Venant de l'expression arabe « Badiya al-Ch'am », le désert de Syrie, la Chamiyé recouvre une entité géographique assez imprécise du Moyen-Orient. Domaine des populations nomades, elle s'oppose au Croissant Fertile, domaine de l'occupation agricole sédentaire. Aussi ses limites ont-elles beaucoup varié au cours de l'histoire en fonction de l'avance ou du recul des sédentaires. À l'époque de sa plus grande extension (xviiie s.), la Chamiyé avait pour limites : à l'ouest, le fossé de la mer Morte et du Jourdain, l'Hermon et l'Anti-Liban, le djebel Alaouite ; au nord, la plaine cultivée d'Alep ; au nord-est et à l'est, la vallée de l'Euphrate qui sépare la Chamiyé de la Djézireh, son prolongement naturel ; enfin au sud, sa limite correspondait à l'escarpement plus ou moins continu qui domine le désert du Nefoud en Arabie. Ainsi définie, la Chamiyé s'étend sur la Syrie, l'Irak, la Jordanie et l'Arabie Saoudite, dans des zones qui reçoivent moins de 350 millimètres de précipitations ; mais la reconquête sédentaire a épaissi la zone cultivée (ou Mamoura), à la périphérie occidentale et la Badiya al-Ch'am s'est réduite à la zone recevant moins de 200 millimètres de […]
