KLEIN MELANIE (1882-1960)

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La psychanalyse kleinienne

On peut voir dans la portée reconnue à cette découverte clinique le point de départ des remaniements que l'œuvre de Melanie Klein apportera progressivement à la théorie freudienne classique. Indiquons seulement les traits les plus marquants :

Melanie Klein par Feliks Topolski

Melanie Klein par Feliks Topolski

Photographie

Melanie Klein âgée, par Feliks Topolski. Dessin à la plume et gouache, 1955. 

Crédits : F. Topolski/ Hulton Getty

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– Précocité du surmoi, classiquement défini depuis Freud comme l'« héritier du complexe d'Œdipe », alors que Melanie Klein le voit à l'œuvre dès les premiers mois comme instance interne destructrice. Ses modalités et ses contenus varient au cours des étapes successives du développement pulsionnel ; il reste « inaltérable dans son fond ».

– Précocité du conflit œdipien, dont la structure triangulaire peut être retrouvée bien avant que ne s'institue la phase génitale et que ne soient pris en considération des objets « totaux » : seuls sont en cause des objets « partiels » (sein, fèces, pénis), entre lesquels s'opère tout un jeu d'équivalences. Notons ici la position particulière qu'occupe Melanie Klein dans le débat psychanalytique quant à l'importance de la phase préœdipienne de relation duelle avec la mère : pour elle, sans qu'il y ait alors intervention du père comme agent d'interdiction, trois termes sont pourtant présents (enfant, corps maternel, pénis).

– Fonction centrale des objets pulsionnels ressentis comme « bons » ou « mauvais », non seulement dans la vie fantasmatique, mais aussi pour la constitution même du sujet. En effet, si les guillemets indiquent leur caractère fantasmatique – déformé par rapport à l'objet externe (le sein, par exemple) –, ils n'en sont pas moins traités comme s'ils offraient une consistance réelle quant au psychisme. L'objet, bon ou mauvais, est doté de pouvoirs semblables à ceux d'une personne (« mauvais sein persécuteur », « bon sein rassurant », lutte des bons et des mauvais objets à l'intérieur du corps, etc.).

– Dégagement de modalités précoces de relations d'objet, qualifiées non de stades d'organisation libidinale mais de positions : la position paranoïde et la position dépressive. Ces positions, que Melanie Klein situe dans [...]

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Écrit par :

  • : agrégé de philosophie, membre titulaire de l'Association psychanalytique de France, directeur de la Nouvelle Revue de psychanalyse et de la collection Connaissance de l'inconscient aux éditions Gallimard

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Pour citer l’article

Jean-Bertrand PONTALIS, « KLEIN MELANIE - (1882-1960) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 22 mai 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/melanie-klein/