4. Le Moyen Âge occidental
La chute de l'Empire romain et les invasions du début du ve siècle amenèrent une sorte de rupture, pour la première fois, dans cette vaste communauté de la verrerie antique. À partir de ce moment, les verreries de Gaule, de Rhénanie, de Grande-Bretagne principalement vont se faire connaître par une production spécifique dans laquelle on a voulu voir une dégénérescence : la matière est souvent plus translucide que transparente, tachée de traînées violettes dues au manganèse ; le répertoire des formes est extrêmement réduit et ne dépasse pas la quinzaine ; les décors sont obtenus par des méthodes primitives.
Cette verrerie est caractérisée par des bols arrondis mais surtout par des gobelets coniques en forme de cornets apodes ou à très petit pied ; en forme de clochettes à fond arrondi, parfois avec un bouton symbolisant l'amorce d'une tige ; ou encore en forme de cornes à boire. De cette époque datent aussi les Rüsselbecher, ou vases à larmes, verres portant sur la panse des excroissances creuses en forme de trompe (France, Angleterre, Allemagne), chefs-d'œuvre d'une technique verrière avancée encore active au viiie siècle. Quant à la décoration, elle est faite surtout de filets appliqués, de cabochons, de larmes, de festons, en verre blanc ou de couleur, ou en émail blanc plus ou moins intégrés dans la pâte.
Ces objets ont été trouvés en nombre assez important dans les tombes franques ou mérovingiennes, particulièrement en Allemagne occidentale, dans le nord de la France, en Belgique, en Angleterre, en Scandinavie où le mobilier funéraire est resté plus longtemps à l'abri, de nouvelles prescriptions chrétiennes interdisant la présence d'objets d'usage domestique dans les tombes. Cette interdiction paraît avoir été strictement appliquée aux époques romane et gothique, faisant disparaître désormais la verrerie de son refuge privilégié.
La verrerie a laissé pourtant ailleurs des traces de survie : ainsi, dans la littérature contemporaine, un manuscrit conservé a […]
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