WELLES ORSON

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Citizen Kane, O. Welles

Citizen Kane, O. Welles
Crédits : Keystone/ Hulton Getty

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La Dame de Shanghai, d'O. Welles, 1945

La Dame de Shanghai, d'O. Welles, 1945
Crédits : Sr R. Coburn/ Hulton Getty

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Comédie et vérité

La première parole proférée dans Citizen Kane est aussi le dernier mot d'un personnage, son dernier soupir. Comment oublier le très gros plan de la bouche de Kane-Orson Welles qui murmure le fameux « Rosebud » avant de se fermer pour toujours ? Un jeune homme de vingt-cinq ans (Welles est né en 1915) se projette au terme d'une vie, se déguise en vieillard, joue ses derniers instants. Truffaut nous rappelle que Welles a débuté au théâtre en 1932, également par un rôle de vieillard, dans Le Juif Süss. Et l'on dit qu'à l'âge de dix ans il se maquillait en roi Lear...

Que cet enfant prodige n'ait jamais pu être un enfant, qu'il ait gardé le sentiment que son enfance lui avait été volée, cela ne fait aucun doute : il suffit de voir Citizen Kane pour s'en convaincre. On sait par ailleurs qu'Orson Welles perdit sa mère à huit ans, au cours d'un voyage.

Évoquer l'enfance, la maturité, le vieillissement et la mort dans un même film (Citizen Kane) ne serait-ce pas chercher ce qui dure, ce qui échappe aux métamorphoses de l'âge et à l'usure du temps ? La preuve nous en est donnée, semble-t-il, dans La Splendeur des Amberson, qui condense une histoire très étalée dans le temps. « Personne ne contestera, note Truffaut, que le jeune Amberson, orgueilleux et possessif, est bien le frère jumeau de Charlie Foster Kane. On pourrait même avancer, Citizen Kane nous montrant Charlie à huit ans, puis directement à vingt-cinq, que cette grande ellipse du premier film est comblée dans le second par l'évolution du jeune Amberson. »

Représenter une vie à l'ombre de la mort et, à partir d'elle, la comprendre, la dérouler depuis le point où tout se joue une dernière fois, c'est là l'ambition de Welles, homme de théâtre, acteur, cinéaste et moraliste.

Un mot revient souvent dans les entretiens avec Welles, c'est le « caractère ». Avec les deux sens que revêt en anglais le mot character : le naturel « je suis fait comme ça », et l'attitude délibérée « je décide de me comporter comme ça ». Welles précise à propos du second sens : « C'est surto [...]


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Écrit par :

  • : docteur ès lettres, professeur à l'université de Paris-V-René-Descartes, critique de cinéma

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Pour citer l’article

Jean COLLET, « WELLES ORSON », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 24 novembre 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/orson-welles/