Pays densément peuplé au cœur de l'Europe du nord-ouest, traversé par d'énormes flux de circulation, la Belgique présente une variété de milieux assez exceptionnelle pour une surface aussi restreinte : extrémité de la grande plaine germano-polonaise, bas plateaux limoneux, massif ancien, bordure du bassin sédimentaire parisien. Cette diversité a inspiré les géographies classiques du pays, développées à une époque où l'attention était surtout portée sur le monde rural. Mais aujourd'hui, dans un pays très largement urbanisé ou rurbanisé, on ne peut plus aborder la géographie de la Belgique sans faire référence à la division – qui tend à s'approfondir – entre les deux communautés linguistiques (voire trois, si on prend en compte la petite minorité germanophone). La superposition des clivages communautaires et des différences dans les comportements politiques et les dynamiques économiques entre le nord et le sud du pays posent des questions fondamentales quant au devenir même de l'État belge.
1. Le cadre géographique
• Un petit pays densément peuplé
Avec 10,8 millions d'habitants en 2010 sur un peu plus de 30 000 km2, la Belgique est le deuxième pays le plus dense d'Europe, après les Pays-Bas. La région flamande (13 522 km2), au nord, et Bruxelles (161 km2) rassemblent 68 p. 100 de la population sur 45 p. 100 du territoire (497 hab./km2), alors que la région wallonne (16 844 km2), au sud, ne compte que 208 hab./km2. Le pays est au contact, d'une part, des fortes densités et des armatures urbaines serrées de l'Europe rhénane, et, d'autre part, des zones moins peuplées de l'intérieur de la France qui se terminent dans le sud-est de la Belgique.
60 p. 100 des Belges sont néerlandophones ; ceux-ci sont localisés dans le nord du pays. Les 40 p. 100 de francophones se trouvent dans le sud du pays et à Bruxelles. La très grande majorité – de l'ordre des neuf dixièmes – de la population bruxelloise utilise le français. De plu […]
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