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PESTE

Les signes de la peste humaine

Il faut opposer la peste bubonique – dite encore zootique –, survenant après la piqûre d’une puce infectée, à la peste pulmonaire primitive, ou peste démique, succédant à une contamination interhumaine directe par voie respiratoire.

La peste bubonique, après une incubation de un à dix jours et une brève période d’invasion, réalise d’emblée un syndrome toxi-infectieux extrêmement grave, avec apparition rapide du bubon caractéristique, c’est-à-dire d’une adénite dure et douloureuse, siégeant dans le territoire lymphatique correspondant à la porte d’entrée du germe (le plus souvent à l’aine ou à l’aisselle). En l’absence de traitement, l’évolution aboutissait à la septicémie terminale, mortelle le plus souvent entre le cinquième et le huitième jour de la maladie.

La peste pulmonaire primitive – ou pneumopeste – est à distinguer de la peste pulmonaire secondaire à certains cas de peste bubonique. La transmission interhumaine par voie respiratoire dépend de facteurs climatiques : humidité atmosphérique, température inférieure à 15 0C. Là où ces facteurs sont absents, cette forme est pratiquement inconnue. Elle se répand au contraire en saison froide par contagion directe à partir d’un cas de peste bubonique compliqué de peste pulmonaire secondaire. L’incubation est brève : de quelques heures à deux jours. Les signes infectieux et toxiques sont très nets et contrastent avec la pauvreté des signes thoraciques. L’expectoration, fluide et striée de sang, est extraordinairement riche en bacilles. L’évolution, en l’absence de traitement, était constamment fatale en deux ou trois jours au plus.

La peste septicémique n’est pas une forme réellement particulière de la maladie ; la septicémie est l’évolution terminale habituelle de toute forme de peste, bubonique ou pulmonaire.

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Écrit par

  • : professeur émérite à la faculté de médecine de Paris, chef de service à l'Institut Pasteur
  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

Classification

Pour citer cet article

Universalis et Henri-Hubert MOLLARET. PESTE [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Le rat, vecteur de la peste - crédits : Erni/ Shutterstock

Le rat, vecteur de la peste

Alexandre Yersin - crédits : Hulton Archive/ Getty Images

Alexandre Yersin

Paul-Louis Simond - crédits : Institut Pasteur/ Musée Pasteur

Paul-Louis Simond

Autres références

  • ANTHROPOLOGIE DES ZOONOSES

    • Écrit par Frédéric KECK, Christos LYNTERIS
    • 3 954 mots
    • 4 médias
    ...dans lequel la maladie se développe de façon équilibrée entre animaux porteurs avant de se transmettre de façon accidentelle à l’homme. Dans le cas de la peste étudié par Meyer en Californie dans les années 1930, on peut distinguer trois phases : l’enzootie, au cours de laquelle la bactérie se diffuse de...
  • LA PESTE (A. Camus) - Fiche de lecture

    • Écrit par Guy BELZANE
    • 1 454 mots
    ...qui sont touchés par un mal mystérieux. Au fur et à mesure que les décès se multiplient, et face aux symptômes qui ne laissent guère de doute, le mot « peste » est enfin prononcé. D’abord réticentes, les autorités finissent par admettre l’évidence. L’état de peste est officiellement déclaré et les portes...
  • ÉPIDÉMIES ET PANDÉMIES

    • Écrit par Jacqueline BROSSOLLET, Georges DUBY, Universalis, Gabriel GACHELIN, Jean-Louis MIÈGE
    • 20 843 mots
    • 15 médias
    ...de symptômes très spécifiques, nombre d'épidémies désignées sous le terme général de « fléau » ne peuvent être formellement identifiées. Le terme latin pestis, qui équivaut à « fléau », a prévalu jusqu'au xviie siècle, recouvrant indifféremment toutes les grandes maladies épidémiques – peste,...
  • GUY DE CHAULIAC (1300-1368)

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    Né dans le diocèse de Mende, cet humble paysan fut remarqué par l'Église qui le fit étudier. Devenu clerc de la cathédrale de Mende, Guy de Chauliac alla suivre à Montpellier les cours de l'école de médecine (la chirurgie n'était pas encore enseignée) et il y obtint les grades...

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