SYSTÈME, épistémologie

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

La théorie des systèmes

La théorie des systèmes s'efforce d'établir le cadre le plus général à l'intérieur duquel on peut étudier le comportement d'une entité complexe analysable, c'est-à-dire son évolution au cours du temps. Les objets dont s'occupe directement cette théorie sont des entités abstraites, les systèmes. Pour que la théorie puisse être effectivement utilisée, il faut qu'une certaine correspondance soit établie entre un système et le type d'objet étudié (corps matériel, ensemble de corps liés d'une manière plus ou moins rigide, être vivant, société d'êtres vivants, etc.). Deux problèmes se posent donc au niveau épistémologique : celui de la caractérisation interne de la théorie et celui des conditions de son utilisation.

La théorie proprement dite

Un système est un objet complexe, formé de composants distincts reliés entre eux par un certain nombre de relations. Les composants sont considérés comme des sous-systèmes, ce qui signifie qu'ils entrent dans la même catégorie d'entités que les ensembles auxquels ils appartiennent. Un sous-système peut être décomposé à son tour en sous-systèmes d'ordre inférieur ou être traité (au moins provisoirement) comme un système indécomposable, c'est-à-dire comme un système réduit à un seul élément. L'idée essentielle est que le système possède un degré de complexité plus grand que ses parties, autrement dit qu'il possède des propriétés irréductibles à celles de ses composants. Cette irréductibilité doit être attribuée à la présence des relations qui unissent les composants. On pourra donc parler à ce propos de relations définissantes. Les propriétés globales les plus intéressantes d'un système sont celles qui ont trait à son comportement évolutif. On suppose que l'évolution d'un système est conditionnée à la fois par les modifications internes qui peuvent affecter les composants ou les relations définissantes et par les interactions qui peuvent s'établir entre le système et son environnement. Au cours de son évolution, un système peut conserver une certaine stabilité ; il peut aussi [...]


1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 7 pages





Écrit par :

  • : professeur émérite à l'université catholique de Louvain (Belgique)

Classification


Autres références

«  SYSTÈME, épistémologie  » est également traité dans :

ABSOLU

  • Écrit par 
  • Claude BRUAIRE
  •  • 4 206 mots

Dans le chapitre « L'absolu est système »  : […] Ainsi semble recouvrée la signification positive du concept. Si, en soi et en droit, le tout systématique est unique, un et exclusif, comme l'exige la signification négative, c'est qu'il est comme un discours saturé, achevé, sans auteur ni au-delà, où tout est dit, effectivement, réellement, bien qu'il soit dérobé à l'individu, à sa conscience où s'entretient l'illusion d'une souveraine liberté. […] Lire la suite

ANALOGIE

  • Écrit par 
  • Pierre DELATTRE, 
  • Alain de LIBERA
  • , Universalis
  •  • 10 454 mots

Dans le chapitre « Une équivalence partielle »  : […] Dans son acception ancienne, venue des mathématiques, l'analogie était une identité de proportions, de rapports. Si a / b = c / d , on peut dire que a est à b ce que c est à d. Ainsi, deux objets dont certaines dimensions homologues sont dans le même rapport peuvent être dits, en vertu de cette définition, analogues. Le fait que les grandeurs à comparer doivent être homologues n'est pas sans impo […] Lire la suite

ANTIQUITÉ - Naissance de la philosophie

  • Écrit par 
  • Pierre AUBENQUE
  •  • 11 115 mots
  •  • 8 médias

Dans le chapitre « Les philosophies hellénistiques »  : […] La mort d'Aristote (322), qui suit d'un an celle d'Alexandre, marque une coupure, au moins relative, dans l'histoire de la philosophie grecque. Le platonisme classique et, à un moindre degré ou avec moins de succès, l'aristotélisme tendaient à l'unité de la théorie et de la pratique : la vision des essences est la condition de l'action droite et, en particulier, de la politique juste. À la fin du […] Lire la suite

ARCHITECTURE (Thèmes généraux) - Architecture et philosophie

  • Écrit par 
  • Daniel CHARLES
  •  • 5 451 mots

Dans le chapitre « L'architecture des philosophies, de Platon à Hegel »  : […] Le premier volet de notre enquête nous a révélé la fragilité de l'union des deux mots, archè et tektonikos , qui composent l'« architecture » en elle-même : vécue « de l'intérieur », dans la mémoire de la langue. Et donc posée comme susceptible de susciter sa propre philosophie. Mais qu'en pensent les philosophes ? L'investigation doit ici, semble-t-il, se dédoubler. D'une part, il existe des phi […] Lire la suite

