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SOCRATE (~469-~399) ET ÉCOLES SOCRATIQUES

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4.  Les certitudes de Socrate

Socrate répète qu'il ne sait rien, qu'il n'a rien à enseigner, qu'il n'a pas de disciples. Il n'a pourtant rien d'un sceptique. Faut-il voir dans son ignorance affichée la façade ironique d'un savoir caché, comme en ces statues de Silènes auxquelles le compare Alcibiade dans le Banquet platonicien, et qui s'entrouvraient pour laisser voir la figure d'un dieu ? On a autant de peine à croire son « inscience » réelle qu'à la tenir pour feinte. Sans doute peut-on dire qu'il n'est certain d'aucune proposition qui tombe dans le champ du dialogue, puisqu'il est de l'essence du dialogue de ne rien laisser hors de question ; mais qu'il est certain de toute proposition qu'il perçoit comme nécessaire à l'ouverture de ce champ, et au maintien de cette ouverture. Ainsi, ce qui constitue l'homme, ce dont il est moralement comptable, c'est ce par quoi il est apte à entrer dans la relation « dialogique » : son âme parlante et pensante, et non son corps, ou ce pseudo-moi qui n'est que l'opinion que les autres ont de lui. Connais-toi toi-même : connais ce qui véritablement est toi. Le bien auquel l'âme aspire est un bien qui relève d'elle ; rien n'est vraiment bon que ce dont il n'est pas possible de faire mauvais usage, et c'est la science du bien qui sait faire bon usage de toutes choses, et sans laquelle de toutes choses on risque de faire mauvais usage. Ainsi s'expliquent les inépuisables formules, que la vertu est un savoir, et que nul n'est mauvais volontairement. 

Une autre source de certitude est que le dialogue, sous peine de perdre tout sens, désigne l'horizon d'une vérité qu'il ne dépend pas de nous de créer ou de modifier, et qui s'atteste jusque dans la nécessité où nous sommes de nous aider mutuellement pour nous ouvrir à elle. Si le dialogue est l'essentiel du métier d'homme, c'est que nous ne sommes pas condamnés à ne cesser la guerre des opinions que par la violence des tyrans, l'habileté des rhéteurs ou l'arbitraire des conventions. Le dialogue des hommes fait signe et référence à quelque chose qui dépasse l'homme.

De la religion de Socrate, on peut dire qu'elle est ce qu'il lui faut et ce qui lui suffit pour percevoir sa vocation dialectique comme un commandement divin : la voix intérieure de son fameux « démon » n'est-elle pas ce qui l'arrête quand, par geste ou par parole, il est sur le point de manquer à sa mission ? Il ne méprise pas la religion traditionnelle, il en effectue les gestes, il respecte ce qu'il y voit de respectable ; mais il la pense et la juge en fonction de cette mission.

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… *Figure de rhétorique et forme de plaisanterie, l'ironie se situe d'emblée dans un champ intentionnel par l'implicite qu'elle renferme et qui détermine sa propre condition d'existence. Si elle consiste communément à faire entendre à l'interlocuteur le contraire de ce qu'énonce l'auteur, elle se démarque de l'humour par la visée qu'elle soutient vis-… Lire la suite
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Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "La beauté, l'amour et l'art de parler"  : …  éloge d'Éros), le Phèdre traite de l'amour – mais par le biais d'une critique du discours. *Phèdre, en effet, rend visite à Socrate pour lui faire partager son admiration du rhéteur Lysias ; après l'avoir entraîné hors de la ville, il lui lit un discours où ce dernier soutient qu'il vaut mieux choisir pour amant celui qui ne vous aime pas… Lire la suite
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POLITIQUE - La philosophie politique

Écrit par :  Éric WEIL

Dans le chapitre "La philosophie grecque"  : …  Ce qu'ils offrent, c'est une technique pour la conquête d'un pouvoir désacralisé. La réaction de *Socrate, leur disciple et adversaire, qui, en opposition à cette science positive (et positiviste), fonde la philosophie politique, ne consiste nullement dans une critique de cette analyse des faits ; il y oppose une question préalable : la simple… Lire la suite
PRODICOS (entre ~470 et ~460-apr. ~399)

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LA RÉPUBLIQUE, Platon

Écrit par :  François TRÉMOLIÈRES

Platon *« J'étais descendu, hier, au Pirée avec Glaucon, fils d'Ariston » (ce dernier n'est autre que le père de Platon). Ainsi commence La République de Platon (428 env.-347 env. av. J.-C.) – en grec Politeia, « Du régime politique », ou Peri dikaiou, « Sur la justice » –, sansLire la suite
RÉVOLUTION

Écrit par :  François CHÂTELET

Dans le chapitre "Une rupture radicale"  : …   métabolê ne saurait être efficace que si elle est radicale. Platon n'est pas réformiste. *Significatives sont, à cet égard, les précautions que prend Socrate, dans La République, pour présenter à ses jeunes interlocuteurs les ruptures qu'il exige pour que soit conjuré le malheur des hommes. Il s'agit que soient abattues… Lire la suite
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VALEURS, philosophie

Écrit par :  Pierre LIVET

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XÉNOPHON (~426 env.- ~354)

Écrit par :  Yvonne VERNIÈRE

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