ULM

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La ville d'Ulm s'étend sur la rive gauche du Danube ; elle fait partie aujourd'hui du Wurtemberg à la limite de la Bavière. Au xive siècle, son statut de ville libre au sein de l'Empire lui permit de développer un commerce florissant. En 1397, son bourgmestre et les représentants des principales corporations jurèrent de respecter et de faire respecter les constitutions de la ville dans la maison du Serment, détruite au cours de la Seconde Guerre mondiale et rétablie depuis. La vieille ville conserve la trace des embellissements dus aux bourgeois marchands de la fin du Moyen Âge. Elle est dominée par son église, aujourd'hui temple protestant, conçue aux dimensions d'une cathédrale, peut-être dans le dessein d'obtenir un siège épiscopal, comme ce fut le cas à la même époque pour Saint-Étienne de Vienne. Une partie de l'enceinte du xive siècle, avec la tour du Boucher, demeure debout le long du Danube. Le vieux quartier des pêcheurs et des tanneurs est fait des maisons serrées à hauts pignons et toits pointus. Trois anciennes maisons mitoyennes ont été restaurées pour abriter les collections du musée municipal. De nombreuses fontaines égaIent les rues, les places, et les cours. Celle du Vivier, œuvre de Jörg Syrlin le Vieux, sculpteur de la ville à la fin du xve siècle, s'élève devant l'hôtel de ville, tandis que celle de Saint-Christophe, du même auteur, a été déposée au musée. Les autres fontaines, celle de Hildegarde, celle des Lions, celle de Saint-Georges, celle des Dauphins, datent de la Renaissance. C'est aussi à cette époque que fut construit, dans un style encore en partie flamboyant, l'hôtel de ville, incendié en 1944. Il a été restauré avec son balcon orné au premier étage, et l'horloge astronomique du xvie siècle y a repris sa place. Heureusement, l'église a été épargnée. La première pierre de cet édifice, qui ne devait être qu'une église paroissiale, fut posée en 1377. Les Parler, qui dirigeaient de nombreux chantiers en Allemagne du Sud et en Bohême, avaient prévu une église-halle d'un type assez courant en Allemagne, mais, quelques années plus tard, on décida de modifier le projet primitif pour construire un édifice gigantesque, le plus vaste d'Allemagne après la cathédrale de Cologne, et on fit appel à Ulrich d'Ensingen, qui avait travaillé sur le chantier de la cathédrale de Milan. De 1392 à 1399, Ulrich transforma l'élévation de l'église en surhaussant le vaisseau de la nef et planta les fondations d'une énorme tour occidentale qui devait tenir lieu de façade. Il partit ensuite pour Strasbourg travailler à la façade de la cathédrale. Matthias Boblinger lui succéda et éleva la tour d'Ulm jusqu'au niveau de la plate-forme, à 76 mètres de hauteur. La flèche, qu'il avait projetée pour atteindre 161 mètres, ne fut construite qu'au milieu du xixe siècle. Peu après 1500, Burkardt Engelberg d'Augsbourg divisa les bas-côtés de la nef, qui eut désormais cinq vaisseaux. Entre-temps, le portail occidental avait été décoré de statues, avec, au trumeau, un Christ en « homme de douleur » sculpté par Hans Multscher en 1429. Schulin peignit un Jugement dernier, en 1470, sur l'arc triomphal à l'entrée du chœur, qui est moins élevé que la nef et que flanquent deux tours. Jörg Syrlin le Vieux fit les fonts baptismaux et sculpta entre 1469 et 1474 les stalles en bois, dont les figures des hommes illustres de l'Antiquité (Ptolémée, Pythagore...) et du christianisme annoncent la Renaissance. On lui attribue aussi le tabernacle de pierre (1462-1471) qui se dresse à l'entrée du chœur et qui, avec la chaire monumentale, complète cet ensemble de l'art gothique tardif.

