Tout devient. Il n'est guère de notion plus ample et plus essentielle que celle du devenir. L'homme moderne est fasciné par le spectacle de la diversité et du changement dans la nature, dans la pensée, dans la vie humaine : « Partout la cohue la plus bigarrée ; quand une chose disparaît, une autre prend aussitôt sa place » (Hegel). L'accélération de l'histoire rend plus sensible cette fluidité du réel, au détriment de ses aspects relativement stables.
Chacun constate le devenir. Mais qui dira ce qu'il est ? Les efforts pour le comprendre rencontrent des difficultés remarquables. Souvent, faute de pouvoir le définir adéquatement, on ne le désigne que partiellement, en renvoyant à l'une de ses modalités concrètes : mouvement, altération, évolution...
Cet embarras incite parfois des philosophes à nier l'existence effective du devenir, ainsi que des objets qu'il affecte, et à ne les tenir que pour de simples apparences, la réalité se trouvant tout entière détenue par l'être dispensé du devenir, l'être permanent. Mais ne faut-il pas alors exiler celui-ci dans un au-delà inaccessible, loin du monde concret où tout naît et périt ?
Même si on le réduisait indûment à n' […]
Autres références
« DEVENIR » est également traité dans :
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ARISTOTE (~385 env.-~322)
Auteur :
Pierre AUBENQUE
Dans le chapitre "Les principes" : …
fut celle des Éléates, pour qui l'être est un, n'ayant d'autre réalité que celle de l'essence. *À un tel être il ne peut proprement rien arriver.Réciproquement, la prise en considération du mouvement amène à reconnaître que l'être est à la fois un et multiple : un en acteet multiple en puissance.Les Éléates…
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CONTINGENCE
Auteur :
Bertrand SAINT-SERNIN
Dans le chapitre "La contingence dans la pensée philosophique" : …
On peut affirmer que la nature n'est pas entièrement soumise à des lois rigoureuses et que le *devenir est imprévisible, parce qu'il résulte d'un mélange de nécessité et d'aléatoire ; ou même qu'il reflète les « habitudes » – plutôt que les lois – de la nature. Cette dernière pourrait donc en changer. Ainsi, en 1874, dans De la contingence…
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DÉCADENCE
Auteur :
Bernard VALADE
elle s'inscrit. Elle l'est également de spéculations sur le destin des civilisations dont le *devenir est souvent interprété à partir d'un modèle unique qui se résout en une métaphore organiciste : les individus vieillissent, les espèces dégénèrent, les États périclitent. En raison de la multiplicité des registres où elle se trouve…
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DELEUZE GILLES (1925-1995)
Auteur :
Bruno PARADIS
Dans le chapitre "Les devenirs" : …
*« Le devenir est le processus du désir », est-il dit dans Mille Plateaux (1980). Dans les connexions, une ligne se dessine. Partant d'un point singulier arraché à une multiplicité (un élément fragmentaire), elle conduit au voisinage d'un autre point singulier, à partir duquel elle reprend son mouvement. Une série s'organise qui nous…
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DÉMOCRITE (~460?-? ~370)
Auteurs :
Fernando GIL, Pierre-Maxime SCHUHL
Dans le chapitre "Le problème métaphysique" : …
», 295, 1). Tel fut le programme de recherche atomiste, à la fois métaphysique et physique. *Le problème métaphysique est le même qui s'est posé à Anaxagore et à Empédocle, à la suite de la critique éléatique du changement. Comment concilier l'immuabilité et l'éternité de l'être avec la réalité du mouvement et du changement, la « voie de la…
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Bibliographie
Aristote, Métaphysique
Physique
H. Bergson, L'Évolution créatrice, F. Alcan, Paris, 1907, 154e éd. P.U.F. 1981
J. d'Hondt, Hegel, philosophe de l'histoire vivante, P.U.F., Paris, 1966, 2e éd. 1987
F. Engels, Anti-Dühring, Éd. sociales, Paris, 1950, 3e éd. rév. 1973
G. W. F. Hegel, La Raison dans l'histoire, U.G.E., Paris, 1965
Science de la logique (1re partie de l'Encyclopédie), Vrin, Paris, 1970, 2e éd. 1979
Science de la logique, Aubier-Montaigne, Paris, 3 vol., 1972, 1976, 1981
Platon, Parménide
Théétète
Timée
I. Prigogine & I. Stengers, Entre le temps et l'éternité, Fayard, Paris, 1988
A. Rivaud, Le Problème du devenir et de la matière dans la philosophie grecque, F. Alcan, 1905.
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