POSTCOLONIALES FRANCOPHONES (LITTÉRATURES)

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Débuts des littératures francophones postcoloniales

C’est à la fin des années 1930, dans le milieu des étudiants d'origine africaine ou antillaise à Paris, que se cristallise la notion de négritude. Ce mouvement manifeste le rejet du projet colonial visant à transformer les colonisés africains en « Français noirs ». Chez le Martiniquais Aimé Césaire (1913-2008), elle procède aussi de la prise de conscience de la dénégation séculaire opposée par le système esclavagiste à l'humanité de l'homme noir. Le mot « nègre », chargé de l'opprobre raciste, est repris et glorifié pour cette raison même (Cahier d'un retour au pays natal, 1939 pour la première version). Les écrivains des colonies françaises se trouvent alors confrontés au sentiment d'une perte d'identité. Jean Amrouche (1906-1962), né dans l'une des rares familles algériennes converties au christianisme, trace dans son essai L'Éternel Jugurtha (1946) un portrait de l'homme maghrébin, qui a su adopter les mœurs et la langue des autres tout en restant fidèle « à sa vraie patrie, où il entre par la porte noire du refus ».

Aimé Césaire

Photographie : Aimé Césaire

Avec le Cahier d'un retour au pays natal (1939), Aimé Césaire donne pleinement voix à la négritude. Outre son œuvre poétique, il est également l'auteur d'une ample œuvre théâtrale, où se détache La Tragédie du roi Christophe (1963)

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La poésie de la négritude, révélée à un large public avec l'Anthologie de la nouvelle poésie nègre et malgache de langue française publiée en 1948 par Léopold Sédar Senghor (1906-2001), pour le centième anniversaire de l'abolition de l'esclavage, se présente d'abord, sous le signe d'Orphée, comme une poésie de résurrection. « Orphée noir » est le titre de la préface de Jean-Paul Sartre, qui le commente ainsi : « Il s'agit donc pour le noir de mourir à la culture blanche pour renaître à l'âme noire. »

La poésie a été la forme littéraire privilégiée de la négritude, mais le roman a été le genre de la prise de conscience avant la période de la décolonisation. Si l'autobiographie romancé [...]

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Léopold Sédar Senghor au Conseil de l'Europe (Strasbourg, 1949)

Léopold Sédar Senghor au Conseil de l'Europe (Strasbourg, 1949)
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Aimé Césaire

Aimé Césaire
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Édouard Glissant
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Assia Djebar

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Écrit par :

  • : professeur de littératures francophones et de littérature comparée, université Paris Nanterre, membre de l'Institut universitaire de France

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Jean-Marc MOURA, « POSTCOLONIALES FRANCOPHONES (LITTÉRATURES) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 28 septembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/postcoloniales-francophones-litteratures/