2. La formation de l'espace économique
Alors qu'au xixe siècle la Wallonie fut un foyer majeur, et très précoce, de la révolution industrielle sur le continent européen, tandis que la Flandre subissait une forte crise économique, la situation s'est inversée après la Seconde Guerre mondiale. La Wallonie, avec la fermeture des charbonnages, a perdu de larges pans de son industrie lourde et souffre d'une faible diversification de son secteur des services, alors que la Flandre s'appuie sur une forte croissance industrielle durant la seconde moitié du xxe siècle. Et au centre du pays, l'économie de la Région de Bruxelles-Capitale, qui est devenue un pôle de services majeur au niveau européen, se diffuse sur une vaste aire périphérique, dans les Régions flamande et wallonne.
• Les héritages proto-industriels et la révolution industrielle
Au moment de l'indépendance, en 1830, la carte économique de la Belgique est encore très semblable à celle du Moyen Âge et des Temps modernes : fortes densités et intensité de l'urbanisation dans le triangle Bruxelles-Louvain-Anvers et en Flandre intérieure, où les villes encadrent une proto-industrie rurale linière. Cette dernière s'effondre dans les années 1840 à cause de la concurrence anglaise et du désintérêt de la part du grand capital belge, qui se tourne vers le charbon et l'industrie lourde. Cela précipite la Flandre dans une crise durable. Toutefois, l'industrie du coton est apparue à Gand à partir du début du xixe siècle, tandis que l'industrie de la laine se développe dans la région de Verviers.
C'est le sillon wallon qui fut le lieu principal d'une révolution industrielle précoce, associant le charbon et la métallurgie lourde. L'extraction artisanale de la houille, qui remonte au Moyen Âge, était complétée par un artisanat métallurgique (clouterie dans la région de Charleroi, armurerie à Liège, etc.) ou par la verrerie (autour de Charleroi). À partir du début du xixe siècle, la grande indus […]
… pour nos abonnés, l'article se prolonge sur 10 pages…



