Dans la foulée, en janvier 1999, il assume les pleins pouvoirs, supprimant temporairement la fonction de Premier ministre, et les F.A.A. lancent une nouvelle offensive militaire. Rapidement, les places fortes de l'U.N.I.T.A. dans le centre du pays sont conquises par l'armée gouvernementale et, le 22 février 2002, Jonas Savimbi est tué dans une escarmouche près de Luena, dans l'est du pays. Le 4 avril 2002, les F.A.A. et l'U.N.I.T.A. signent un accord de cessez-le-feu à Luanda qui met, enfin, un terme à vingt-sept années de conflit.

Le bilan des premières années de paix est pour le moins contrasté. Certes, l'arrêt des combats a permis à une population exsangue de souffler, et à une grande partie des réfugiés de retourner chez eux. De plus, grâce notamment au soutien de la Chine, la reconstruction des infrastructures détruites par la guerre a commencé, et les investisseurs étrangers affluent. Enfin, sur le plan politique, après avoir retardé par toutes sortes de manœuvres dilatoires les élections générales, le gouvernement organise, en septembre 2008, les premières élections législatives depuis 1992, qui donnent un nouvel élan au processus de démocratisation. De fait, le M.P.L.A. du président Dos Santos, auquel profite la flambée des cours du pétrole et la compétition entre les compagnies américaines, chinoises et européennes pour exploiter les gisements angolais, remporte haut-la-main le scrutin face à une U.N.I.TA. très affaiblie depuis la mort de son leader historique et à une opposition très morcelée. Cependant, en janvier 2010, une nouvelle Constitution est adoptée, elle prévoit que la tête de liste du parti vainqueur aux élections législatives devienne le président de la République, sans recourir au suffrage universel direct. Ainsi, en août 2012, le président Dos Santos est reconduit à la tête du pays après la victoire écrasante du M.P.L.A. lors du scrutin législatif. La société civile est très étroitement surveillée, et pour la grande majorité de la population vivant au-dessous du seuil de pauvreté, les dividendes de la paix se font toujours attendre. Enfin, dans l'enclave de Cabinda, au nord du pays, où des mouvements armés luttaient pour l'indépendance depuis les années 1970, le gouvernement a signé, le 2 août 2006, avec les séparatistes du Front national de libération de Cabinda (F.N.L.C.) un accord de paix qui a mis un terme à la rébellion. Ce territoire riche en pétrole obtient dès lors un « statut spécial ». Le gouvernement y maintient une forte présence militaire, tandis que l'Angola est le deuxième producteur de pétrole du continent africain après le Nigeria.

(Voir également ANGOLA, chronologie contemporaine)

—  Didier PÉCLARD, Universalis

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Bibliographie

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J. Miller, Way of Death. Merchant Capitalism and the Angolan Slave Trade, 1730-1830, James Currey, Londres, 1988

R. Pélissier, Les Guerres grises. Résistance et révoltes en Angola (1845-1941), éd. Pélissier, Orgeval, 1977 ; La Colonie du Minotaure. Nationalismes et révoltes en Angola (1926-1961), ibid., 1977.

Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-Ouest-Nanterre-La Défense
  • : docteur en science politique, Institut d'études politiques de Paris, chercheur, Fondation suisse pour la paix, Berne

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  • Pierre VENNETIER
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Capitale de l'Angola, anciennement São Paulo de Loanda, ou Loanda, Luanda fut fondée en 1575 comme point d'appui côtier protégeant la piste qui mène vers le bassin du Congo ; elle est la plus ancienne agglomération d'origine européenne en Afrique tropicale. Ce fut d'abord un comptoir fortifié (fort de São Miguel), puis un port d'embarquement des esclaves. L'essor économique et démographique de l'a […] Lire la suite

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Les derniers événements

23 août 2017 Angola. Victoire du MPLA aux élections législatives et succession de José Eduardo dos Santos à la présidence.

Le Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA), au pouvoir, remporte les élections législatives, quoi qu’en recul, avec 61,1 p. 100 des suffrages et 150 sièges sur 220. En progrès, l’Union nationale pour l’indépendance totale de l’Angola (UNITA) obtient 26,7 p. 100 des voix et 51 élus. La Large Convergence pour le salut de l’Angola-Coalition électorale (CASA-CE) progresse également avec 9,5 p. […] Lire la suite

1er-3 juillet 2015 France – Bénin – Angola – Cameroun. Visite du président François Hollande en Afrique.

Le 2, François Hollande se rend en Angola où il rencontre le président José Eduardo Dos Santos, au pouvoir depuis 1979. Sa visite est dominée par les échanges économiques bilatéraux. Le président français se dit « attentif » à « l’engagement de réconciliation, de pluralisme, d’élections » de la part du pouvoir angolais. Le 3, au Cameroun, François Hollande évoque avec son homologue Paul Biya la lutte contre le groupe djihadiste Boko Haram, à laquelle participe Yaoundé. […] Lire la suite

31 août 2012 Angola. Victoire du M.P.L.A. aux élections législatives

Le Mouvement populaire pour la libération de l'Angola (M.P.LA.) du président José Eduardo Dos Santos remporte les élections législatives, avec 71,8 p. 100 des suffrages et 175 sièges sur 220. L'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (U.N.I.T.A.) d'Isaias Samakuva obtient 18,7 p. 100 des voix et a 32 élus. Le taux de participation est de 62,8 p. […] Lire la suite

29 avril 2011 France. Relaxe de Charles Pasqua dans l'affaire de l'« Angolagate »

La cour d'appel de Paris ordonne la relaxe de Charles Pasqua dans l'affaire dite de l'« Angolagate » relative à la fourniture illégale d'armes à l'Angola alors en guerre civile, dans les années 1990. L'ancien ministre de l'Intérieur est blanchi de l'accusation de trafic d'influence qui lui avait valu une condamnation à trois ans de prison, dont un an ferme, par le tribunal correctionnel, en octobre 2009. […] Lire la suite

17-23 mars 2009 Vatican – Afrique. Première tournée de Benoît XVI en Afrique

Du 20 au 23, Benoît XVI est en Angola, seconde et dernière étape de sa tournée, où il plaide pour les plus démunis et rappelle aux dirigeants africains la nécessaire instauration de la démocratie.  […] Lire la suite

Pour citer l’article

Philippe GERVAIS-LAMBONY, Didier PÉCLARD, « ANGOLA », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 04 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/angola/