ḤALLĀDJ AL (858 env.-922)

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Extase et personnalité

Ce qui choque le plus profondément les sūfis, c'est sa théorie de l'union divine. Ne prétend-il pas que, dans l'union consommée en Dieu (fī‘ayn al-djam‘), les actes du saint, tout en restant volontaires et délibérés sont entièrement sanctifiés et divinisés ? À l'encontre de Djunayd, son ancien maître, qui brisait par les rites la personnalité du mystique, et d'al-Bisṭāmī qui la dissociait par l'ivresse extatique, al-Ḥallādj affirme que l'unité avec Dieu perfectionne la personnalité, la consacre, la divinise, en un mot que Dieu en fait son organe libre et vivant.

Ce dialogue avec Dieu, dont la présence est sentie au plus profond de son âme, il l'exprime en termes d'une rare vivacité :

Me voici, me voici, ô mon but et ma confidence, Me voici, me voici, ô mon but et mon sens. Je T'appelle... non, c'est Toi qui m'appelles à Toi. Comment T'aurais-je invoqué : « C'est Toi », si tu ne m'avais assuré : « C'est Moi » ? Ô essence de l'essence de mon existence, ô terme de mon dessein, Ô Toi mon élocution et mes énonciations et mes balbutiements, Ô tout de mon tout, ô mon ouïe et ma vue, ô ma totalité, ma composition et mes parts. Nul ne sait ce qui m'est advenu, sinon Celui qui s'est infondu dans mon cœur. Celui-là sait bien quel mal m'a atteint, et de son vouloir il dépend que je meure et revive...


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Pour citer l’article

Georges C. ANAWATI, « ḤALLĀDJ AL (858 env.-922) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/al-halladj/