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VERTU

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L'exigence de vertu s'ancre dans le désir de trouver une loi qui rendrait la répétition possible. Mais conquérir l'impassibilité, est-ce devenir un dieu ou son servile imitateur ? est-ce promouvoir la vie ou bien l'étouffer ? est-ce conquérir le bonheur ou, au contraire, ôter toute saveur à l'existence ? Bref, l'exigence de vertu peut-elle s'universaliser ?

Concevons la vertu comme la simple manifestation d'une force en mouvement, la mise en œuvre d'un pouvoir qui s'autosuffit, l'opération qui correspond le mieux aux penchants et aux besoins d'un individu isolé ; alors « prendre à bail » la vertu serait le propre d'impuissants cherchant la liberté dans la pensée plus que dans l'action ; supposer possible une définition de la vertu serait le fait d'hypocrites élevant le savoir au-dessus de la pratique ; vouloir préciser les canons de la vertu serait l'affaire de présomptueux s'efforçant d'en imposer par des propos plus que par des actes. « Nul ne sait encore ce que sont le bien et le mal, disait Zarathoustra, nul, si ce n'est le Créateur. »

Reste qu'on ne saurait pourtant dénier à l'apologétique de la vertu sa portée humanisante, comme si, au-delà de toute victoire sur une morale déterminée, s'affirmait le triomphe d'une certaine « forme » de conduite, d'un certain « art » de vivre, ou peut-être plus simplement encore d'un certain type de « représentation », donatrice de sens. Certes, on ne saurait rabaisser les dons au profit des vertus, pour faire du mérite la seule source morale. Et néanmoins comment ne pas voir en la vertu la source privilégiée du sublime, dans la mesure où elle atteste chez l'homme l'existence d'un pouvoir qui, selon l'expression kantienne, « dépasse toute mesure des sens » ?

Mais, si toute vertu procède de lui, Dieu n'est pas vertueux, la vertu dans son archétype n'est vertu de personne, vertu et perfection s'excluent réciproquement. Dès lors, comment l'homme vertueux pourrait-il garantir le statut de ses propres actes ? Et la vertu ne peut-elle se conna […]

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CIVISME

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DESCARTES RENÉ (1596-1650)

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Dans le chapitre "La générosité cartésienne"  : …  et exécuter toutes les choses qu'il jugera être les meilleures : ce qui est suivre parfaitement la *vertu. » On voit ainsi que Descartes n'a pas été seulement le philosophe des idées claires et de la méthode. En réfléchissant sur l'homme concret et la liberté, il croit pouvoir retrouver une sagesse, en un temps où l'univers médiéval vient d'être… Lire la suite
ÉTHIQUE

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Dans le chapitre "La constitution de la notion de valeur"  : …  etc. Les Anciens ont été les premiers à essayer de fixer ces entités dans un tableau des *vertus. Ainsi en est-il dans les dialogues socratiques sur le courage (Lachès), la pitié (Euthyphron), la justice (République). C'est surtout dans la grande Éthique d'Aristote que cette recherche s'épanouit,… Lire la suite
GRÈCE ANTIQUE (Civilisation) - L'homme grec

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HAGIOGRAPHIE

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HÉDONISME

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…  cinquante » ? Qu'est-ce donc que l'honneur ? Une qualité qui porte à faire des actions nobles. La *vertu pourrait ainsi être le fondement de l'honneur. Cicéron n'écrivait-il pas « verum decus in virtute positum est » – le véritable honneur réside dans la vertu. Mais c'est enlever au concept d'honneur une grande partie de son sens que d'en… Lire la suite
JUSTIFICATION

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KANT EMMANUEL (1724-1804)

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Dans le chapitre "Les postulats"  : …  la volonté bonne reste l'indispensable condition de ce qui nous rend dignes d'être heureux : la *vertu. Mais, si elle est à ce titre le bien suprême, elle n'est pas encore le bien complet : le bien ne peut être souverain, pour reprendre l'expression traditionnelle, que s'il accorde la vertu et le bonheur. Or on ne peut… Lire la suite
LIBERTÉ

Écrit par :  Paul RICŒUR

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LUNYU (ENTRETIENS DE CONFUCIUS) (anonyme)

Écrit par :  Pierre MARSONE

Dans le chapitre "L'homme de bien et sa vertu"  : …  dont il s'agit ici, quoique s'inspirant d'un concept social, prend chez Confucius un sens moral. *Au contraire de l'homme de peu qui ne voit que son profit, l'homme de bien pratique la vertu parfaite (ren), ou du moins tend vers elle, jusqu'au sacrifice de la vie s'il le faut. Cette vertu parfaite est souvent appelée vertu d'humanité ou… Lire la suite
MŒURS

Écrit par :  François BOURRICAUD

Dans le chapitre "L'institution divine de la législation, des mœurs et de l'éducation"  : …  ordres de phénomènes sont saisis plutôt dans leur unité systématique que dans leur diversité. *En effet, pour les Anciens, les lois, les mœurs, les vertus procèdent d'une même source et tendent vers un même but. L'étranger d'Athènes, qui parle en premier dans Les Lois, demande à ses deux interlocuteurs, le Crétois Clinias et le… Lire la suite
MORALE

