PRESSION ATMOSPHÉRIQUE

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L’influence des variations de pression sur le temps

La valeur moyenne de la pression atmosphérique mesurée à la surface de la Terre est de 985,5 hectopascals (hPa), ce qui correspond à la pression exercée par la masse totale de l’atmosphère : 5,148 × 1018 kg (soit 5,148 millions de milliards de tonnes).

Pour pouvoir comparer les valeurs de la pression de surface mesurée à des endroits qui ne sont pas à la même altitude, on les ramène par extrapolation au niveau moyen de la mer où la pression atmosphérique moyenne est de 1013,25 hPa. À ce niveau, les pressions corrigées s’étendent d’environ 870 hPa, relevés le 12 octobre 1979 au large des Philippines au centre du typhon Tip, à 1 083,8 hPa, relevés le 31 décembre 1968 à Agata, Evenhiyskiy, en Russie (record mondial pour une station située à moins de 750 mètres d’altitude).

Les différences de pression observées dans l’atmosphère peuvent résulter des inégalités d’ensoleillement et de capacité thermique de la surface terrestre, ou de fortes perturbations du vent comme celles qui apparaissent au voisinage des montagnes ou des courants-jets d’altitude (ou jet streams). De tels déséquilibres génèrent une accélération des particules d’air dirigée des fortes pressions (anticyclones, dorsales météorologiques) vers les basses pressions (dépressions, thalwegs). Mais, en raison de la rotation de la Terre, la « force » de Coriolis dévie les trajectoires si bien que, dans les systèmes de grande échelle situés à une certaine distance de l’équateur, dans l’hémisphère Nord les particules d’air tournent dans le sens des aiguilles d’une montre autour des anticyclones et dans le sens inverse autour des dépressions. Dans l’hémisphère Sud, c’est l’inverse qui se produit. La première conséquence est l’observation d’un vent qui sera d’autant plus violent que le gradient horizontal de pression sera fort.

Au niveau du sol, le frottement réduit la vitesse de l’air et par conséquent la force de Coriolis, ce qui se traduit par une convergence des vents de basses couches vers le centre des dépressions. Les dépressions sont ainsi le siège de courants d’air ascendants qui favorisent la formation de nuages, de précipitations et de vents forts, alors que les courants descendants associés aux anticyclones favorisent la présence de ciels clairs, secs et dégagés. Ces derniers peuvent cependant être masqués par une couche de brouillard plus ou moins persistant lorsque la surface terrestre est très humide, ce qui est fréquent pendant la période hivernale.

Pour tirer parti de ce genre d’observations, les baromètres de salon du xviiie siècle comportaient des graduations associant les valeurs de la pression à des types de temps : tempête, grande pluie, pluie ou vent, variable, beau temps, beau fixe, très sec. En 1788, Louis Cotte fait toutefois remarquer que les mesures directes ne reflètent que le temps qu’il fait et que pour tenter de faire des prévisions, il serait plus pertinent d’utiliser les variations de la pression : « Lorsque la pression diminue rapidement, le vent et le mauvais temps menacent. Lorsqu’elle monte, le temps s’améliore ». Aujourd’hui, la méthode est toujours utilisée par certains météorologues amateurs, même si elle reste peu fiable car les évolutions de l’atmosphère mettent en jeu des éléments beaucoup plus complexes que les simples variations locales de la pression.

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Pour citer l’article

Jean-Pierre CHALON, « PRESSION ATMOSPHÉRIQUE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/pression-atmospherique/