VEIL SIMONE (1927-2017)

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Simone Veil, 1974

Simone Veil, 1974
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Simone Veil au Parlement européen

Simone Veil au Parlement européen
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Entrée de Simone et Antoine Veil au Panthéon, 2018

Entrée de Simone et Antoine Veil au Panthéon, 2018
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Femme, ministre et européenne

En 1974, à la suite de l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République, elle est appelée dans le gouvernement de Jacques Chirac au poste de ministre de la Santé, seule femme ministre de plein droit. Elle entre ainsi en politique par le haut, par la filière de la haute administration propre à la Ve République, qui est alors quasi inaccessible aux femmes. Au-delà de ses compétences professionnelles, on peut penser que jouent également en sa faveur son statut d'ancienne déportée, ainsi que les relations de son mari. Par ailleurs, dans sa volonté de « moderniser la France », le président avait déjà en tête la préparation de la loi sur l'IVG qu'il entendait confier à une féministe convaincue et dont le profil pouvait transcender les clivages politiques partisans. Très rapidement Simone Veil s'attelle ainsi au texte de la loi sur l'avortement et devient la personnalité la plus médiatisée du gouvernement. Portée par la vigueur du mouvement féministe et soutenue par l'engagement à ses côtés de Michel Poniatowski, elle affronte les résistances et les attaques de parlementaires et de nombreux lobbies conservateurs. En seconde lecture à l'Assemblée nationale, le 20 décembre 1977, le texte est adopté par 277 voix contre 192, soit la totalité des votes de gauche et une courte majorité de ceux de droite. La loi est finalement promulguée le 17 janvier 1975 et pose qu'une « femme enceinte que son état place dans une situation de détresse peut demander à un médecin l'interruption de sa grossesse » avant la dixième semaine et après une consultation dans un organisme agréé. Conformément au souhait de Simone Veil, les médecins demeurent libres de choisir de pratiquer ou non des IVG. La loi est votée pour cinq ans. Elle sera définitivement adoptée en 1979, et en 2001 son délai sera porté à douze semaines. Le courage et la ténacité de la ministre quasi [...]

Simone Veil, 1974

Simone Veil, 1974

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Ministre de la Santé dans le gouvernement de Jacques Chirac, Simone Veil défend devant l'Assemblée nationale présidée par Edgar Faure, en novembre 1974, son projet de loi sur l'interruption volontaire de la grossesse. Après des débats houleux, la loi est adopté le 20 décembre par 277 voix... 

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Écrit par :

  • : maître de conférences en science politique à l'université de Paris-VIII

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21 octobre 2012 • FranceCréation de l'Union des démocrates et des indépendants.

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8-17 janvier 2008 • FranceConférence de presse de Nicolas Sarkozy.

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18 janvier 2007 • FranceHommage solennel de la nation aux Justes de France.

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28,87 p. 100 des suffrages et celle de Simone Veil 8,42 p. 100). Le recul de la liste socialiste de Michel Rocard, qui obtient 14,49 p. 100 des suffrages et 15 députés (la liste de Laurent Fabius avait recueilli 23,61 p. 100 en 1989) est encore plus sensible. Le faible écart qui sépare la liste Tapie [...] Lire la suite

2-28 avril 1993 • FrancePrésentation du programme de gouvernement d'Édouard Balladur.

d'orientation de la nouvelle législature, consacré à la ville. Dans un climat très consensuel, Simone Veil, ministre d'État chargé des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville, prône une politique « plus simple et plus souple », tout en s'inscrivant dans la continuité des actions menées par les gouvernements socialistes.  [...] Lire la suite

21 mars - 2 avril 1993 • FranceVictoire de l'opposition aux législatives, Édouard Balladur Premier ministre, Philippe Séguin président de l'Assemblée nationale.

« restreint », celui-ci comprend vingt-neuf ministres, outre le premier d'entre eux, et aucun secrétaire d'État. Sa tonalité est centriste et européenne, et sa composition respecte l'équilibre entre le R.P.R. et l'U.D.F. Au premier rang des ministres d'État figure Simone Veil, ministre des Affaires sociales [...] Lire la suite

7-11 septembre 1989 • FranceIndignation après les injures racistes de Claude Autant-Lara.

sont publiés les propos, recueillis par le mensuel Globe pour son numéro de septembre, qui sont à l'origine de cette démission : dans une interview téléphonique, le cinéaste attaque violemment Simone Veil, ancienne présidente de l'Assemblée de Strasbourg, et se livre à une virulente [...] Lire la suite

Pour citer l’article

Catherine ACHIN, « VEIL SIMONE - (1927-2017) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 16 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/simone-veil/