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PHYSIS

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2.  Nature et art, nature et loi

Toutefois, il n'existe pas seulement des êtres naturels. Il est des êtres qui ne doivent pas leur constitution au développement d'un principe immanent, mais qui existent soit par hasard, soit par l'effet d'une initiative délibérée et extérieure. Ces derniers sont les produits de l'art ou, d'un mot qui a le même sens en grec, de la technique. Il semble que, pendant très longtemps, cette dualité de l'art et de la nature comme principes d'organisation n'ait pas été ressentie comme une opposition : on pensait que l'art humain ne faisait que réaliser ou prolonger les intentions de la nature. L'homme de l'art n'est que l'agent d'une nature qui est elle-même créatrice. Dès lors, l'art, plus proche de nous, servira au philosophe à pénétrer par analogie les arcanes de la nature artiste. Ainsi, Empédocle, décrivant la genèse des êtres vivants sous l'action en quelque sorte démiurgique de l'Amour, n'hésite pas à attribuer des outils à Aphrodite : il parle de « chevilles » (fragm. 87 Diels, 411 Bollack), de « creusets » et de « colles » (fragm. 96 Diels, 462 Bollack) ; les organes ainsi produits sont comparés à des « besaces » ou à des « tuyaux », l'œil à une lanterne, etc. Chez Héraclite, c'est l'élément primordial, le feu, qui sera dit lui-même « artisan » ou « artiste ». Pour les médecins de la tradition hippocratique, l'art ne consistera réciproquement en rien d'autre qu'à laisser s'exercer sans entraves la vis medicatrix naturae.

Pourtant, à partir du ve siècle avant J.-C., apparaît, notamment chez ceux qu'il est convenu d'appeler les sophistes, le sentiment nouveau d'une opposition entre la nature, qui vient de Dieu ou est en tout cas autonome, et la loi, qui est le fait de l'homme. Par « loi » (νομ́ος), il faut ici entendre tout ce qui est de l'ordre de la convention et qui, non seulement s'ajoute à la nature, mais quelquefois la contredit et l'aliène. Cette opposition a été surtout utilisée, en un sens polémique, pour discerner ce qui, dans le […]

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