5. De nouvelles options (1982-1988)
• La fin du « Royaume arabe uni »
Le 11 août, le roi Hussein fête ses trente ans de présence sur le trône. Ce trentième anniversaire est toutefois assombri par les développements de l'invasion israélienne au Liban et la poursuite de la guerre entre l'Irak et l'Iran. À Amman, on déplore l'absence de consensus arabe qui rend la Jordanie plus vulnérable aux pressions extérieures, au moment où Israël brandit, de nouveau, l'épouvantail d'une « patrie de rechange pour les Palestiniens » à l'est du Jourdain. Le « plan Reagan » du 1er septembre 1982 – en faveur d'un « autogouvernement des Palestiniens de Cisjordanie et de la bande de Gaza, en association avec la Jordanie – y est pourtant bien accueilli, même s'il est jugé peu crédible dans la mesure où, notamment, l'exclusion de l'Union soviétique du processus de règlement en réduit, au départ, les chances de succès. Le roi Hussein, qui ne néglige pas non plus de se rendre à Moscou (juin 1982), considère que les Soviétiques, parce qu'ils ont été écartés de la région par les Américains, ont eu tendance à jouer la carte de certains régimes locaux (la Syrie), alors qu'il est d'une importance vitale qu'un dialogue s'instaure entre les deux superpuissances pour définir une approche commune. Pour avoir bien connu les inconvénients d'une mise à l'écart du monde arabe, de 1970 à 1974, la Jordanie n'est donc pas prête à suivre l'exemple de l'Égypte, d'autant qu'il lui faut prendre en considération la revendication palestinienne de la majorité de sa population. Et parce qu'il constate, sur le terrain proche-oriental, les faiblesses de la diplomatie américaine (même armée, comme au Liban), le roi Hussein n'est pas davantage disposé à suivre son sillage. Autant de contraintes que d'expériences qui expliquent – et justifient – la démarche assez particulière que va tenter le souverain hachémite.
Une union jordano-palestinienne
Après avoir participé au sommet arabe de Fès (6-9 sept. 1982), le roi Hussein suggère, à Amman (20 sept. […]
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