NOUVELLE-CALÉDONIE

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Nouvelle-Calédonie [France] : carte physique

Nouvelle-Calédonie [France] : carte physique
Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Récif barrière en Nouvelle-Calédonie

Récif barrière en Nouvelle-Calédonie
Crédits : Karsten Wrobel/ Getty Images

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Île des Pins, Nouvelle-Calédonie

Île des Pins, Nouvelle-Calédonie
Crédits : Jean-Christophe Gay

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Accord sur la Nouvelle-Calédonie, 1988

Accord sur la Nouvelle-Calédonie, 1988
Crédits : Georges Bendrihem/ AFP

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Située dans le sud-ouest de l’océan Pacifique, à plus de 16 000 kilomètres de la métropole mais à moins de 2 000 kilomètres de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, la Nouvelle-Calédonie est un territoire singulier, par ses origines géologiques complexes, très différentes de nombre d’îles tropicales nées du volcanisme, par sa longue chaîne montagneuse centrale qui contraste avec les îles Loyauté, atolls soulevés presque totalement plats, par ses vastes superficies lagonaires, par son économie marquée par l’importance de l’exploitation minière. En outre, l’évolution politique et institutionnelle récente de ce territoire, français depuis 1853, en fait une collectivité à nulle autre pareille au sein de la République.

Un archipel tropical

La Nouvelle-Calédonie couvre plus de 18 500 kilomètres carrés pour une population de 280 000 habitants environ en 2018. Elle est constituée de la Grande Terre (16 635 km2), qui culmine à 1 629 m au mont Panié, prolongée au nord par les îles Belep et au sud par l’île des Pins, l’ensemble étant ceinturé par un récif-barrière circonscrivant un très grand lagon de près de 15 000 kilomètres carrés. Plus à l’est, l’archipel des Loyauté (1 970 km2) est constitué de quatre îles habitées : Lifou (1 139 km2), Maré (655 km2), Ouvéa (165 km2) et Tiga (11 km2). La zone économique exclusive de la Nouvelle-Calédonie fait plus de 1,7 million de kilomètres carrés. Elle comprend, à l’ouest, le récif Bellona, les îles Chesterfield, inhabitées, dont les lagons couvrent respectivement 8 000 kilomètres carrés et 3 400 kilomètres carrés et, au sud-est, les îles Matthew et Hunter, inhabitées également et revendiquées par le Vanuatu. Située entre les latitudes 190 5’ sud et 220 30’ sud, à la limite de la zone tropicale, la Nouvelle-Calédonie subit des influences tempérées ou tropicales selon la saison, mais l’alizé quasi permanent et l’environnement maritime les atténuent sensiblement. On distingue une saison chaude et pluvieuse, de décembre à mars, marquée par l’aléa cyclonique, et une saison fraîche, de juin à septembre, avec un temps généralement sec, mais durant laquelle la Nouvelle-Calédonie peut être concernée par des dépressions polaires, générant précipitations et « coups d’ouest ». Les transitions entre ces deux saisons ne sont pas toujours flagrantes mais une saison sèche peut être identifiée d’août à novembre. La végétation est extrêmement variée suivant l’altitude ou le substrat mais, surtout elle est caractérisée par sa grande originalité puisque aux trois quarts endémiques, comme toutes ses espèces de conifères. Parmi sa flore, on peut souligner l’importance des mangroves, formations arborescentes à palétuviers, sur la côte ouest de la Grande Terre.

Nouvelle-Calédonie [France] : carte physique

Nouvelle-Calédonie [France] : carte physique

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Carte physique de la Nouvelle-Calédonie [France]. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Récif barrière en Nouvelle-Calédonie

Récif barrière en Nouvelle-Calédonie

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Les vagues de l'océan viennent se briser sur le récif corallien (ici le récif barrière de la Grande Terre en Nouvelle-Calédonie) qui marque la différence entre les eaux claires du lagon et le bleu uniforme du grand large. 

