Dessinateur, peintre, graveur et architecte allemand, Albrecht Altdorfer est né vers 1480 ; il est mort à Ratisbonne en 1538. Sa plaque tombale le désigne comme architecte (Baumeister), mais son activité dans ce domaine ne nous est connue que par des mentions d'archives concernant des travaux utilitaires qu'il aurait dirigés à la fin de sa vie. Il acquit le droit de bourgeoisie à Ratisbonne en 1505, un an avant les premières œuvres datées que l'on conserve de lui, et il appartenait probablement à une famille de cette ville. Il y exerça de hautes fonctions et fut même appelé en 1528 à la charge de bourgmestre, qu'il refusa parce qu'il devait achever un tableau pour le duc de Bavière. À sa mort, il jouissait d'une fortune non négligeable. Outre des biens immobiliers, il possédait une collection dans laquelle figuraient des pièces antiques, témoins d'un intérêt qui le rapproche de l'esprit humaniste.
1. Un milieu humaniste
La ville de Ratisbonne souffrait au xvie siècle d'un déclin économique et politique, mais le souvenir de son ancien éclat intellectuel se maintenait dans le milieu des humanistes. Pourtant, le nom d'Altdorfer n'apparaît sous la plume d'aucun d'entre eux, au contraire de ceux de Cranach, de Baldung ou de Matthias d'Aschaffenbourg (Grünewald), sans parler de celui de Dürer. Cette absence est d'autant plus surprenante qu'il collabora lui aussi aux travaux de propagande par l'image commandés dans la deuxième décennie du siècle par l'empereur Maximilien Ier : Altdorfer peignit en effet à l'aquarelle une partie des planches du Cortège triomphal, donna les dessins pour plusieurs des gravures sur bois qui composent sa Porte triomphale et dessina une partie des marges de son Livre d'heures, après avoir illustré de dessins aquarellés le manuscrit de la Vita Frederici et Maximiliani rédigée par un humaniste de Ratisbonne, Grünpeck.
Altdorfer appartient donc à la pléiade d'artistes qui firent du début du xvie siècle l'âge d'or de la peinture allemande. Longtemps considéré, au cours du xixe
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