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ARISTOTÉLISME MÉDIÉVAL

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La place de la tradition aristotélicienne dans l'histoire de la pensée  médiévale, le sens et la portée de son influence sur la scolastique tardive, le nombre et la nature des innovations qu'elle a sinon toujours directement suscitées, du moins souvent permises ou plus simplement encadrées, bref, l'ensemble des facteurs et des données historiques qui ont contribué à forger l'image d'un Moyen Âge tout entier voué à Aristote et au péripatétisme demande à être repensé. De fait, l'aristotélisme n'est pas l'unique référence en une période de dix siècles où le platonisme et l'augustinisme ont joué, pour le moins, un rôle équivalent, voire antagoniste. Pour prendre l'exacte mesure de la signification philosophique et culturelle de l'aristotélisme au Moyen Âge, il convient donc de rappeler ce qui lui a donné sa configuration véritable, marqué ses limites et accidenté son parcours.

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ABRAHAM IBN DAUD dit RABAD Ier (1110 env.-env. 1180)

Auteur :  Gérard NAHON

… *Historien, philosophe et astronome juif, Abraham ben David Halevi dit Ibn Daud ou Rabad Ier (Rabbi Abraham b. David) est connu des théologiens et philosophes latins du Moyen Âge sous le nom d'Avendauth et, notamment, à travers son œuvre de traducteur de l'arabe en latin (dont il s'acquitta parfois en collaboration avec Gundissalinus,… Lire la suite
ADÉLARD DE BATH (XIIe s.)

Auteur :  André CANTIN

… *Philosophe, mathématicien et naturaliste du début du xiie siècle, Adélard de Bath, par les traductions qu'il rapporta d'Orient, augmenta singulièrement le savoir de l'Occident latin dans les sciences du nombre et de la nature. Sa naissance à Bath, sa formation à Laon et à Tours, et ses voyages en Sicile, Syrie, Palestine,… Lire la suite
ALBERT LE GRAND (1193?-1280)

Auteur :  Édouard-Henri WÉBER

Dans le chapitre "Le savant" : …  Aux sciences de la nature, Albert consacre de nombreux ouvrages conçus *sur le modèle de l'encyclopédie d'Aristote. Il y condense, soumis à un essai de critique, les apports des anciens, Grecs et Latins (surtout Aristote, Galien, Pline), complétés à l'aide des ouvrages arabes (d'astronomes, de mathématiciens, de médecins tel Avicenne) et surtout de… Lire la suite
ALEXANDRE DE HALÈS (1185 env.-1245)

Auteur :  Charles BALADIER

… *Originaire de Hayles (Halès en français), dans le comté de Gloucester, Alexandre de Halès, premier franciscain à enseigner à l'Université de Paris, y fut d'abord un des principaux maîtres séculiers. Il était bachelier sententiaire entre 1120 et 1126. Outre ses Questiones disputate antequam esset frater, on connaît sa Glossa in Quatuor Lire la suite
ANALOGIE

Auteurs :  Pierre DELATTRE E.U.Alain de LIBERA

Dans le chapitre "La tradition antique et médiévale" : …  deux modèles de description qui ont longtemps prévalu dans la tradition historiographique de l'« *aristotélisme médiéval » : l'interprétation strictement « aristotélicienne » et l'interprétation « aristotélico-thomiste ». Cette révision critique est fondée sur deux thèses : la théorie de l'analogie de l'être n'est pas une théorie originairement… Lire la suite
AVERROÈS, arabe IBN RUSHD (1126-1198)

Auteur :  Jean JOLIVET

…  mais son projet et son destin furent tout autres. Pour lui, la philosophie est uniquement celle *d'Aristote, et c'est elle qu'il veut retrouver dans sa pureté en éliminant les interprétations qu'en ont donné ses prédécesseurs musulmans (les falāsifa, ou philosophes) et même les commentateurs grecs. Il se l'approprie avec assez de… Lire la suite
AVERROÏSME

Auteur :  Jean JOLIVET

…  divers, ont estimé que les livres d'Averroès contenaient la meilleure explication de la pensée *d'Aristote, c'est-à-dire le meilleur exposé de la philosophie. Les divergences réelles qu'on peut relever entre eux ne changent rien au fond des choses, et c'est pourquoi le mot « averroïsme » garde suffisamment de sens pour qu'on le conserve, tout… Lire la suite
AVICENNISME LATIN

