KOCH ROBERT (1843-1910)

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Le médecin allemand Robert Koch est l'un des créateurs de la bactériologie médicale. Il est né le 11 décembre 1843 à Clausthal, en Basse-Saxe, où son père était ingénieur des mines. À partir de 1862, le jeune homme étudie la médecine à l'université de Göttingen. Diplômé en 1866, il exerce comme généraliste dans diverses localités avant de servir en qualité de médecin militaire pendant la guerre franco-prussienne de 1870-1871. De 1872 à 1880, il s'établit dans le village de Wollstein, en Silésie. Dans le système sanitaire de la Prusse d'alors, il est responsable de la santé publique au niveau local. Ceci va cependant lui permettre de découvrir sa véritable vocation de chercheur. Koch est en effet un utilisateur fervent du microscope et, rapidement, dans le modeste laboratoire qu'il a aménagé à son domicile, il se consacre à l'étude de la maladie du charbon, alors très répandue chez les animaux de ferme du district de Wollstein. L'intérêt qu'il porte aux microbes et à leur rôle éventuel dans les maladies reflète l'enseignement de Jacob Henlé (1809-1885), que Koch avait eu pour professeur d'anatomie à Göttingen. Dès 1840, Henlé avait soutenu que les microbes n'étaient pas un produit résultant des phénomènes infectieux à l'œuvre dans les organismes animaux et humains, mais qu'ils en étaient les artisans. Ce que Robert Koch va démontrer avec éclat en 1876, dans le cas de la bactéridie charbonneuse. Alors que Casimir Joseph Davaine, en 1850, avait seulement observé ce microbe dans le sang de moutons infectés, Koch étudie la prolifération...

Robert Koch

Photographie : Robert Koch

Le savant allemand Robert Koch (1843-1910), Prix Nobel de médecine en 1905, a découvert le bacille qui porte son nom, l'agent de la tuberculose, ainsi que le vibrion cholérique. 

Crédits : Hulton Archive/ Getty Images

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Les méthodes de culture bactérienne

Cultures pures

Voici ce que préconise Koch : « Un fluide nutritif stérile est placé dans un flacon désinfecté, afin d'être à l'abri d'un contaminant. Ce fluide est inoculé avec le matériel contenant les micro-organismes que l'on veut obtenir en culture pure. S'il y a croissance dans ce premier flacon, des inoculations seront pratiquées à partir de là dans des récipients préparés comme l'a été le premier. En fait, c'est presque exactement ce qui se produit quand une maladie infectieuse se transmet d'un animal à un autre. »

Parmi les précautions indispensables, il importe que « le produit inoculé ne contienne que le micro-organisme dont la culture pure est souhaitée », faute de quoi on ne cultive qu'un mélange de microbes.

Isolement des souches : le passage sur milieu « solide »

Robert Koch utilise d'abord une « astuce » très simple : inoculer des tranches de pommes de terre bouillies placées dans un récipient stérile, voir s'y développer des colonies dont on constate qu'elles correspondent chacune à la croissance d'un germe initial, sélectionner ainsi différentes souches que l'on « repique » sur des milieux stériles une par une (ponctuellement ou en nappe). « Que sont, explique-t-il, ces colonies poussant sur les tranches de pomme de terre ? [...] Sauf quelques exceptions [...] de nombreux micro-organismes ont pu contaminer la préparation [...] et mon attention a donc été retenue par le fait qu'une solution nutritive pouvait être transformée en milieu solide par addition de gélatine en contrôlant la stérilité des récipients utilisés. » Ainsi, l'ensemencement en surface sur le milieu gélifié permettait d'obtenir des colonies séparées.

La méthode devait être améliorée par la suite en remplaçant (aussi souvent que possible en fonction des besoins des microbes) la gélatine par de l'agar-agar, c'est-à-dire la gélose que fournissent certaines algues, et le récipient en forme de fiole par la géniale « boîte de Petri » (deux couvercles de verre emboîtés l'un dans l'autre). Koch étudie la prolifération de la bactéridie charbonneuse, découvre les formes sporulées, montre leur importance pour expliquer l'étiologie de la maladie et réalise les premières images photographiques de la sporulation. Il comprend alors la nécessité de se plier à une technique rigoureuse qu'il est un des premiers à codifier : coloration des microbes, stérilisation des milieux de culture et du matériel bactériologique, méthodes d'isolement des germes.

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Écrit par :

  • : professeur honoraire à l'Institut Pasteur, membre de l'Académie de médecine

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Pour citer l’article

Jean BRETEY, « KOCH ROBERT - (1843-1910) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 mai 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/robert-koch/