AVENARIUS RICHARD (1843-1896)

  • Écrit par 
  • Pierre KAUFMANN
  •  • 854 mots

Philosophe allemand, né à Paris, Richard Avenarius enseigna à Zurich de 1877 à sa mort, et prit part à la création du Cercle académico-philosophique de Leipzig. Bien qu'il se soit inscrit dans l'histoire des idées comme l'un des fondateurs en 1877 du Vierteljahrschrift für Wissenschaftliche Philosophie ( Revue de philosophie scientifique ), auquel Ernst Mach s'est trouvé associé après sa mort, la […] Lire la suite

CAUSALITÉ

  • Écrit par 
  • Raymond BOUDON, 
  • Marie GAUTIER, 
  • Bertrand SAINT-SERNIN
  •  • 12 999 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Le principe de causalité dans la physique classique »  : […] Schématiquement, c'est la forme de la trajectoire des astres (planètes, Soleil, étoiles) qui est le premier objet de la physique mathématique. Cette description du déplacement des planètes culmine dans l'œuvre de Ptolémée et, quatorze siècles plus tard, de Copernic. L'astronomie ne formule pas d'hypothèse sur la nature des astres ni sur les causes de leur mouvement : elle en étudie la forme et la […] Lire la suite

COMTE AUGUSTE (1798-1857)

  • Écrit par 
  • Bernard GUILLEMAIN
  •  • 9 458 mots
  •  • 1 média

En ouvrant la conclusion totale du Système de politique positive , Auguste Comte distingue dans sa vie intellectuelle deux carrières. Dans la première, qui correspond à peu près à l'élaboration du Cours de philosophie positive , il s'est efforcé de transformer la science en philosophie. Dans la seconde, il a travaillé à transformer la philosophie en religion. Le lien serait fourni par le Cours d […] Lire la suite

DÉTERMINISME

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 9 720 mots

Dans le chapitre « Atomes, forces, univers »  : […] Dans sa forme classique, la théorie mécanique comporte la définition de trois concepts : la description de l'état instantané d'un système de points matériels, la loi du mouvement (sous forme intégrale ou sous forme différentielle), et la nature des forces qui s'exercent sur le système. Pour déterminer l'état mécanique d'un système de points matériels à un instant donné, il faut en caractériser la […] Lire la suite

ÉPISTÉMOLOGIE

  • Écrit par 
  • Gilles Gaston GRANGER
  •  • 13 082 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « L'épistémologie « post-russellienne » »  : […] Bertrand Russell est probablement le philosophe contemporain qui a le plus vigoureusement mis en vedette de nouveaux thèmes épistémologiques et celui qui a donné le branle à des interrogations et à des critiques qui continuent d'en féconder le champ. L'idée dominante est ici celle d'un rationalisme du langage, par opposition au rationalisme de la perception qui était au cœur de l'épistémologie ka […] Lire la suite

ÉQUILIBRE

  • Écrit par 
  • Alain DELAUNAY
  •  • 1 025 mots

La notion d'équilibre a une puissance heuristique exceptionnelle. Il n'est pas de régions d'objectivité où elle ne se retrouve. Si elle joue un rôle fondamental dans l'ensemble des sciences de la nature, elle est aussi centrale dans les sciences sociales. Bien plus, il se peut qu'elle constitue l'objet propre, tant des savoirs portant sur les normes (depuis la gymnastique jusqu'à la médecine ou à […] Lire la suite

FORMALISME

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 5 002 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « La notion de système formel »  : […] La notion de système formel résulte finalement de la combinaison des deux courants, logiciste et formaliste, et peut être utilisée à titre de concept mathématique, de façon relativement indépendante des intentions philosophiques initiales. On définit un système formel (ou théorie formalisée) en donnant une série de conditions. […] Lire la suite

FORME

  • Écrit par 
  • Jean PETITOT
  •  • 27 547 mots

Dans le chapitre « Morphogenèse biologique et structuralisme »  : […] Le problème de la forme est évidemment particulièrement critique en biologie. C'est même l'écart apparemment irréductible entre la physique classique et les énigmes de l'embryogenèse qui ont conduit nombre d'éminents biologistes du xix e  siècle au vitalisme spéculatif. Il est donc nécessaire de faire quelques brèves remarques épistémologiques à ce sujet. Actuellement, on considère que le néo-darw […] Lire la suite

