POSTCOLONIALES FRANCOPHONES (LITTÉRATURES)

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La notion de « littérature coloniale » s'était établie dans la littérature française du début du xxe siècle : le Mercure de France lui consacrait une chronique régulière. Théorisée par les Réunionnais Marius-Ary Leblond et quelques autres, elle affichait le désir d'accompagner l'entreprise coloniale en en faisant connaître les réalités intérieures : peinture vraie des mœurs, plongée dans l'âme des indigènes, exaltation de l'œuvre de civilisation que s'arroge la puissance coloniale, parfois modulée de quelques critiques. Les chantres de la littérature coloniale appelaient de leurs vœux l'éclosion de talents littéraires indigènes, qui auraient témoigné de la réussite de la colonisation.

En 1921, le prix Goncourt est décerné à l'Antillais René Maran, administrateur dans la colonie de l'Oubangui-Chari, pour Batouala, véritable roman nègre. Le sous-titre suggère que Maran se situe dans la littérature coloniale, mais en y introduisant la distance critique d'une plus grande authenticité. La Préface et quelques scènes sans complaisance ont suscité à l'époque polémique et réprobation des milieux coloniaux. Vingt ans après, René Maran sera revendiqué par Léopold Senghor comme précurseur de la négritude.

La rupture entre « littérature coloniale » et ce qu'il est convenu d'appeler « littérature francophone » des pays du Sud (le terme « littérature postcoloniale » n'est pas d'un usage général) ne s'est opérée que lentement. Les premiers essais littéraires du Malgache Jean-Joseph Rabearivelo sont soutenus par les autorités coloniales. Cependant, avec la vigoureuse critique de la colonisation dès les années 1930, une tension se crée entre la littérature d'adhésion au monde colonial et la littérature de protestation. Ce que montre la publication, en 1932, par un groupe d'étudiants martiniquais à Paris, de la revue-manifeste Légitime Défense. La littérature coloniale antillaise y est violemment prise à parti pour son inauthenticité. Mais c'es [...]


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Aimé Césaire

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Léopold Sédar Senghor au Conseil de l'Europe (Strasbourg, 1949)

Léopold Sédar Senghor au Conseil de l'Europe (Strasbourg, 1949)
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Jean-Louis JOUBERT, « POSTCOLONIALES FRANCOPHONES (LITTÉRATURES) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 septembre 2020. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/postcoloniales-francophones-litteratures/