Auteur :  Alain de LIBERA

…  souvent comme un instrument d'élucidation neutre, parfois comme un pôle de doctrine négatif ? *Somme du savoir philosophique gréco-arabe, figure majeure d'un aristotélisme par endroits si fortement teinté de platonisme qu'il semble né pour être christianisé, maître d'une méthode qui crée à la fois les complexes de problèmes et les principes de… Lire la suite
BOÈCE (480-524)

Auteur :  Pierre HADOT

…  dans la transmission de l'héritage de la philosophie antique à l'Occident médiéval et moderne. *Les traductions latines et les adaptations de commentaires néo-platoniciens grecs d'Aristote, que Boèce a rédigées, ont initié le Moyen Âge à l'exégèse savante des œuvres d'Aristote, au modèle « scolastique » de la philosophie antique tardive, et ont… Lire la suite
BONAVENTURE saint (1217-1274)

Auteur :  Edith WEBER

… *Jean Fidanza, dit Bonaventure, né à Bagnoregio (près d'Orvieto) en 1217, étudie à la faculté des arts de Paris de 1236 à 1242. En 1243, il entre dans l'ordre des Franciscains à Paris et poursuit ses études de théologie jusqu'en 1248, sous la direction d'Alexandre de Halès. Bachelier biblique de 1248 à 1250, il commente à Paris l'Évangile selon Luc… Lire la suite
CAJÉTAN TOMMASO DE VIO dit (1469-1534)

Auteur :  Bruno PINCHARD

… *Le plus grand théologien catholique de la Renaissance, Tommaso de Vio, était né à Gaète (d'où le nom qu'on lui donna — Il Caietano), dans une famille noble. Il entra chez les dominicains à Naples en 1484, dans ce même couvent où furent admis, avant lui, Thomas d'Aquin et, après lui, Tommaso Campanella et Giordano Bruno. C'est d'abord dans la… Lire la suite
CRESCAS HASDAÏ BEN ABRAHAM (1340-1410)

Auteur :  Charles BALADIER

… *Haute figure de la pensée juive d'Espagne à la fin du Moyen Âge, Ḥasdaï Crescas fut à la fois lié à la cour du roi d'Aragon et établi dans les fonctions de grand rabbin de la communauté de Saragosse. À l'orée de ce siècle qui allait être celui de l'expulsion des juifs de la péninsule Ibérique, il composa une chronique des massacres dont furent… Lire la suite
DAVID DE DINANT (fin XIe-déb. XIIe s.)

Auteur :  Jean RIBAILLIER

… *« Mystérieux auteur d'une œuvre non moins mystérieuse. » Cette formule rend assez bien compte de l'état de nos connaissances sur David de Dinant. On sait qu'il fut condamné ainsi qu'Amaury de Bène au synode de Paris (1210) : « Les Quaternuli de David devaient être apportés à l'évêque de Paris avant Noël afin d'être brûlés ; quiconque les… Lire la suite
DE L'ÂME, Aristote

Auteur :  François TRÉMOLIÈRES

Dans le chapitre "La question de l'intellect" : …  *Ce sont les débats sur l'intellect qui ont surtout occupé l'aristotélisme médiéval, c'est-à-dire la postérité théologique et métaphysique du Stagirite. L'intellect « agent » est un principe incorporel, « semblable à une sorte d'état comme la lumière », « séparé, sans mélange et impassible », « immortel et éternel » (430 a-b). Ces pages très denses… Lire la suite
DUNS SCOT JEAN (1266 env.-1308)

Auteurs :  E.U.Maurice de GANDILLAC

Dans le chapitre "La foi et la raison (positions comparées de Thomas d'Aquin et de Duns Scot)" : …  on s'était plutôt demandé quelle aide le théologien pouvait recevoir de la philosophie ; l'invasion *d'Aristote conduit en quelque sorte à renverser le problème. Les condamnations de 1277 prouvent, en effet, que, dès la fin du xiiie siècle, l'idée apparaît d'une métaphysique et d'une éthique naturelles qui se suffiraient à elles-… Lire la suite
GRAMMAIRES SPÉCULATIVES

Auteur :  Bernard CERQUIGLINI

… *À la fin du xiie siècle, un tournant s'opère dans la conception européenne des recherches linguistiques. Jusque-là, la grammaire, fondement de la culture médiévale et premier des « arts libéraux », se donnait pour tâche d'enseigner à bien parler et bien écrire (suivant la définition même de Quintilien), c'est-à-dire à maîtriser… Lire la suite
GUILLAUME D'AUVERGNE (apr. 1180-1249)