GÉOGRAPHIE

  • Écrit par 
  • Dominique CROZAT, 
  • Jean DRESCH, 
  • Pierre GEORGE, 
  • Philippe PINCHEMEL, 
  • Céline ROZENBLAT, 
  • Jean-Paul VOLLE
  •  • 20 424 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Géographie systémique »  : […] La est née de la nécessité de développer une science de l'espace géographique qui s'intéresse davantage au général qu'au particulier et à l'explication qu'à la description. Dans les années 1950, face à une géographie « classique » jugée trop descriptive, « très engagée dans un inventaire de la surface de la terre, occupée à dresser le catalogue raisonné de tous les objets qui l'occupent » (Phili […] Lire la suite

INTELLIGENCE

  • Écrit par 
  • Jean-François RICHARD
  •  • 6 577 mots

Dans le chapitre « Le raisonnement et la construction de systèmes formels »  : […] L'homme construit des systèmes matériels qui fournissent la solution à un certain nombre de problèmes. Ainsi, ayant à lever un poids à une hauteur trop grande pour qu'il puisse y parvenir en le soulevant, il utilise une poulie qui transforme une traction vers le bas en une traction vers le haut. Dans ce système, on peut voir immédiatement si la solution proposée est valide ou non : il suffit de vé […] Lire la suite

LUHMANN NIKLAS (1927-1998)

  • Écrit par 
  • Jean CLAM
  •  • 1 026 mots

Niklas Luhmann est l'auteur d'une œuvre immense, qui en fait le sociologue le plus fécond, le plus original et le plus influent de l'Allemagne contemporaine. Elle comprend une quarantaine d'ouvrages et plus de trois cents articles qui couvrent tous les champs de la théorie sociologique. Alors que dans le monde anglo-saxon la diffusion de la pensée de Luhmann est largement engagée, elle commence à […] Lire la suite

MARXISME - Le matérialisme dialectique

  • Écrit par 
  • Étienne BALIBAR, 
  • Pierre MACHEREY
  •  • 6 386 mots
  •  • 2 médias

Dans le chapitre « Hegel et Marx »  : […] Cette question se trouve en quelque sorte résumée dans celle du rapport de Hegel à Marx. En effet, la philosophie de Hegel rassemble toutes les philosophies qui l'ont précédée et les présente sous la forme d'une histoire de la philosophie. L'écart qui sépare Marx de Hegel permet donc de mesurer celui qui sépare le matérialisme dialectique de toutes les autres philosophies : il permet aussi de mesu […] Lire la suite

MÉTALOGIQUE

  • Écrit par 
  • Françoise ARMENGAUD
  •  • 422 mots

Étude des propriétés des systèmes logiques. Une fois construit comme système, un formalisme peut lui-même devenir objet d'étude. Les propriétés les plus importantes des systèmes formels sont les suivantes : tout d'abord, dans l'ensemble des formules constructibles dans un système, il en est qui ne sont pas démontrables et le système est dit cohérent ; au cas où ce système comporte l'opérateur de n […] Lire la suite

MÉTAPHYSIQUE

  • Écrit par 
  • Ferdinand ALQUIÉ
  •  • 9 360 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Métaphysique et systèmes »  : […] Il faut d'abord en convenir : dans la mesure où elle prétend à la totalité, ou au savoir absolu, l'exigence métaphysique est en échec. Elle aboutit alors à la constitution de systèmes, et nul système n'a réussi à s'imposer. Ceux du xvii e  siècle ont engendré, chez les penseurs du siècle suivant, le scepticisme. Celui de Hegel a provoqué à la fois les protestations de Kierkegaard et les critiques […] Lire la suite

MONDE

  • Écrit par 
  • Jean LADRIÈRE
  •  • 5 934 mots

Dans le chapitre « La « mondanéité » de l'existant humain »  : […] La propriété la plus remarquable de ce champ, c'est qu'il n'est pas fini ; en d'autres termes, qu'il n'est pas simplement un système fermé, d'objets, qualifiés d'une certaine manière. Il s'étend au-delà de tous les objets effectivement repérables, et se présente comme capable d'absorber indéfiniment de nouveaux objets, sans qu'il soit possible d'assigner une limite à ce pouvoir d'absorption. Cela […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean LADRIÈRE, « SYSTÈME, épistémologie », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 mars 2020. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/systeme-epistemologie/