Crédits : Karsten Wrobel/ Getty Images

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Les premiers occupants

Les premiers hommes arrivent en Nouvelle-Calédonie entre 1100 et 1050 avant notre ère. Ils privilégient les grands estuaires, ce qui leur permet de jouir des ressources marines en plus de pratiquer l’horticulture fondée sur les plants de taros et d’ignames qu’ils ont apportés sur leurs pirogues. Ces groupes relèvent de l’ensemble culturel lapita, se singularisant par des poteries décorées de motifs géométriques, qui s’est mis en place dans l’archipel de Bismarck vers – 1350 avant de s’élancer vers les îles du sud de la Mélanésie (Vanuatu, Nouvelle-Calédonie, Fidji). Durant le premier millénaire d’occupation, la population augmente fortement, ce qui se traduit par la multiplication et l’éparpillement des villages ainsi que, concomitamment, par une diversification linguistique due à l’éloignement entre communautés. Des tensions entre les groupes apparaissent au premier millénaire de notre ère, peut-être en raison de l’augmentation de la population. L’intensification de l’horticulture, avec l’aménagement de grandes tarodières en terrasses irriguées par exemple, dans la seconde moitié du premier millénaire, est une réponse à cette évolution. Une organisation administrative en « pays » se met en place, correspondant à des zones se reconnaissant des particularités sociales, politiques et linguistiques.

Les premiers contacts avec les Européens

C’est lors de sa deuxième circumnavigation que l’expédition de James Cook découvre la Nouvelle-Calédonie en 1774. Le navigateur baptise cette terre « New Caledonia » parce qu’elle lui rappelle l’Écosse. Il longe la côte est et aperçoit l’île des Pins, qu’il nomme ainsi, semble-t-il, en raison de ses pins colonnaires. Des Britanniques et des Français (Hunter, Raven, Kent, Lapérouse et d’Entrecasteaux) achèvent l’exploration de la Grande Terre. À partir de la fin du xviiie siècle, l’océan Pacifique devient le siège d’un commerce actif. La chasse à la baleine prend son essor dans les années 1820 et les navires font ainsi relâche à Lifou et Maré. D’autres bateaux sont à la recherche du bois de santal. Les nouveaux arrivants introduisent virus ou microbes contre lesquels les Océaniens ne sont pas préservés. Des épidémies de grippe, tuberculose ou rougeole se succèdent, provoquant une chute spectaculaire de la population et des bouleversements sociaux avec famines, conflits, migrations et fragmentations des clans. En même temps, des marins et aventuriers anglo-saxons, appelés traders, s’installent sur place, prenant femme, fondant les premières familles métisses et organisant les échanges entre les Kanak, nom du peuple autochtone mélanésien de la Nouvelle-Calédonie, et les navires.

Île des Pins, Nouvelle-Calédonie

Île des Pins, Nouvelle-Calédonie

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Le pin colonnaire (Araucaria columnaris), espèce endémique de la Nouvelle-Calédonie, a donné son nom à l'île des Pins, située au sud de la Grande Terre. 

Crédits : Jean-Christophe Gay

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L’évangélisation en Nouvelle-Calédonie ne commence qu’en 1840, d’abord sur l’île des Pins et sur les îles Loyauté qui voient arriver des catéchistes protestants, nommés teachers, de la London Missionary Society (LMS). Face à l’action protestante, l’Église catholique romaine réagit : sept missionnaires maristes débarquent dans l’archipel en 1843. Ces missions modifient les modes de vie, poussant à l’adoption de la « robe mission » par exemple, le vêtement couramment porté aujourd’hui par les femmes kanak. Elles transforment également le peuplement, avec parfois le regroupement complet de l’habitat. On reproduit le modèle du village européen, autour de l’église avec école, ateliers et habitations.

La colonisation

Le contre-amiral Febvrier Despointes prend possession de la Nouvelle-Calédonie en 1853. L’année suivante, un établissement militaire est fondé et nommé Port-de-France, rebaptisé Nouméa en 1866. C’est le début d’une colonisation de peuplement qui se fait au détriment des premiers occupants et qui nie la propriété indigène. La mise en valeur agricole et minière joue un rôle considérable dans la spoliation des terres kanak. À côté des colons libres, une colonisation pénale est mise en place, à la suite du décret signé par Napoléon III en 1863 autorisant la création en Nouvelle-Calédonie d’un établissement de travaux forcés. Le premier convoi de bagnards arrive l’année suivante, le dernier en 1897. L’ultime centre pénitentiaire ferme en 1922. En 1864, l’ingénieur des mines Jules Garnier découvre un ensemble de minéraux silicatés riches en nickel, qui sera baptisé « garniérite ». Son exploitation débute dans les années 1870 et marque profondément l’économie, le territoire, la culture et les modes de vie néo-calédoniens. Le wharf (pour évacuer le minerai), le Caillou (désignation affectueuse de la Nouvelle-Calédonie), le « bull » (bulldozer), le « rouleur » (camionneur transportant le nickel de la mine à l’embarcadère) sont devenus des mots usuels dans l’archipel. La Société Le Nickel (SLN), créée en 1880, devient un opérateur économique hégémonique.

