L'histoire des États-Unis est celle – assez improbable – de treize colonies anglaises coincées au xviiie siècle entre la côte atlantique et les hauteurs des Appalaches, devenues quelque deux cents ans plus tard la plus grande puissance mondiale.
Le continent nord-américain est abordé par les puissances européennes à partir de la fin du xvie siècle. Au sud, les Espagnols, au nord-est les Français, à l'est les Anglais et les Hollandais, à l'ouest les Russes ; tous se taillent des empires en s'alliant avec les tribus indiennes. Le territoire est exploré peu à peu, et les luttes pour la maîtrise des ressources naturelles, dont le commerce des fourrures, aboutissent à la victoire des Anglais avec l'expulsion des Hollandais en 1664 et la fin de la Nouvelle-France en 1763 après la guerre de Sept Ans.
La vulnérabilité de l'empire britannique vient de l'intérieur. S'insurgeant contre l'imposition de taxes par la métropole, les colons proclament le 4 juillet 1776 leur indépendance, qu'ils obtiennent en 1783, après une guerre menée avec l'aide des Français. C'est une guerre d'indépendance plus qu'une révolution. Les treize colonies de la côte est, devenues les treize États unis, se séparent du Canada resté loyal à l'Angleterre, se dotent d'une Constitution démocratique en 1787 et commencent un essor territorial qui les conduit aux rives du Mississippi puis, en 1803, à la Louisiane qu'ils achètent aux Français et, en 1848, à l'annexion des États du Sud-Ouest après la guerre menée contre le Mexique.
La théorie, exprimée en 1845, d'une « destinée manifeste » qui leur donne pour mission de propager leur système politique d'un océan à l'autre soutient et justifie l'expansion aux dépens des tribus indiennes et du Mexique. Les États fondateurs impriment fortement leur marque sur les institutions et la culture. Le fédéralisme offre cependant une certaine autonomie aux États et, jusqu'en 1865, la fiction d'une possible séparation. Au milieu du xixe siècle, trois ensembles se distinguent : le N […]
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