Écrit par :  Éric WEIL

Dans le chapitre "Le problème philosophique du fondement de la morale"  : …  qui est mal. La grâce ne détruit pas la nature, elle la parfait. Deux morales, celle de la simple *vertu, celle de la sainteté, coexistent ainsi dans un équilibre toujours menacé : depuis que saint Ambroise a introduit les principes moraux du stoïcisme, tels qu'il les avait trouvés chez Cicéron, dans une morale pour chrétiens qui ne pouvaient plus… Lire la suite
PLATON (~428 env.-env. ~347)

Écrit par :  Monique DIXSAUT

Dans le chapitre "L'âme, la cité, le monde"  : …  rend moins pesante à ceux qui l'entourent : tel est le dernier mot de Socrate à Théétète, et il signifie que l'art socratique d'accoucher les âmes reste le préalable obligé de la dialectique. Aucune âme ne peut penser si elle n'est pas *vertueuse ; la vertu la délivre de sa méchanceté, c'est-à-dire de sa bêtise, et de tout ce qui en elle est insensé… Lire la suite
PYTHAGORE (~580?-? ~500) ET PYTHAGORISME

Écrit par :  Marcel DETIENNEDaniel SAINTILLAN

Dans le chapitre "La crise de la cité"  : …  des pythagoriciens entend gagner : le combat du ponos contre la truphè, de la « * vertu » contre le « vice ». Quelle est en effet la situation politique de Crotone au moment où Pythagore s'y installe ? C'est une cité en pleine crise, et le mal qui la frappe est à la fois économique, éthique et politique. Sur le plan économique c'… Lire la suite
ROUSSEAU JEAN-JACQUES (1712-1778)

Écrit par :  Bernard GAGNEBIN

Dans le chapitre "Vertu et bonheur"  : …  Étange et Julie continuera d'aimer Saint-Preux, seulement elle ne sera que « l'amante de son âme ». *Vertu et bonheur se retrouvent à différents niveaux dans ce roman aux multiples facettes. Ces mêmes principes gouvernent en effet et l'économie domestique et l'éducation des enfants. Aussi bien la vie ordonnée, joyeusement paisible de Clarens est… Lire la suite
SAGESSE

Écrit par :  Manuel de DIÉGUEZ

*« Sagesse » s'entend en plusieurs sens. Est-elle vertu, savoir, prudence, génie visionnaire, don de l'esprit, puissance prophétique, science politique ? « Moïse alla s'instruire dans la sagesse des Égyptiens » signifie seulement que ce grand législateur était devenu un savant. Les Grecs ont qualifié la… Lire la suite
SÉNÈQUE (~4-65)

Écrit par :  Ilsetraut HADOT

Dans le chapitre "Les œuvres en prose"  : …  partie bien déterminée de la parénèse philosophique dans laquelle on fait la description d'une *vertu ou d'un vice ; on en donne la définition, on en décrit les caractéristiques, souvent en y ajoutant celles de la vertu ou du vice contraire, et l'on indique les moyens et les méthodes pour acquérir cette vertu ou corriger ce vice. Le premier… Lire la suite
STOÏCISME

Écrit par :  Jacques BRUNSCHWIGUrs EGLI

Dans le chapitre "La morale"  : …  la tendance, est une erreur de jugement, et donc une maladie à extirper, non une force à canaliser. *La vertu, ou excellence, seul bien à rechercher pour lui-même, suffit au bonheur ; symétriquement, le seul mal absolu est le « vice », la disposition pervertie de l'âme. Tout ce qui n'est ni ce bien ni ce mal doit être dit, sous ce rapport, « … Lire la suite
TOLÉRANCE

Écrit par :  Bernard GUILLEMAIN

Dans le chapitre "L'édit de tolérance"  : …  *La tolérance ne joue vraiment le rôle d'une vertu que depuis le xvie siècle : il a fallu pour cela d'abord une cassure de la société religieuse telle que deux théologies ont été ressenties comme incompatibles ; ensuite, une croissance du pouvoir politique qui a fait que la conservation des États a pu paraître souhaitable,… Lire la suite
VALEURS, philosophie

Écrit par :  Pierre LIVET

Dans le chapitre "Autonomie, relativisme, rationalité"  : …  désigne un ensemble relativement cohérent de dispositions et d'habitudes de réaction et d'action. *On retrouve alors la notion de vertu aristotélicienne, qui désigne un ensemble de dispositions appris par habituation et propre à un domaine de pratiques. Elle a été utilisée par McDowell pour soutenir un réalisme des valeurs. Il suffit pour cela de… Lire la suite
VOLONTÉ

Écrit par :  Paul RICŒUR

Dans le chapitre "Le contexte « éthique » : Aristote"  : …  l'exercice de l'hospitalité et de l'amitié, la distribution des avantages et des honneurs, etc. *C'est sous le titre des « vertus » que la réflexion antérieure à Aristote avait placé cette méditation : vertu de tempérance, de courage, de justice, etc. Ces vertus ne sont pas autre chose que les « excellences » qui règlent le « bien-vivre ». Dès… Lire la suite

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