L’espace indigène est grignoté. Le colonisateur cherche à contrôler les Kanak en créant les tribus en 1867, à la tête desquelles l’administration place un chef, et en instituant la « réserve », un territoire dont la tribu a la jouissance, mais qui limite les déplacements des Kanak, notamment dans Nouméa. Dans la région de La Foa, les Kanak font les frais de l’appétit de l’administration pénitentiaire et de la volonté d’intégrer au domaine de l’État des milliers d’hectares pour les affecter à la colonisation libre, ce qui explique, en 1878, la première grande révolte kanak. Après un répit dans le processus de spoliation, le « grand cantonnement », entre 1897 et 1903, réduit l’espace foncier kanak à seulement un huitième de la superficie de la Grande Terre. En vigueur jusqu’en 1946, un ensemble juridique et réglementaire de mesures administratives, appelé « régime de l’indigénat », s’applique aux autochtones, soumis à des interdictions propres et contraints à des travaux d’utilité publique. Une rigoureuse séparation des systèmes scolaires les cantonne aux « écoles indigènes », qui n’offrent pas d’accès à l’enseignement secondaire et supérieur et qui se contentent de quelques rudiments d’écriture, de lecture et de calcul. Il faut attendre 1962 pour voir le premier Kanak obtenir le baccalauréat.

Du statut de TOM à l’insurrection kanak

Après le sursaut démographique des années 1930, qui intervient grâce à la baisse rapide de la mortalité liée au développement des infrastructures médicales (hôpitaux, dispensaires…) et aux progrès en matière d’hygiène, la Seconde Guerre mondiale bouleverse la Nouvelle-Calédonie, choisie comme base arrière et tête de pont par les États-Unis pour reconquérir le Pacifique. À partir de 1942, elle est un lieu de transit majeur du dispositif allié. L’économie locale est dopée par le ravitaillement d’un contingent qui atteint à son apogée plus de 200 000 soldats étatsuniens, australiens et néo-zélandais pour un territoire de 55 000 habitants. En 1946, la Nouvelle-Calédonie devient un territoire d’outre-mer (TOM) et les restrictions à la liberté de résidence, de travail et de mobilité des Kanak sont levées. Ils accèdent à la nationalité française et obtiennent progressivement le droit de vote. La loi-cadre de 1956, dite « loi Defferre », met en place un statut largement décentralisé, mais une vigoureuse recentralisation s’opère au début de la Ve République.

Les Trente Glorieuses correspondent à une période de croissance économique et de forte immigration. De grands chantiers sont lancés, tels les barrages de la Dumbéa et de Yaté ou l’extension des réseaux routiers, électriques ou téléphoniques. Le « boom du nickel », de 1967 à 1971, dû à la guerre du Vietnam et au dynamisme économique des pays développés qui provoquent une envolée des cours, correspond à un quadruplement de la production locale. Le bâtiment, les travaux publics et le commerce connaissent une croissance exceptionnelle. Au cours de ces trois décennies, métropolitains, « pieds-noirs » après l’indépendance de l’Algérie (1962), Tahitiens, Wallisiens et Futuniens s’installent en Nouvelle-Calédonie, une vague migratoire qui fait suite à celles des bagnards et des colons venus de métropole au xixe siècle, auxquels s’ajoutent des Chinois, des Tonkinois, des Japonais ou des Javanais. Ces arrivées successives transforment la composition de la population, rendant les Kanak minoritaires à partir de 1963. Au recensement de 2014, 39 p. 100 de la population ont déclaré appartenir à cette communauté.

