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BIEN, philosophie

La notion de bien constitue la notion centrale de la philosophie morale depuis l'Antiquité jusqu'à la fin du xviiie siècle. En effet, le concept de bien a été traditionnellement attaché aux concepts de bonheur, de bon état de chose à maximiser, de bonnes conséquences à promouvoir ou de vie bonne. Toutes ces affiliations témoignent d'un élément commun. À chaque fois, le bien est l'objet d'un mouvement, d'une orientation, d'une visée. Les ressources psychologiques qui permettent une telle orientation vers le bien sont essentielles en l'homme. Elles correspondent à la catégorie entière des états mentaux qu'on désigne sous le nom de désirs, volitions, émotions.

Une philosophie morale qui s'organise autour de la notion de bien est ainsi enracinée dans la psychologie et dans l'action. La question de la moralité ne se poserait pas sans un être humain qui connaît, désire, est affecté. Dans la mesure où la réflexion morale, entendue comme philosophie pratique, porte essentiellement sur l'action humaine, la notion de bien devrait être considérée comme le concept clé de la philosophie morale. Elle maintient le lien entre la motivation et la moralité et rend possib […]

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« BIEN, philosophie » est également traité dans :

ANTIQUITÉ - Naissance de la philosophie

Auteur :  Pierre AUBENQUE

eux-mêmes ne peuvent être résolus sans le recours à la théorisation, sans le passage au concept. *Pour apprendre à devenir vertueux, dit Platon dans la République, il faut « prendre le circuit le plus long » : non l'imitation d'un héros, mais l'apprentissage de la science, qui, après une longue ascension à travers les sciences… Lire la suite
ARISTOTE (~385 env.-~322)

Auteur :  Pierre AUBENQUE

Dans le chapitre "Le bonheur" : …  aux autres, elles prennent pour la fin dernière ce qui n'est que moyen en vue de cette fin. Le *bien suprême est donc au-delà des biens particuliers. Mais ce n'est pas à dire qu'il s'agisse d'un Bien en soi, séparédes biens particuliers : ici Aristote se livre à une critique sévère de la conception platonicienne du Bien, qui, en… Lire la suite
ARISTOTÉLISME

Auteur :  Hervé BARREAU

Dans le chapitre "L'éthique et la politique" : …  Pour Aristote l'éthique et la politique sont des disciplines connexes : toutes deux traitent du *souverain bien, qui n'est pas idéal mais ne se distingue pas du bonheur, et qui se propose autant à l'individu humain qu'à la cité, forme achevée de la vie sociale. D'ailleurs l'individu libre est le citoyen d'une cité et la justice du citoyen est sa… Lire la suite
ART (Aspects esthétiques) - Le beau

Auteur :  Yves MICHAUD

Dans le chapitre " Le retour du beau" : …  du loisir. Ce retour de la beauté comporte une dimension morale. En même temps que le Beau,* le Bien est réaffirmé, avec les progrès de la vision morale des êtres, des comportements et des échanges. Telle est la signification de l'impératif de la correction politique et morale. Personne n'a aujourd'hui le droit de se montrer ouvertement… Lire la suite
BONHEUR

Auteur :  André COMTE-SPONVILLE

en tout cas sans autre but que lui-même) et le contentement sans reste. Le bonheur est le souverain *bien ; le souverain bien est le bonheur. Une telle définition n'est pourtant que nominale. C'est ce qui explique que les hommes, qui s'entendent si bien sur le mot, s'entendent si peu sur la chose : tous appellent « bonheur » ce qu'ils désirent… Lire la suite

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Bibliographie

Aristote, Éthique à Nicomaque, trad. R.-A. Gauthier et J.-Y. Jolif, 2 tomes, Nauwelaerts, Paris-Louvain, 1958-1970

J. Bentham, An Introduction to the Principles of Morals and Legislation (1823), The Collected Works of Jeremy Bentham, J. H. Burns et H. L. A. Hart éd, University of London, Athlone Press, 1970

M. Canto-Sperber, L'Inquiétude morale et la vie humaine, P.U.F., Paris, 2001

R. Descartes, Correspondance avec Elisabeth et autres textes, M. et J.-M. Beyssade éd., Garnier-Flammarion no 513

P. Foot, Virtues and Vices, Univ. of California Press, 1978

D. Hume, Enquête sur les principes de la morale, trad. A. Leroy, Aubier, Paris, 1947

E. Kant, Fondements de la métaphysique des mœurs, Critique de la raison pratique, Doctrine de la vertu, in Œuvres philosophiques, F. Alquié dir., tomes II et III, Bibliothèque de la Pléiade, Gallimard, Paris, 1985-1986

J. S. Mill, L'Utilitarisme, P.U.F., 1998

M. Nussbaum, The Fragility of Goodness, Cambridge Univ. Press, 1986

Platon, Euthydème, M. Canto éd., Garnier-Flammarion, no 492

Gorgias, M. Canto éd., ibid., no 465

Philèbe, E. Chambry éd., ibid., no 203

Spinoza, Éthique, trad. C. Appuhn, ibid., no 57

Thomas d'Aquin, Somme théologique, trad A. Raulin et A.-M. Roguet, Cerf, Paris, 1984.

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