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SOLEIL ET SANTÉ

Après avoir été craint pendant des siècles par les « belles », fort désireuses de conserver la blancheur de leur teint, le soleil a été prisé avec les premières vacances en bordure de mer. La mode du bronzage, qui s'est développée durant les Trente Glorieuses, connaît, depuis les années 1980, un certain ralentissement. L'accumulation des données scientifiques sur les dangers des rayonnements solaires pour la peau n'y est sans doute pas totalement étrangère.

Le soleil, un rôle bénéfique

Si la tendance est à la méfiance, il ne faut pas oublier que le soleil est indispensable à la vie de l'organisme et que l'alternance jour-nuit intervient dans la régulation des rythmes biologiques. Ainsi, les psychiatres ont identifié, depuis la fin des années 1980, une forme particulière de dépression qui apparaît le plus souvent à l'automne, lors de la diminution de l'ensoleillement, chez certains sujets prédisposés. Cette maladie saisonnière peut désormais être traitée par une exposition à la lumière.

Les ultraviolets B (U.V.B.) – qui, avec les ultraviolets A (U.V.A.), les infrarouges et la lumière visible, composent le rayonnement solaire – jouent aussi un rôle important pour les organismes car ils participent à la synthèse de la vitamine D au niveau de la peau. Cette substance exerce une fonction importante dans le métabolisme du phosphore et l'absorption du calcium, phénomènes essentiels pour une bonne formation osseuse. De très faibles irradiations solaires (de 10 à 15 minutes d'exposition en milieu de journée, deux à trois fois par semaine en été) suffisent pour assurer les besoins annuels en vitamine D et éviter l'apparition du rachitisme. Cette maladie est devenue rarissime dans les pays développés depuis que l'on prescrit systématiquement une supplémentation en vitamine D aux sujets qui en ont le plus besoin, c'est-à-dire les femmes enceintes et les nourrissons. La vitamine D est par ailleurs incorporée dans les laits destinés aux nouveau-nés. En pratique, le rachitisme ne se rencontre plus guère sous nos latitudes que chez les jeunes enfants noirs des milieux défavorisés, qui n'ont pas bénéficié de ce traitement : en effet, la forte pigmentation de leur peau ralentit naturellement la synthèse de la vitamine D.

Les U.V.A. permettent de soigner certaines affections dermatologiques chroniques (puvathérapie), comme le psoriasis, le principe étant d'activer, grâce à l'application de ces rayons, les effets de médicaments de la classe des Psoralènes, administrés par voie orale. Cette méthode peut être combinée à des bains (on parle alors de balnéo-puvathérapie). La photothérapie U.V.B., à spectre plus ou moins étroit, est également utilisée par les dermatologues, en association ou non avec les U.V.A., avec ou non des Psoralènes, pour traiter d'autres affections comme le vitiligo, une forme de dépigmentation cutanée. La photothérapie est aussi appliquée couramment depuis plus de trente ans chez les nouveau-nés présentant un ictère (plus communément appelé jaunisse), soit chez 5 à 10 p. 100 des nourrissons dans les pays développés. Dans ce cas, c'est la lumière visible, bleue ou verte, qui est choisie, cette longueur d'onde permettant de dégrader la bilirubine en excès dans le sang, et par ce biais de faire disparaître l'ictère après quelques jours d'exposition.

Depuis peu, la photothérapie est utilisée expérimentalement sous différentes formes pour activer le traitement chimique de cancers d'origine variée (tumeurs bronchiques, œsophagiennes, vésicales...).

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Écrit par

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Autres références

  • ACNÉ

    • Écrit par Corinne TUTIN
    • 3 313 mots
    • 4 médias
    Enfin, le soleil est un faux ami. Dans un premier temps, l’exposition au soleil fait certes disparaître les boutons d’acné et atténue les lésions disgracieuses grâce au hâle obtenu et parce que la peau est protégée contre les rayonnements ultraviolets en s’épaississant (hyperkératinisation). Toutefois,...
  • CANCER - Cancer et santé publique

    • Écrit par Maurice TUBIANA
    • 14 762 mots
    • 8 médias
    L'expositionaux rayons solaires constitue un facteur de risque important en raison de l'effet mutagène des rayons UV. Ils causent deux types de cancer de la peau : d'une part, les cancers spino- et baso-cellulaires de la peau, qui sont très fréquents (environ 60 000 cas pas an en France) mais facilement...
  • COUP DE SOLEIL

    • Écrit par Universalis
    • 349 mots

    Un coup de soleil est une inflammation cutanée aiguë due à une surexposition aux rayons ultraviolets (U.V.) situés dans la bande passante des U.V.B. (290-320 nanomètres ; pour mémoire, 1 nanomètre est égal à 1 ×10 —9 mètre). Le soleil et la lumière artificielle (lampe à bronzer)...

  • DERMATOLOGIE

    • Écrit par Robert DEGOS
    • 4 585 mots
    • 1 média
    Les rayons lumineux naturels (soleil) ou artificiels (lampes à bronzer, photothérapie), surtout les rayons ultraviolets B (290-320 nm), déterminent des réactions cutanées de phototoxicité ou de photoallergie. Les premières sont du type « coup de soleil », allant du simple érythème ou du hâle solaire...
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Voir aussi