Ces bouleversements provoquent des mutations dans le monde kanak, qui commence à critiquer l’ordre établi à partir de 1969, avec le mouvement des Foulards rouges de Nidoish Naisseline, un des tout premiers Kanak bacheliers qui fait ses études à Paris et qui est très marqué par les événements de Mai-68. Le « krach du nickel » amplifie le malaise. En 1975, le premier festival des arts mélanésiens, Mélanésia 2000, organisé par Jean-Marie Tjibaou, militant associatif, marque le début de la reconnaissance culturelle kanak. Lors du congrès de l’Union calédonienne (UC) en 1977, premier parti politique néo-calédonien entre les années 1950 et le début des années 1970, centriste et autonomiste, une majorité de représentants vote une motion en faveur de l’indépendance. La même année, Jacques Lafleur, issu d’une grande famille néo-calédonienne propriétaire entre autres de nombreuses concessions minières, crée le Rassemblement pour la Calédonie (RPC), qui devient en 1978 le Rassemblement pour la Calédonie dans la République (RPCR), après son adhésion au Rassemblement pour la République (RPR), le parti gaulliste chiraquien. Ainsi débute la bipolarisation politique entre indépendantistes et loyalistes. Elle conduit à la création, en 1984, du Front de libération nationale kanak et socialiste (FLNKS) qui rassemble plusieurs petits mouvements indépendantistes. La récupération des terres spoliées par la colonisation catalyse les énergies. Les revendications et les occupations de terre se multiplient et conduisent à une situation insurrectionnelle. Après le « boycott actif » des élections territoriales de 1984 (symbolisé par le bris de l’urne de la mairie de Canala par le militant Éloi Machoro), la violence se déchaîne : dix militants indépendantistes sont abattus lors d’un guet-apens à Hienghène ; le fils d’un éleveur européen est tué par des militants indépendantistes ; Éloi Machoro est abattu par le GIGN en 1985. Le 22 avril 1988, à deux jours du premier tour de l’élection présidentielle, qui oppose François Mitterrand à Jacques Chirac, et des élections régionales, des indépendantistes décident de s’emparer de la gendarmerie de Fayaoué, sur l’île d’Ouvéa, qui accueille des renforts venus sécuriser le vote. L’opération dégénère : quatre gendarmes sont tués, les autres sont pris en otage. Leur libération par un assaut de l’armée, trois jours avant le second tour de l’élection présidentielle, se solde par la mort de dix-neuf militants indépendantistes et de deux militaires. Après la réélection de François Mitterrand, le nouveau Premier ministre, Michel Rocard, a la responsabilité de résoudre la question et dépêche sur place une mission de dialogue, aboutissant aux accords de Matignon (juin 1988) et d’Oudinot (août 1988) entre RPCR et FLNKS, symbolisés par la poignée de main entre Jacques Lafleur et Jean-Marie Tjibaou. Dix mois plus tard, ce dernier est assassiné à Ouvéa par un indépendantiste extrémiste, à l’occasion d’une cérémonie marquant le premier anniversaire de la tragédie d’Ouvéa.

Accord sur la Nouvelle-Calédonie, 1988

Accord sur la Nouvelle-Calédonie, 1988

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La poignée de main entre le député et dirigeant du RCPR Jacques Lafleur (à gauche) et le leader indépendantiste du FLNKS Jean-Marie Tjibaou (à droite), le 27 juin 1988, symbolise la signature, la veille, des accords de Matignon sur l'avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie. 

Crédits : Georges Bendrihem/ AFP

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Le temps du « rééquilibrage » et de l’autodétermination

Les accords de Matignon, qui contiennent une large amnistie des crimes et délits commis durant la période insurrectionnelle, fractionnent la Nouvelle-Calédonie en trois provinces, dont deux indépendantistes, dotées de compétences étendues d’inspiration fédérale. Cette provincialisation est un acquis majeur du dispositif institutionnel de 1988. En partageant transversalement la Grande Terre, le découpage satisfait à la fois les non-indépendantistes, avec une large zone sous la domination de Nouméa (province Sud), et les indépendantistes. Ces derniers contrôlent deux des trois provinces (province Nord et province des îles Loyauté), majoritairement peuplées de Kanak acquis à leur cause. Chaque province est dotée d’une assemblée dont la plupart des membres siègent également au congrès de la Nouvelle-Calédonie, le parlement qui vote les lois du pays et élit le gouvernement. Les trois provinces ont des compétences larges, ayant notamment en charge le développement économique et l’agriculture. L’État s’engage en faveur du développement économique et du rééquilibrage, avec des investissements structurants dans le domaine des transports, de la santé ou de la formation notamment. Le programme « 400 cadres » doit amener 400 personnes, dont 80 p. 100 de Kanak, au niveau bac + 3 ; il a été poursuivi par le programme « Cadres avenir ».