Allemagne : carte administrative

Carte : Allemagne : carte administrative

Carte administrative de l'Allemagne. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher l'atlas

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université Paris-IV

Classification

Autres références

«  ULM  » est également traité dans :

ACKER HANS (actif entre 1413 et 1461)

  • Écrit par 
  • Louis GRODECKI
  •  • 290 mots

Peintre-verrier et peintre d'origine allemande, dont l'activité se déroule dans la ville d'Ulm ; dans un compte de 1441, à Berne, Hans Acker est nommé Hans von Ulm. Les seules œuvres authentifiées par des textes se trouvent à la cathédrale de Berne : la Passion de la fenêtre centrale du chevet et, mal conservés, des panneaux de la fenêtre occidentale de la nef. On retrouve à la cathédrale d'Ulm, […] Lire la suite

BADE-WURTEMBERG

  • Écrit par 
  • Hélène ROTH
  •  • 1 502 mots
  •  • 1 média

Situé au sud-ouest de l’ Allemagne , le Bade-Wurtemberg (Baden-Württemberg en allemand) est le troisième Land allemand par la taille et par la population  : il comptait 11 millions d’habitants en 2017, pour une superficie de 35 748 kilomètres carrés. Entre France, Suisse et Bavière, le Land bénéficie de son positionnement au cœur de la dorsale européenne, dont il constitue un des principaux moteur […] Lire la suite

MULTSCHER HANS (1400 env.-env. 1467)

  • Écrit par 
  • Pierre VAISSE
  •  • 670 mots

Sculpteur sur pierre et sur bois d'Allemagne du Sud, Hans Multscher fut peut-être aussi peintre. En 1427, il a acquis dans la ville d'Ulm le droit de bourgeoisie. Il y jouit d'une situation particulière, intermédiaire entre le patriciat et les corporations d'artisans ; il a reçu le privilège d'exercer son métier librement, sans entrer ni dans la corporation des sculpteurs, ni dans l'organisation d […] Lire la suite

SYRLIN JÖRG, dit L'ANCIEN (1425 env.-1491)

  • Écrit par 
  • Victor BEYER
  •  • 479 mots

Sculpteur sur bois. On sait par les textes que Jörg Syrlin l'Ancien fut actif à Ulm (Souabe) de 1449 à 1491. On ne connaît rien de ses origines et on ignore presque tout de sa vie ; sur son fils, Jörg le Jeune, sculpteur comme lui, les renseignements ne sont pas plus abondants : né vers 1455, il disparaît après son retour de Vienne en 1523. Les œuvres, au contraire, sont plus éloquentes, bien que […] Lire la suite

ULM ÉCOLE D'(1953-1968)

  • Écrit par 
  • Axelle FARIAT
  •  • 928 mots

Après la Seconde Guerre mondiale, la ville d’Ulm fait partie de la zone d’occupation américaine en Allemagne. Dès le début 1945, un cercle d’intellectuels cherche un moyen de redonner espoir à une société dans un état de grand désarroi après douze années de national-socialisme. Afin de participer à la reconstruction du pays, Inge Scholl, Otl Aicher et l’écrivain Hans Werner Richter décident de fo […] Lire la suite

Les derniers événements

4-29 octobre 1983 O.T.A.N. – Europe de l'Est. Enlisement des négociations Est-Ouest et manifestations pacifistes à propos des armements nucléaires

En Allemagne fédérale, elles rassemblent plus de 700 000 personnes, en particulier à Bonn, Hambourg et Stuttgart, où une chaîne humaine de plus de cent kilomètres relie cette dernière ville à Neu-Ulm. 500 000 personnes sont réunies à Rome, 230 000 à Londres, 200 000 à Bruxelles, 100 000 à Madrid et dans d'autres villes d'Europe. À peine 30 000 personnes manifestent à Paris, les unes sous la bannière du Mouvement de la paix, avec le soutien du P. […] Lire la suite

Pour citer l’article

Anne PRACHE, « ULM », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/ulm/