La Jordanie (qui compte 5,7 millions d'habitants en 2005), située sur la rive orientale du Jourdain, est, par-delà la richesse de son patrimoine archéologique (sites de Pétra et de Jérash), associée à la famille hachémite, et notamment à la personnalité du roi Hussein (1953-1999). Descendants du Prophète, les Hachémites avaient été chargés par les Ottomans, à la fin du xixe siècle, d'assurer le bon déroulement du pèlerinage dans les villes saintes de La Mecque et de Médine. Ils se retrouvent à nouveau sur le devant de la scène régionale après la Première Guerre mondiale. La Transjordanie est confiée à l'émir Abdallah (1921-1951), pour honorer une promesse faite par Londres de constituer un « grand royaume arabe ». Elle est placée sous mandat britannique, jusqu'à son indépendance à la fin de la Seconde Guerre mondiale, en mars 1946. Elle subit ensuite de plein fouet le choc de la création de l'État d'Israël (en 1948) qui la prive du débouché maritime du port de Haifa. Le 24 janvier 1949, Abdallah annexe la Cisjordanie, la rive occidentale du Jourdain formée de la Samarie et d'une partie de la Judée, des territoires de la Palestine restés aux mains des Arabes. La Jordanie prend naissance officiellement le 24 avril 1949 avec l'intronisation d'Abdallah, déjà monarque de Transjordanie − et, depuis décembre 1948, roi provisoire de Palestine.
La Jordanie hachémite doit faire face, à partir des années 1950, à des relations complexes avec ses voisins, notamment avec Israël, avec les Palestiniens (les centaines de milliers de réfugiés qui s'installent sur son sol et, surtout, le mouvement national palestinien autonome qui entre en conflit avec le régime jordanien en septembre 1970), et enfin, avec les puissances régionales arabes (Irak, Syrie, Égypte). L'habileté du roi Hussein permet d'assurer la survie du régime hachémite et l'inscription durable de la Jordanie dans le contexte régional. Deux événements constituent des étapes significatives dans l'histoire du pays : la fin des prétentions jordaniennes sur la Cisjordanie avec la rupture, le 31 juillet […]
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