Le statut issu des accords de Matignon doit aboutir à l’organisation d’un scrutin d’autodétermination en 1998. Mais les deux camps conviennent alors de rechercher une solution qui éviterait de nouveaux affrontements. La vente par Jacques Lafleur de la Société minière du Sud Pacifique (SMSP) aux indépendantistes de la province Nord est capitale pour la suite, car les discussions achoppent sur ce qu’on a appelé le « préalable minier », c’est-à-dire la nécessité que la SMSP ait des gisements suffisamment importants pour construire une usine métallurgique en province Nord, au fondement du rééquilibrage économique du territoire. Par l’accord de Bercy (1998), la SMSP obtient le massif minier du Koniambo en échange du massif de Poum qui revient à la SLN. La voie est désormais libre pour l’accord de Nouméa, conclu entre le RPCR et le FLNKS, et signé par le Premier ministre Lionel Jospin le 5 mai 1998 ; il est approuvé par référendum le 8 novembre 1998.

La Nouvelle-Calédonie devient une collectivité sui generis, au sein de la République française, en faisant l’objet d’un titre spécial (XIII) qui constitutionnalise les orientations définies par l’accord de Nouméa, reposant sur des dispositions transitoires et largement dérogatoires. Elles sont particulièrement audacieuses pour un État unitaire tel que la France, avec notamment la création des « lois du pays » ou la mise en place d’une « citoyenneté de la Nouvelle-Calédonie » reposant sur l’exigence d’une durée de résidence.

L’accord de Nouméa engage la Nouvelle-Calédonie, toujours inscrite sur la liste des territoires à décoloniser établie par les Nations unies, sur le chemin de l’autonomie et de l’autodétermination, avec une série de transferts de compétences déclarés irréversibles. Il repousse de vingt ans le choix de son accession ou pas au rang d’État souverain, avec l’organisation d’un à trois référendums. Pour donner des gages aux indépendantistes, il est prévu qu’en cas de rejet de l’indépendance au premier référendum, ces derniers peuvent demander d’en organiser un deuxième, voire un troisième si le résultat de celui-là est toujours négatif. Ces deux consultations, sur la même question, doivent être respectivement organisées dans les deux et quatre ans après le premier référendum, soit au plus tard en novembre 2022 pour la dernière. Le 4 novembre 2018, 56,7 p. 100 des votants ont répondu « non » à la question « Voulez-vous que la Nouvelle-Calédonie accède à la pleine souveraineté et devienne indépendante ? » 81 p. 100 des électeurs inscrits sur la liste électorale spéciale pour cette consultation (LESC) ont voté ce jour-là. L’inscription sur la LESC est restrictive pour les non-natifs de Nouvelle-Calédonie, qui doivent justifier de leur arrivée avant le 31 décembre 1994 et de vingt ans de domicile continu, ou avoir été admis à la consultation du 8 novembre 1998, ou encore justifier de dix ans de résidence à cette date. Une telle limitation du corps électoral repose constitutionnellement sur le fait que ne doivent être consultées que les « populations intéressées » et s’explique par le contexte d’un processus de décolonisation et d’autodétermination. C’est ainsi que l’ont entendu le Comité des droits de l’homme des Nations unies, en 2002, et la Cour européenne des droits de l’homme, en 2005, l’arrivée de nouvelles populations sur cette terre de peuplement ne devant pas rendre plus minoritaire encore le peuple autochtone.

Référendum de 2018 en Nouvelle-Calédonie

Référendum de 2018 en Nouvelle-Calédonie

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Les fractures de la société néo-calédonienne s'expriment lors du référendum du 4 novembre 2018 sur l'accession de l'archipel à l'indépendance, avec la victoire du non. Celle-ci s'explique par le vote de la province Sud qui est de loin la plus habitée, et majoritairement par des... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Les enjeux socio-spatiaux actuels

De tout l’outre-mer français, la Nouvelle-Calédonie est le territoire où la domination de la ville principale est la plus forte, puisque l’agglomération de Nouméa, appelée « Grand Nouméa », concentre un peu plus des deux tiers de la population néo-calédonienne, contre un tiers en 1956, si l’on considère que les quatre communes qui la composent (Nouméa, Païta, Mont-Dore et Dumbéa) en font intégralement partie. On l’oppose communément à la « brousse », qui désigne l’ensemble de la Grande Terre à l’exclusion de la capitale, et aux îles, dont la composition de la population est très différente.

