Le génie parasismique a pour objet la réalisation d'ouvrages et d'installations capables de résister dans de bonnes conditions à des secousses d'un certain niveau d'intensité. Cette définition demande à être complétée, en premier lieu, par la spécification de ce que doit être le comportement des ouvrages pour que l'on puisse s'en déclarer satisfait, en second lieu, par l'indication du niveau d'intensité au-delà duquel on renonce à obtenir avec certitude ce résultat.
Il apparaît en effet que la protection complète des constructions, c'est-à-dire la recherche de niveaux de sécurité et de fiabilité comparables à ceux auxquels on s'astreint vis-à-vis des actions d'une autre nature (charges d'exploitation, vent, neige, etc.), demeure, dans le domaine parasismique, présentement hors de la portée, sinon de nos technologies, du moins, dans la généralité des cas, de nos économies. Du fait de la limitation des ressources des individus et de la collectivité, on est le plus souvent amené à opérer un arbitrage entre les exigences de sécurité et le coût des mesures de protection.
Les conséquences d'un éventuel sinistre tant en ce qui concerne les pertes en vies humaines qu'en ce qui concerne les pertes économiques pèsent de façon déterminante dans la décision. On est effectivement conduit à distinguer en gros deux catégories d'installations :
– d'une part, les ouvrages à risque dit « normal », c'est-à-dire ceux dans lesquels les conséquences d'un sinistre restent circonscrites aux dommages immédiats subis par l'ouvrage, ses occupants et son contenu – c'est le cas de la grande généralité des constructions civiles ou industrielles et autres ouvrages de génie civil.
– d'autre part, les installations dites « à haut risque », c'est-à-dire celles pour lesquelles des désordres, même mineurs, peuvent avoir des suites extrêmement graves pour la population et l'environnement – il en est ainsi par exemple des industries chimiques traitant ou stockant des produits hautement toxiques et susceptibles de se répandre, de […]
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