BONNARD PIERRE (1867-1947)

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La tentation impressionniste

À côté des œuvres de caractère intimiste, où la tonalité assourdie de l'ensemble ne fait que mieux ressortir de brusques fusées de couleur franche, le reste de la production des années 1899-1900 annonce sans équivoque un renouvellement et un élargissement de la gamme chromatique. Le choix même des sujets est significatif. Les scènes d'extérieur se multiplient.Et tout naturellement, à travers les paysages qu'il peint de 1900 à 1904, au Grand-Lemps, en Normandie ou en Île-de-France, Bonnard est amené à méditer la leçon de l'impressionnisme, cet « art acéphale » contre lequel, pourtant, M. Denis l'avait mis en garde. On peut aussi penser que les coulées de vieux rose des sanguines pâles qu'il jette dans les marges du Parallèlement de Verlaine (1900) ainsi que le gris perle et le bleu clair qu'il emploie alternativement pour traduire les amours de Daphnis et Chloé (1902) ont contribué à éveiller sa vocation de coloriste.

De 1905 à 1909, Bonnard parcourt l'Europe et ses musées, visite l'Algérie et la Tunisie. Il suit en simple spectateur les diverses expériences picturales qui marquent le début de ce siècle. L'expression de la lumière devient sa préoccupation majeure. Il interroge avec passion les impressionnistes mais refuse d'être, comme eux, esclave de l'instant, à l'affût d'une réalité perpétuellement mouvante. Le souci de construction l'emporte chez lui sur l'analyse de la sensation colorée, comme en témoigne l'importante série de nus qu'il entreprend dès cette époque. C'est à ce moment qu'il commence ses variations célèbres sur le thème du « nu à la toilette » dont sa compagne, Marthe – qui deviendra Mme Pierre Bonnard en 1925 – est l'unique modèle. Près du tub à demi rempli, parmi le désordre des flacons et des serviettes, la jeune femme essuie avec majesté son corps luisant ou bien se cambre face à la fenêtre ou à quelque psyché : élégance naturelle des mouvements et des lignes, qu'accentue telle dissonance presque imperceptible dans les proportions. L'admirable Nu à contre-jour du musée [...]


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Pour citer l’article

Gérard BERTRAND, « BONNARD PIERRE - (1867-1947) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 17 octobre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/pierre-bonnard/