Le fossé qui sépare les Européens, enracinés depuis plusieurs générations et appelés « Caldoches » ou récemment installés, et les Océaniens (Kanak, Wallisiens, Futuniens, Tahitiens, Vanuatais) en termes de niveau de formation ou d’emplois occupés ne se comble pas. Ainsi, en 2014, seuls 4 p. 100 des Kanak avaient un diplôme universitaire pour 26 p. 100 des non-Kanak, contre respectivement 0,2 p. 100 et 6 p. 100 en 1989. Un tiers des Kanak sont encore sans diplôme contre un septième des non-Kanak. La part des ouvriers dans la population active occupée dépasse le tiers chez les Kanak, les Wallisiens et les Futuniens contre un dixième chez les Européens en 2014.

Les squats dans le Grand Nouméa symbolisent ces inégalités. Si les Kanak ne se ruèrent pas à Nouméa à la fin de l’indigénat, ils furent sensiblement plus nombreux à s'y installer au cours des années 1960, travaillant comme dockers, manutentionnaires, ou encore ouvriers à l’usine métallurgique de Doniambo. Aujourd’hui, deux Kanak sur cinq vivent dans l’agglomération nouméenne contre un sur dix en 1956. L’urbanisation de cette communauté est un facteur qui déstabilise sa jeunesse, car elle n’est plus encadrée par le clan. La dégradation de la transmission intergénérationnelle de la langue d’origine est source de souffrance identitaire, sans pour autant favoriser l’apprentissage du français. En état d’insécurité linguistique, dans un système éducatif qui repose presque totalement sur le français, les jeunes sont souvent en situation d’échec scolaire. La très grande majorité des détenus dans la seule prison de la Nouvelle-Calédonie (Camp-Est) sont des Kanak, souvent jeunes, ayant sombré dans l’alcool, le cannabis et la petite délinquance. Cette sur-représentation apparaît aussi en matière d’infections sexuellement transmissibles et de grossesses non désirées alors que les responsables et les victimes des accidents de la route sont massivement océaniennes.

À l’échelle communale, on peut observer le clivage entre l’espace tribal et le reste du territoire, avec des tribus généralement à distance du chef-lieu et parfois en situation d’enclavement aigu. Créées à l’époque coloniale, elles regroupaient, en 2014, plus de la moitié des Kanak et 22 p. 100 de la population totale. Ainsi un maillage spécifique se superpose au maillage administratif classique. Il découle de l’article 75 de la Constitution qui reconnaît que certains citoyens de la République se placent sous un statut personnel différent du statut civil de droit commun. La très grande majorité des Kanak relève de ce statut qui leur permet d’être régis par la coutume dans les domaines de l’état civil, la filiation, le mariage, la propriété et les successions. L’accord de Nouméa a ainsi créé une institution majeure de la Nouvelle-Calédonie, le Sénat coutumier, obligatoirement consulté sur les questions intéressant l’identité kanak. Sur le plan foncier, les « terres coutumières » sont régies par le « principe des quatre i » (inaliénables, insaisissables, incommutables et incessibles) : elles ne peuvent changer de propriétaires sous aucun motif, que ce soit volontairement (vente, échange, donation…) ou de force (saisie, prescription…). Ces terres collectives kanak représentent aujourd’hui 19 p. 100 de la superficie totale de l’archipel, contre 10 p. 100 en 1978, à la suite d’une réforme foncière engagée cette année-là pour tenter de répondre aux doléances indépendantistes.

Au sein de ce monde rural, un dualisme né de la période coloniale oppose une agriculture commerciale, très majoritairement d’origine européenne, pratiquée sur la côte ouest de la Grande Terre, et une agriculture en tribus, essentiellement vivrière ou destinée à la vente de proximité, directe ou dans des marchés communaux. La première est le creuset de la culture « broussarde », symbolisée par l’élevage bovin extensif pour la viande, avec ses paysages s’apparentant au Far West, ses grandes exploitations, ses stockmen (les cowboys locaux), ses vastes espaces de savane herbeuse ou parsemée de niaoulis… La seconde est surtout présente sur la côte est de la Grande Terre et sur les îles Loyauté. Elle est dominée par les jardins familiaux et les tubercules tropicaux, au premier rang desquels on trouve l’igname, au cœur de la culture kanak, qui est construite autour de son cycle végétatif.

Élevage dans la brousse néo-calédonienne

Élevage dans la brousse néo-calédonienne

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Bovins à la pâture le long de la Néra, près de Bourail. La côte occidentale de la Grande Terre est le domaine de l'élevage extensif, comparable au Far West américain. 