Auteur :  Olivier JUILLIARD

… *Sacré, en 1228 par Grégoire IX, évêque de Paris, où il avait été reçu magister theologiae en 1223, Guillaume d'Auvergne a été fortement influencé par les commentaires arabes d'Aristote et se présente à la fois comme le défenseur des ordres mendiants, alors en plein essor, et comme le tenant d'un aristotélisme réinterprété à la lumière de… Lire la suite
HENRY DE HARCLAY (1270 env.-1317)

Auteur :  Olivier JUILLIARD

… *Étudiant à Oxford, puis à Paris, ordonné prêtre en 1297, Henry de Harclay enseigna la philosophie à l'université d'Oxford, dont il devint chancelier en 1312, et fut ensuite nommé évêque de Lincoln. Toute sa vie, il s'opposa aux Dominicains, mais c'est contre Jean Duns Scot qu'il édifia son œuvre philosophique, encore très mal connue. Ni réaliste,… Lire la suite
IBN BADJDJA ABU BAKR IBN AL-SA'IGH, dit AVEMPACE (fin XIe s.-1138)

Auteur :  Abdelkader BEN CHEHIDA

… *Auteur dont l'œuvre constitue un grand moment dans l'histoire de la philosophie arabe d'Espagne et une source importante pour les théologies médiévales. Le nom d'Ibn Bādjdja, qu'on donne communément à Abū Bakr Ibn al-Sā'igh (fils de l'orfèvre), a été latinisé en Avempace par les scolastiques à travers la transcription des traducteurs juifs. Les… Lire la suite
ISRAELI ISAAC BEN SALOMON (850 env.-950)

Auteur :  André NEHER

… *Contemporain du grand penseur et homme politique juif Saadia Gaon (892-942) et éclipsé par sa gloire, Isaac Israeli (en arabe : Isḥāq ben Sulaymān al-Isrā‘īlī) n'en a pas moins exercé une influence remarquable et durable aussi bien à l'intérieur de la communauté juive qu'au sein de l'islam et du christianisme. Ses traités de médecine sont cités… Lire la suite
MAIMONIDE (M.)

Auteur :  Warren Zev HARVEY

Dans le chapitre "De la logique à la « Mishneh Tōrāh »" : …  sa version hébraïque (Millōt ha-Higgāyōn), le texte classique d'introduction à la logique *aristotélienne pour les jeunes philosophes juifs jusqu'au début de la période moderne. Moïse Mendelssohn lui a consacré un important commentaire en hébreu. En 1158, Maimonide commença à rédiger son premier opus magnum, un commentaire arabe… Lire la suite
MICHEL D'ÉPHÈSE (1070 env.-env. 1140)

Auteur :  Jean GOUILLARD

… *Exégète byzantin d'Aristote. Les commentaires de Michel d'Éphèse embrassent l'Éthique à Nicomaque, plusieurs traités de zoologie et le précieux recueil des Parva Naturalia. Quoi qu'il en soit de leur valeur intrinsèque, ils attestent la valeur renouvelée des études aristotéliciennes dans la génération qui suit Michel Psellos et… Lire la suite
MOYEN ÂGE - Le monde médiéval

Auteur :  Léopold GÉNICOT

Dans le chapitre "La modernité du bas Moyen Âge" : …  devait être organisé en un système, fondé sur la vérité divine, le dogme, et la vérité humaine, *Aristote ; toutes les disciplines devaient servir d'auxiliaires à l'architecture ; dans l'Église, souci de contrôler, de plier à ses lois et à ses fins, d'intégrer à sa vision du monde. Dès avant 1300, la réalisation de la synthèse cessa de s'imposer… Lire la suite
MOYEN ÂGE - La pensée médiévale

Auteur :  Alain de LIBERA

Dans le chapitre "Périodisation et corpus" : …  À s'en tenir au seul texte de la philosophie, on voit se dégager de multiples phénomènes. *Aristote est connu ; Platon ne l'est pas ou ne l'est guère. Mais « Aristote » lui-même a une histoire qui nous dicte une périodisation. En effet, que ce soit en logique, en physique, en métaphysique ou en psychologie, il y a toujours deux temps forts… Lire la suite
PARIS UNIVERSITÉ DE

Auteur :  Jacques VERGER

… *Au xiie siècle, des écoles de logique et de théologie se développèrent à Paris, autour de Notre-Dame et sur la rive gauche. Vers 1180, maîtres et étudiants de ces écoles commencèrent à s'organiser en une corporation (universitas magistrorum et scolarium) pour obtenir leur autonomie vis-à-vis de l'évêque et du roi.… Lire la suite
PLATONISME MÉDIÉVAL

