PSYCHOLOGIE DE LA RELIGION

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Pourquoi la religion a-t-elle été présente dans probablement toutes les sociétés humaines et est-elle encore présente chez environ deux tiers de la population mondiale ? Pourquoi, à des degrés variables selon les différentes sociétés, y a-t-il toujours des croyants, des agnostiques et des athées, avec en plus des formes et une intensité variables de foi ou de non-foi ? Quels sont les caractéristiques ou les effets de la religion au niveau des cognitions, des émotions et du comportement humain, qu’il s’agisse du fonctionnement intrapsychique (concept de soi, identité, santé), des relations interpersonnelles (sexualité, famille, moralité, comportement prosocial ou antisocial) ou du domaine social (relations intergroupes, travail, politique) ? L’enfant est-il naturellement croyant ou athée, et quels sont les changements qui se produisent en fonction de l’âge, depuis la petite enfance jusqu’à l’âge adulte avancé, sur les attitudes relatives à la religion ? Toutes les religions sont-elles équivalentes du point de vue du fonctionnement psychologique ou observe-t-on des différences dans la psychologie des gens en fonction de telle religion dans telle culture spécifique ?

La religion comme objet des sciences psychologiques

La psychologie de la religion est une sous-discipline de la psychologie qui étudie ces questions au moyen des théories, des concepts et des méthodes d’investigation de la psychologie scientifique. Pour ce faire, d’une part, elle se propose d’étudier les aspects et les formes différentes (religion organisée, foi individuelle, spiritualité moderne) au travers desquels s’exprime ce lien qu’un nombre important d’humains entretiennent avec une réalité qu’ils perçoivent comme transcendante. Il y a un consensus aujourd’hui pour considérer que la religion se décline en croyances, rituels, normes de comportement et appartenance à une communauté. C’est la relative interdépendance, à des degrés variables en fonction des individus et des groupes, de ces quatre aspects qui constitue la spécificité de la religion par rapport à des domaines proches tels que les croyances paranormales, les préoccupations existentielles et morales, les idéologies, l’art, ainsi que la simple appartenance à un groupe. La coexistence de ces quatre aspects est clairement présente dans les religions traditionnelles institutionnelles, mais aussi, d’une manière un peu différente, dans les nouvelles formes de la spiritualité moderne perçue comme plus individuelle.

D’autre part, la psychologie de la religion se trouve en étroite interaction avec d’autres disciplines psychologiques. Le fait religieux peut ainsi s’étudier à partir de la perspective de la psychologie de la personnalité (différences psychologiques interindividuelles relativement stables), de la psychologie du développement humain (changements psychologiques en fonction de l’âge), de la psychologie clinique et de la santé (distinctions entre le bien-être optimal, la normalité et la pathologie), de la psychologie sociale et interculturelle (implications psychologiques du fait d’être un individu social et culturel), et des neurosciences cognitives (substrats cognitifs et neurophysiologiques de l’activité humaine). Plus récemment, la psychologie de la religion est également entrée en interaction avec la biologie et la génétique du comportement (prédispositions génétiques et substrats biologiques des attitudes et des comportements) et la psychologie évolutionniste (fonctions adaptatives de mécanismes psychologiques sélectionnés à travers l’évolution de l’espèce humaine).

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Écrit par :

  • : professeur ordinaire, université catholique de Louvain (Belgique), responsable du Centre de psychologie de la religion

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RELIGION - Religion et psychanalyse

  • Écrit par 
  • Antoine VERGOTE
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Dans le chapitre « Les apports de l'interprétation freudienne »  : […] Le jugement de valeur que Freud porte sur la religion est à la mesure de l'ambivalence qu'elle représente dans se reconstitution analytico-historique : la religion juive réalise la plus haute spiritualité culturelle et ses prophètes sont de grandes figures paternelles ; mais elle demeure prisonnière du complexe œdipien non résolu et, pour cette raison, elle culpabilise, rend passif (féminin) et se […] Lire la suite

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Pour citer l’article

Vassilis SAROGLOU, « PSYCHOLOGIE DE LA RELIGION », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 janvier 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/psychologie-de-la-religion/