NÉOGÈNE

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Le Néogène est la plus récente des deux périodes (systèmes) de l'ère cénozoïque. Il débute il y a 23 millions d'années (Ma). La base du système est marquée par une inversion du champ magnétique terrestre connue sous le nom de Chron C6n.2n. Selon la tendance actuelle, le Néogène inclut l'époque récente mais certains auteurs nomment Quaternaire les derniers 2,6 ou 1,8 Ma.

Le terme Néogène, dont l'étymologie signifie « naissance nouvelle », a été introduit par Moritz Hörnes (1815-1868) pour regrouper l'ensemble des terrains qui, dans le bassin de Vienne (Autriche) et tout autour de la Méditerranée, contenaient des mollusques différents de ceux qui étaient connus dans les terrains éocènes. Dans son acception actuelle, le néogène comprend trois séries qui sont, de la plus ancienne à la plus récente : le Miocène, le Pliocène et le Pléistocène. Certains auteurs reconnaissent une quatrième série dite Holocène (qui correspond aux onze derniers milliers d'années). Ces unités chronostratigraphiques sont à leur tour divisées en étages. La série miocène comprend successivement les étages Aquitanien, Burdigalien, Langhien, Serravalien, Tortonien et Messinien. La série pliocène inclut les étages Zancléen, Piacenzien et Gélasien. Le Pléistocène est représenté par l'étage Calabrien.

Le début du Pliocène est daté à 5,3 Ma. Il correspond à la base des marnes de Trubi, formation marine qui repose sur une épaisse couche de gypse. Ce contact abrupt correspond à la remise en eau soudaine et catastrophique de la mer Méditerranée après l'épisode d'assèchement du Messinien. Le début du Pléistocène est daté à 1,8 Ma et correspond à la base d'une argile indurée superposée à un niveau de sapropel (vase très riche en matières organiques) connu sous le nom de sapropel e.

Au début du Néogène, la Terre avait déjà pratiquement acquis sa configuration géographique actuelle. Toutefois, des changements régionaux de grande ampleur se produisirent comme la formation de la mer des Caraïbes et de la mer Méditerranée. Mer résiduelle de ce grand océan qu'était la Téthys, la Méditerranée s'est formée en deux temps : par l'interruption, vers 18 Ma, des communications avec l'océan Indien ; par soulèvement du seuil de Gibraltar, vers 1 Ma, conduisant à l'isolement du bassin des eaux océaniques profondes. L'assèchement de la Méditerranée au Messinien a conduit à une modification importante des paysages méditerranéens avec le creusement de canyons très profonds, comme ceux du Rhône et du Nil, alors que se déposaient des évaporites sur plusieurs kilomètres d'épaisseur au fond du bassin.

Le climat glaciaire s'accentua au cours du Néogène, période qui d'ailleurs débuta avec une grande glaciation (dite M1). Au cours du Miocène, de grandes calottes glaciaires croissent périodiquement sur le continent Antarctique malgré un optimum climatique entre 16 et 15 Ma. La formation de la calotte de l'Est-Antarctique remonte à 14 Ma (glaciation Mi3). Le Pliocène ancien est de climat doux puis un refroidissement abrupt s'installe et conduit à la formation de la calotte glaciaire arctique, à 2,5 Ma. C'est l'ère glaciaire du Plio-Pléistocène (ou Quaternaire). Depuis lors, la Terre est entrée dans un cycle de glaciations et de déglaciations, avec alternativement avancées et retraits des glaciers, et changements de niveaux marins très marqués.

Outre l'histoire climatique, le Néogène, c'est avant tout l'histoire des lignées phylétiques modernes. C'est durant cette période qu'évoluèrent les animaux et plantes qui dominent la biodiversité actuelle. Comme l'aridité établie à l'Oligocène continue d'augmenter durant le Miocène ancien et moyen, les formations végétales changent, les forêts devenant moins denses. Puis, au Miocène récent, les savanes s'établissent sur les Amériques, l'Eurasie et l'Afrique. L'aridité croissante a permis aux graminées (présentes dès le Paléocène et, peut-être, au Crétacé) de se propager, donnant ainsi des paysages de savanes où vont évoluer des [...]

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  • : professeur à Rutgers University, New Brunswick, New Jersey (États-Unis)

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Pour citer l’article

Marie-Pierre AUBRY, « NÉOGÈNE », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 13 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/neogene/