TRISTAN L'HERMITE FRANÇOIS L'HERMITE dit (1601-1655)

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Après une jeunesse errante et aventureuse qu'il a racontée — ou plutôt romancée — dans un récit curieux et attachant, Le Page disgracié (1642), Tristan l'Hermite entre vers 1621 au service de Gaston d'Orléans, frère de Louis XIII, qu'il quittera vingt-cinq ans plus tard pour suivre le duc de Guise. Il mourra pauvre et désenchanté, regrettant ses années de vaine servitude.

Il fait représenter en 1636 une tragédie régulière, remarquable par la puissance dramatique et la majesté du ton, Marianne : le succès de cette pièce, dont l'héroïne est déjà cornélienne, balance celui du Cid joué la même année. D'autres pièces suivent : La Folie du Sage (1642), une tragi-comédie ; des tragédies où l'on retrouve la même simplicité, la même tension, la même noblesse, notamment La Mort de Sénèque (1644), La Mort de Crispe (1644 ou 1645), Osman (1645 ou 1646) ; une pastorale inspirée de Rotrou, Amarillis (1652) ; une comédie, Le Parasite (1654). Si l'œuvre dramatique de Tristan est vivement applaudie, son œuvre poétique est moins bien connue de ses contemporains. C'est qu'il se tient à l'écart des groupes littéraires (ce qui ne l'empêchera pas d'être élu à l'Académie française en 1649) et des modes (même si, vers la fin de sa vie, il se laisse entraîner par la vogue du burlesque et celle de la poésie galante). Et pourtant, les recueils qu'il publie : Les Plaintes d'Acante (1633), Les Amours (1638), où l'on trouve le fameux « Promenoir des deux amants », La Lyre (1641) — et plus tard un volume d'éloges de Grands, Les Vers héroïques (1648) — font de lui l'un des poètes lyriques les plus importants de son temps. Artiste au registre étendu — poésie élégiaque, poésie encomiastique, poésie descriptive (la première pièce qu'il a fait paraître, La Mer, est, à l'époque, la plus belle réussite du genre) —, sensible à la beauté des formes et à celle de la nature, attentif à la musique du vers, il sait varier savamment strophes et mètres, créer des images neuves et séduisantes, trouver des expressions d'un raffinement et d'une subtilité extrêmes : ses poèmes, aujourd'hui encore, frappent par leur noblesse ou charment par leur grâce rêveuse et inquiète.

—  Bernard CROQUETTE

Écrit par :

  • : agrégé de l'Université, maître assistant à l'université de Paris-VII

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Pour citer l’article

Bernard CROQUETTE, « TRISTAN L'HERMITE FRANÇOIS L'HERMITE dit (1601-1655) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 06 décembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/tristan-l-hermite/