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VERTU

L'exigence de vertu s'ancre dans le désir de trouver une loi qui rendrait la répétition possible. Mais conquérir l'impassibilité, est-ce devenir un dieu ou son servile imitateur ? est-ce promouvoir la vie ou bien l'étouffer ? est-ce conquérir le bonheur ou, au contraire, ôter toute saveur à l'existence ? Bref, l'exigence de vertu peut-elle s'universaliser ?

Concevons la vertu comme la simple manifestation d'une force en mouvement, la mise en œuvre d'un pouvoir qui s'autosuffit, l'opération qui correspond le mieux aux penchants et aux besoins d'un individu isolé ; alors « prendre à bail » la vertu serait le propre d'impuissants cherchant la liberté dans la pensée plus que dans l'action ; supposer possible une définition de la vertu serait le fait d'hypocrites élevant le savoir au-dessus de la pratique ; vouloir préciser les canons de la vertu serait l'affaire de présomptueux s'efforçant d'en imposer par des propos plus que par des actes. « Nul ne sait encore ce que sont le bien et le mal, disait Zarathoustra, nul, si ce n'est le Créateur. »

Reste qu'on ne saurait pourtant dénier à l'apologétique de la vertu sa portée humanisante, comme si, au-delà de toute victoire su […]

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Autres références

« VERTU » est également traité dans :

ARISTOTE (~385 env.-~322)

Auteur :  Pierre AUBENQUE

Dans le chapitre "Les vertus" : …  il y a deux parties de l'âme, rationnelle et irrationnelle, il y aura deux sortes d'excellence, ou *vertus : les vertus intellectuelles, ou dianoétiques, et les vertus morales ; celles-ci expriment l'excellence de ce qui, dans la partie irrationnelle, est accessible aux exhortations de la raison. Le livre II de l'Éthique à Lire la suite
ARISTOTÉLISME

Auteur :  Hervé BARREAU

Dans le chapitre "L'éthique et la politique" : …  les voies de son bonheur, qui s'identifient à celles de la vertu. Il n'y a pas de bonheur sans *vie vertueuse. Or cette vie vertueuse ne se borne pas à la justice à l'égard des autres, elle implique également la modération à l'égard des désirs et le courage que réclame la hiérarchie des valeurs. Aristote admet cependant que la vertu ne peut… Lire la suite
BIEN, philosophie

Auteur :  Monique CANTO-SPERBER

Dans le chapitre "Le bien comme bonheur, ou « eudaimonia » " : …  dont le meilleur exercice est la délibération sur la nature du bonheur et les moyens d'y parvenir. *L'eudémonisme antique, qui identifie la vie heureuse et la vie morale, est caractérisé par deux thèses : la vertu réalise la fonction humaine de raison ; l'accomplissement de cette fonction est le bonheur. Ce sont des thèses sur lesquelles Aristote… Lire la suite
BONHEUR

Auteur :  André COMTE-SPONVILLE

Dans le chapitre "Bonheur, espoir et vertu" : …  Peut-on agir, pourtant, sans espérer ? Oui, répondent les stoïciens, et c'est ce qu'on appelle la *vertu. La vertu, rapporte Diogène Laërce (VII, 89), est en effet « adoptée pour elle-même, non point par crainte ni par espoir », et c'est ce que Kant au fond confirmera. Agir dans l'espoir de quelque chose (fût-ce de la vertu), ce n'est pas agir… Lire la suite
CIVISME

Auteur :  Bernard GUILLEMAIN

Dans le chapitre "Théoriser le civisme : une tâche impossible" : …  ii, p. 536). La place paraît faite pour le civisme que, cependant, Rousseau ne nommera jamais.* C'est que toute vertu s'enracine dans l'amour de soi et doit avoir pour fin le bonheur de l'homme : « tout homme veut être heureux » (Du bonheur public, p. 513). Or « il n'y a aucun gouvernement qui puisse forcer les citoyens de vivre… Lire la suite

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Bibliographie

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Leçons sur la philosophie de l'histoire (Vorlesungen über die Philosophie der Geschichte, 1837), trad. J. Gibelin, Vrin, 1963

V. Jankélévitch, Traité des vertus, 3 vol., Bordas, 1968-1972

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Novalis, L'Encyclopédie (fragments), trad. et prés. M. de Gandillac, Minuit, Paris, 1966

Philon d'Alexandrie, La Migration d'Abraham, trad. R. Cadiou, Cerf, Paris, 1957

Platon, Œuvres complètes, trad. nouv. et notes L. Robin, coll. La Pléiade, 2 vol., Gallimard, 1940-1942

Plotin, Ennéades, texte grec et trad. franç., introd., notes et index E. Bréhier, 7 vol., Belles Lettres, Paris, 1924-1938

J.-J. Rousseau, Œuvres complètes, B. Gagnebin et M. Raymond éd., coll. La Pléiade, Gallimard, dep. 1959

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Sénèque, Traités philosophiques, trad. F. et P. Richard, Paris, 1933

A. Silesius, Pèlerin chérubinique (Cherubinisher Wonderrman, 1675), trad. H. Plard, Aubier, Paris, 1946

B. de Spinoza, Éthique, trad. C. Appuhn, Paris, 1934

Thomas d'Aquin, Somme théologique : La Vertu, trad. R. Bernard, Cerf, 1953

C. Thomasius, De l'art de vivre selon la raison et la vertu, Halle, 1692.

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