WU ZHEN [WOU TCHEN] (1280-1354)

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Pour pacifier et réunifier la Chine, plus de soixante-dix ans de guerre auront été nécessaires à Gengis-khan et à ses héritiers. Trois quarts de siècle de désordres et de destructions mettaient le pays au bord de la ruine. Seules structures encore solides, les Églises bouddhique et taoïste accueillirent alors des milliers de Chinois. Entrer dans les ordres constituait souvent l'unique échappatoire à l'esclavage ou au massacre par les troupes mongoles.

Dans le désastre politique et l'anéantissement des institutions, la remise en question des valeurs traditionnelles ne pouvait qu'être profonde. L'idéal Song du peintre-lettré, fonctionnaire de l'État et amateur d'art, volait en éclats. Les artistes chinois formés pour le service public se trouvaient pour la première fois marginalisés : le régime de discrimination ethnique institué par les Mongols et leur profonde défiance envers les Chinois du Sud qui se soumirent les derniers interdisaient pratiquement à ceux-ci l'entrée dans la carrière bureaucratique. Le système des examens avait d'ailleurs été supprimé, corruption et népotisme régnaient dans l'administration. Dans ces circonstances, les lettrés n'avaient en général d'autre choix que de quitter la vie publique et les auteurs postérieurs les appelèrent lettrés-retirés. Nombre d'entre eux se réfugièrent dans les professions de médecin ou de devin, proches du taoïsme ; ainsi Wu Zhen qui vécut du métier d'astrologue.

Le Taoïste des fleurs de prunier

Wu Zhen, dont le prénom officiel fut Zhonggui et le surnom Meihua Daoren (« le Taoïste des fleurs de prunier »), naquit à Weitang, près de Jiaxing, riche cité à mi-distance de Suzhou et de Hangzhou. Les mentions de Wu Zhen dans les sources des xive et xve siècles sont fort rares. Quelques documents échelonnés à partir de la fin du xvie siècle, souvent œuvres de lettrés de la région de Jiaxing, auxquels s'ajoutent de brèves notices dans des monographies locales et un recueil littéraire du maître compilé au xviie siècle (Meidaoren yimo), sont impuissants à retracer le déroulement de la vie de [...]

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Écrit par :

  • : chargée de recherche au C.N.R.S., directrice du programme Religion et société en Chine au Groupe de sociologie des religions et de la laïcité

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CHINOISE CIVILISATION - Les arts

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Dans le chapitre « La peinture comme évasion spirituelle »  : […] L'époque Yuan, bien que relativement brève, est d'une importance considérable pour la peinture, qui connaît alors un tournant décisif. En rupture complète avec la peinture des Song du Sud, une esthétique nouvelle s'élabore, et son influence sera déterminante sur les époques Ming et Qing. L'occupation mongole voue à l'inactivité d'une retraite volontaire toute une partie de l'élite lettrée, pour qu […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/chinoise-civilisation-les-arts/#i_47662

WANG MENG (1308 env.-1385)

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  • Caroline GYSS
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Quatre grands peintres du xiv e  siècle ont été choisis par les auteurs de la postérité comme les meilleurs représentants de la profonde mutation artistique survenue sous les Yuan, et réunis sous le vocable de « Quatre grands maîtres Yuan ». Ce choix est le fruit d'une longue élaboration qui, au cours du xv […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/wang-meng-1308-env-1385/#i_47662

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Pour citer l’article

Caroline GYSS, « WU ZHEN [WOU TCHEN] (1280-1354) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 juillet 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/wu-zhen-wou-tchen/