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VEIL SIMONE (1927-2017)

L'entrée en politique

De retour à Paris, les trois sœurs survivantes sont accueillies chez des parents et se reconstruisent progressivement. Simone s'inscrit à la faculté de droit et est admise parallèlement au sein du nouvel Institut d'études politiques. Elle y rencontre Antoine Veil, fils d'une famille juive assimilée de la grande bourgeoisie, tout juste démobilisé (il a participé à la libération du pays), et avec qui elle se marie à l'automne 1946. Ils ont trois garçons entre 1947 et 1954. Antoine Veil entre dès 1947 dans les cabinets ministériels de Pierre Henri Teitgen et d'Alain Poher, puis accepte une mission au consulat français en Allemagne. En 1953, il entre à l'ENA avant de rejoindre le corps des inspecteurs des Finances et de poursuivre sa carrière dans divers cabinets ministériels. Pour Simone Veil, ces années sont celles de la découverte du « milieu parisien » politique et intellectuel, mais aussi d'une parenthèse dans sa vie, où elle suit son mari dans ses déplacements et se consacre à ses enfants. C'est âprement qu'elle doit négocier avec lui son entrée dans la vie professionnelle : pour le convaincre, elle accepte d'abandonner sa vocation d'avocat pour la magistrature. Le couple est encore confronté à la tragédie avec la mort brutale de Madeleine, sœur aînée de Simone, et plus tard d'un de leurs fils.

Les premières convictions politiques de Simone Veil se forgent par rejet du communisme, qu'elle perçoit d'emblée comme sectaire et autoritaire, et du gaullisme, dont elle déplore la frilosité vis-à-vis de la construction européenne. Elle est en revanche attirée par l'idée d'une troisième force, symbolisée alors par les idées émergeant dans le journal L'Express. Après son stage, elle est reçue au concours et affectée à la direction de l'administration pénitentiaire de 1957 à 1964, où elle travaille pour l'amélioration du sort des détenus, et notamment déjà de celui des détenues. Elle est ensuite appelée à la Direction des affaires civiles, puis en 1969 devient conseillère technique dans le cabinet de René Pleven, ministre de la Justice. La suite de sa carrière administrative la conduit au secrétariat général du conseil supérieur de la magistrature de 1970 à 1972, et enfin au conseil d'administration de l'ORTF, première femme à siéger dans ce conseil.

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Écrit par

  • : maître de conférences en science politique à l'université de Paris-VIII
  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Simone Veil, 1974 - crédits : Philippe Ledru/ AKG-images

Simone Veil, 1974

Simone Veil au Parlement européen - crédits : Ullstein Bild/ Getty Images

Simone Veil au Parlement européen

Entrée de Simone et Antoine Veil au Panthéon, 2018 - crédits : Ludovic Marin/ Pool/ AFP

Entrée de Simone et Antoine Veil au Panthéon, 2018

Autres références

  • CINQUIÈME RÉPUBLIQUE - La période post-gaullienne (1969-1981)

    • Écrit par Pierre BRÉCHON
    • 6 934 mots
    • 4 médias
    ...devient la norme. L'âge de la majorité, électorale et civile, est abaissé à 18 ans, ce qui est une manière de reconnaître l'importance de la jeunesse. Simone Veil, ministre de la Santé, défend devant le Parlement une loi sur l'interruption volontaire de grossesse. L'avortement est désormais autorisé...
  • FÉMINISME - France : du M.L.F. à la parité

    • Écrit par Muriel ROUYER
    • 4 272 mots
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    ...publié en avril 1971 par Le Nouvel Observateur), hésitait à s'engager collectivement par crainte du réformisme et des récupérations politiques. C'est toutefois grâce à l'appui des députés de l'opposition de gauche, et sous la pression de la rue, que fut adoptée la loi Veil du 17 janvier 1975...
  • IVG (Interruption volontaire de grossesse)

    • Écrit par Universalis, Muriel ROUYER, Odette THIBAULT
    • 3 934 mots
    Une opportunité politique s'ouvre enfin après la mort de Georges Pompidou et la nomination par Valéry Giscard d'Estaing de Simone Veil au ministère de la Santé. Expressément chargée de régler au plus vite cette question pour éviter les débordements, elle a su défendre adroitement et courageusement...
  • PARLEMENT EUROPÉEN

    • Écrit par Olivier ROZENBERG
    • 3 353 mots
    • 3 médias
    ...En premier lieu, cette assemblée constitue en elle-même un symbole de l’intégration de l’Europe, symbole fréquemment réactivé, notamment quand Simone Veil, survivante des camps d’extermination nazis, en devint la présidente en 1979 ou, depuis 1988, à chaque remise annuelle du prix Sakharov (distinction...

Voir aussi