Auteur :  Jean JOLIVET

… *La question du platonisme médiéval étant particulièrement complexe, il faut dire d'abord selon quels partis pris elle est ici traitée. En premier lieu on rangera sous le nom de « platonisme » toute doctrine, d'ensemble ou même de détail, qui se fonde en dernière instance sur les œuvres des auteurs que l'Antiquité tardive et les médiévaux appelaient… Lire la suite
RENAISSANCE

Auteurs :  Eugenio BATTISTIJacques CHOMARATJean-Claude MARGOLINJean MEYER

Dans le chapitre "La pensée" : …  d'oppositions irréductibles, entre un système du savoir et une philosophie de la transcendance. Le *couple Platon-Aristote marque indubitablement, dans ce champ de gravitation culturelle, l'une des lignes de partage entre les esprits : Jean Bessarion (env. 1402-1472) contre Georges de Trébizonde dans la seconde moitié du Quattrocento, Pietro… Lire la suite
RICHARD DE MEDIAVILLA ou DE MIDDLETON (1249 env.-entre 1300 et 1308)

Auteur :  Édouard-Henri WÉBER

… *Maître franciscain qui enseignait à Paris durant le dernier quart du xiiie siècle. Les historiens n'ont pas encore réussi à établir si son origine était française (Menneville, ou Moyenneville) ou anglaise (on connaît un nom de famille Menneville, Middletown). On incline pour l'origine française, car un document relate l'élection… Lire la suite
SCOLASTIQUE

Auteur :  Jean JOLIVET

Dans le chapitre "Contenu et périodes" : …  tradition, augustinienne notamment, sans toujours voir clairement les problèmes que cela suscite. *C'est aussi à ce moment qu'Albert le Grand, le véritable introducteur d'Aristote (et qui est loin d'être tout uniment aristotélicien), commence une carrière qui s'étendra sur quarante ans. Vient ensuite une période où apparaissent les œuvres « … Lire la suite
SIGER DE BRABANT (entre 1235 et 1240-entre 1281 et 1284)

Auteur :  Édouard-Henri WÉBER

… *Maître de la faculté des arts (lettres et philosophie) de Paris dans la seconde moitié du xiiie siècle. Né en Brabant (wallon sans doute), il devient chanoine de Saint-Paul à Liège. Après avoir étudié dès 1255 à Paris, où il obtient la maîtrise vers 1260-1265, Siger domine le groupe des aristotélisants hétérodoxes et apparaît… Lire la suite
SOMME THÉOLOGIQUE

Auteur :  Gilbert GIANNONI

… *Au cœur du Moyen Âge latin, la somme théologique marque le triomphe de l'esprit de synthèse pour l'exploration organique des propositions de la foi. Cette confiance traduit une nouvelle vision du monde (ordinata collectio creaturarum) selon laquelle l'harmonie, l'ordre scellent les épousailles de la raison et de la religion. Il ne s'agit… Lire la suite
THOMAS D'AQUIN saint (1224 ou 1225-1274)

Auteur :  Marie-Dominique CHENU

Dans le chapitre "La raison théologique" : …  fameuse contre les écoles de Paris avait manifesté sa répulsion pour une telle curiosité instituée. *Avec la lecture des œuvres d'Aristote, devenu « intelligible aux Latins » comme l'avait souhaité Albert le Grand, l'entreprise prit une redoutable dimension, dans la mesure où les Analytiques non seulement fournissaient un outillage… Lire la suite
THOMISME

Auteur :  Édouard-Henri WÉBER

Dans le chapitre "La philosophie" : …  *Le vœu d'une philosophie réaliste proposé par Aristote est adopté par Thomas. Accordant au monde corporel une consistance ontologique que lui refusait Platon, le philosophe grec se fonde sur la réalité physique de l'homme. De son encyclopédie des sciences naturelles le maître médiéval fait, comme ses contemporains, grand cas, mais sans aucune… Lire la suite
VIVES JUAN LUIS (1492-1540)

Auteur :  Alain GUY

Dans le chapitre "La lutte contre la scolastique" : …  devant les faits (et non pas devant les grands auteurs, fussent-ils de tout premier plan). *Dans cette perspective, on doit censurer énergiquement le culte d'Aristote (penseur remarquable, sans doute, mais nullement infaillible et, d'ailleurs, déformé par ses prétendus disciples) : ses Catégories, ses Analytiques, ses  Lire la suite

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