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PESTE

Thérapeutique et prévention

Les antibiotiques ont radicalement transformé le pronostic de la peste et assuré sa chimioprophylaxie au point de remettre en cause le principe même de la vaccination spécifique. Le traitement doit être mis en œuvre dès la moindre suspicion et sans attendre la confirmation du diagnostic, la précocité du traitement constituant en effet un facteur décisif ; le port d’un masque est obligatoire pour le personnel soignant. À l’exception de la pénicilline, la plupart des antibiotiques, et en particulier la chloromycétine, la terramycine, l’auréomycine, donnent d’excellents résultats, mais la streptomycine reste le traitement classique de toute forme de peste. Dans le cas de la peste pulmonaire, la streptomycinothérapie, lorsqu’elle est entreprise dans les quinze heures suivant l’apparition des symptômes, assure normalement la guérison . La présence d’un plasmide conférant au bacille la résistance à cet antibiotique est une grave cause potentielle d’échec pour la thérapeutique. On recommande alors l’usage de gentamicine, de doxycycline et de fluoroquinones en remplacement des antibiotiques précédents.

La vaccination est réalisable, soit à l’aide du vaccin inactivé – qui confère une immunité de moins de six mois – soit à l’aide du vaccin vivant. Elle doit être répétée, n’est pas dépourvue de sérieux effets secondaires et n’a d’efficacité que contre la fièvre bubonique. Longtemps réservée aux personnels à risque élevé (soignants et militaires), elle est aujourd’hui très peu pratiquée.

Les mesures générales de prophylaxie doivent viser les rats, les rongeurs sauvages, les animaux domestiques et les ectoparasites vecteurs (puces et poux). Les principaux moyens employés sont les insecticides, les rodenticides et les fumigants. L’action destinée à éliminer la maladie de foyers naturels potentiellement dangereux est de longue haleine et doit s’appuyer sur une étude approfondie de la région concernée. La déclaration de la maladie (qui entraîne une mesure de quarantaine) est obligatoire aux niveaux national et international.

— Henri-Hubert MOLLARET

— Universalis

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Écrit par

  • : professeur émérite à la faculté de médecine de Paris, chef de service à l'Institut Pasteur
  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Le rat, vecteur de la peste - crédits : Erni/ Shutterstock

Le rat, vecteur de la peste

Alexandre Yersin - crédits : Hulton Archive/ Getty Images

Alexandre Yersin

Paul-Louis Simond - crédits : Institut Pasteur/ Musée Pasteur

Paul-Louis Simond

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