Crédits : Jean-Christophe Gay

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À l’échelle provinciale, les déséquilibres restent préoccupants : la province Sud, qui regroupe les trois quarts de la population totale, concentre les quatre cinquièmes du PIB néo-calédonien et les neuf dixièmes des diplômés du supérieur. L’écart de ressources est flagrant entre les ménages de la province Sud et ceux des deux autres provinces. Par exemple, le revenu mensuel moyen des ménages est plus de deux fois supérieur en province Sud que sur les îles Loyauté. Cet archipel occupe une place à part en Nouvelle-Calédonie. Épargnées par le cantonnement, ces îles ont échappé à un épisode sombre de la colonisation, alors que l’action précoce et profonde des missionnaires anglicans a permis une alphabétisation plus forte de la population. Plus nombreux aujourd’hui dans le Grand Nouméa que dans leur archipel, les Loyaltiens sont les mieux formés et les mieux organisés des Kanak, dont ils constituent une sorte d’élite. Pour preuve, les deux tiers des stagiaires des programmes « 400 cadres » et « Cadres avenir » en sont originaires.

Cette organisation administrative en provinces a fait émerger le pôle de développement VKP (Voh-Koné-Pouembout), avec le choix de Koné comme capitale de la province Nord, l’ouverture en 2000 de la route Koné-Tiwaka reliant la côte ouest à la côté est, faisant ainsi de Koné un carrefour, et la construction, à partir de 2007, de l’usine pyrométallurgique de Koniambo, appelée « usine du Nord », sur la commune de Voh.

Le roi nickel

Avec le douzième des réserves mondiales de nickel, la Nouvelle-Calédonie continue de vivre au rythme des oscillations des cours mondiaux. Par l’entrée en production, en 2013, de l’usine du Nord, dont le capital est détenu à 51 p. 100 par la SMSP et à 49 p. 100 par le groupe anglo-suisse Glencore, et le démarrage très progressif en 2011, en province Sud, de l’usine hydro-métallurgique de Goro, détenue à 95 p. 100 par le groupe brésilien Vale et qui produit du nickel et du cobalt, la Nouvelle-Calédonie possède désormais trois usines métallurgiques, car à ces deux unités nouvelles, il faut ajouter la plus que centenaire usine pyrométallurgique de Doniambo (Nouméa) appartenant à la SLN, dont 56 p. 100 du capital est entre les mains du groupe français Eramet. Avec la moitié de la production métallurgique achetée, la Chine est le principal client pour le nickel métal et le deuxième pour le minerai. La SMSP s’est associée à l’aciériste sud-coréen Posco pour construire une usine en Corée du Sud, ouverte en 2008 et dont elle détient 51 p. 100 du capital, utilisant le minerai néo-calédonien.

Cette industrialisation a sensiblement fait évoluer l’économie néo-calédonienne, naguère encore assistée en raison des transferts publics, dopés de surcroît par la politique très volontariste menée après les accords de Matignon. Cette rente administrative a été remplacée par la rente reposant sur le nickel. Cependant, la compétitivité des secteurs exposés à la concurrence internationale reste médiocre en raison d’un coût de la vie très élevé dû aux surrémunérations dont bénéficient les fonctionnaires et bon nombre d’employés des secteurs protégés, comme les banques ou les monopoles de distribution (eau, électricité, téléphone ou Internet). Le tourisme est la première victime de cette économie rentière, avec un nombre de touristes qui stagne à un peu plus de 100 000 par an depuis la fin des années 1990, pendant que les destinations tropicales insulaires concurrentes ont connu durant cette période une spectaculaire hausse de leur fréquentation. Concentrée surtout à Nouméa, au détriment de la brousse et des îles, cette activité souffre du niveau des salaires et des tarifs pratiqués, ce qui fait de la Nouvelle-Calédonie une des destinations tropicales les moins compétitives du monde.

—  Jean-Christophe GAY

Bibliographie

J. Bonvallot, J.-C. Gay & E. Habert dir., Atlas de la Nouvelle-Calédonie, IRD-Congrès de la Nouvelle-Calédonie, Marseille-Nouméa, 2012

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Écrit par :

  • : agrégé de géographie, professeur des Universités, université de Nice Sophia-Antipolis

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Pour citer l’article

Jean-Christophe GAY, « NOUVELLE-CALÉDONIE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 19 avril 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/nouvelle-caledonie/