MÉDECINE ET INTERNET

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D’après une étude parue à la fin de 2014, plus de 60 p. 100 des Français utilisent Internet pour rechercher de l’information sur la santé. La consultation médicale à distance, autorisée en France depuis 2010, a de plus en plus de succès. Au niveau mondial, près de 4 millions de patients y ont recours en 2017. Les smartphones et autres terminaux portables sont les catalyseurs de cette évolution. Les nouvelles possibilités qui s’ouvrent ainsi grâce à la médiation d’Internet dans le domaine médical attirent les grands acteurs de la Toile tels Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft (GAFAM). Leur irruption dans le domaine très réglementé de la médecine change la donne : sites, serveurs, logiciels et objets connectés dédiés aux applications médicales se multiplient. Internet s’insinue jusqu’au cœur même du système de soins dont il bouscule l’organisation et la pratique. Le rapport patient-médecin est affecté par cette intrusion de la Toile dans ce « colloque singulier » qu’est l’entrevue entre le médecin et son patient. Tous ces changements suscitent débats et controverses.

Médecins et malades interconnectés

Dessin : Médecins et malades interconnectés

L’exploitation statistique des données de navigation (big data) permet d’extraire des indications médicales utilisables pour la recherche ou l’exploitation commerciale, sous respect de l’anonymat, par des organismes tiers. Dans le domaine médical, nombre de données, applications ou... 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Un nouveau terminal de santé : le smartphone

Jusqu’au début des années 2000, l’accès à Internet se faisait quasi exclusivement depuis des micro-ordinateurs. Depuis l’explosion du sans-fil, les smartphones et autres tablettes prennent en partie le relais. L’offre de santé sur Internet (e-santé) s’est alors progressivement orientée vers les usagers mobiles avec de nouvelles applications qui les ciblent spécifiquement et qu’on a regroupées sous le terme générique « m-santé » (« m » pour mobile). Ces applications tirent spécifiquement parti de la mobilité et du fait que le smartphone, qu’on a toujours sur soi, est devenu un terminal offrant des services très diversifiés en dehors du téléphone et de l’accès à Internet.

En 2017, on compte plus de 100 000 applications de santé spécialement destinées aux utilisateurs de smartphones. Ce sont de petits programmes qui permettent d’afficher divers paramètres de santé recueillis par le portable et qui, le cas échéant, sont envoyés vers un site du fournisseur de l’application pour un traitement complémentaire.

Certaines de ces applications s’appuient sur des capteurs incorporés d’origine dans le terminal (GPS, accéléromètre, appareil photo…) : on peut citer, par exemple, le suivi d’activité (jogging, randonnée…) à travers une application podomètre qui permet de connaître le nombre de pas effectués et la distance parcourue dans la journée, ou encore la mesure du rythme cardiaque par application du doigt sur l’objectif de l’appareil photo. À partir de ces informations, un logiciel de présentation permet de visualiser l’historique des relevés, d’afficher des courbes d’activité, de faire apparaître différents paramètres corrélés, comme le nombre de calories consommées.

Les données peuvent en outre être recueillies par des terminaux spécialisés, dont les mesures sont souvent plus précises, qui communiquent avec le smartphone via Internet. Les nouvelles techniques permettent aussi de raccorder (sans fil) une multitude d'appareils de tous types à des terminaux de rattachement (smartphones, tablettes…) et à la Toile. L’Internet des objets connectés (IoT pour Internet of Things, dans la littérature anglo-saxonne) met en œuvre des équipements plus ou moins spécialisés, plus ou moins autonomes, pouvant être disposés un peu partout, pour mesurer, contrôler, alimenter des serveurs en données et, en retour, exécuter des ordres.

Dans le domaine de la m-santé, on assiste actuellement à une multiplication des objets connectés : balances, tensiomètres-cardiofréquencemètres, glucomètres (pour le suivi du diabète), piluliers, brosses à dents... Ce créneau connaît un tel succès qu’autour du smartphone se développe tout un « écosystème » de capteurs, robots et applications qui permettent de disposer de nouveaux moyens intégrés pour mesurer, surveiller son bien-être, sa santé, l’évolution d’une pathologie ou solliciter un avis sur la Toile, avant d’entrer éventuellement dans le circuit médical classique.

Les dispositifs de m-santé, contrairement aux dispositifs médicaux, ne s [...]

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Médecins et malades interconnectés

Médecins et malades interconnectés
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Consultation médicale à travers le réseau Internet

Consultation médicale à travers le réseau Internet
Crédits : Brian A Jackson/ Shutterstock

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Cabine de télémédecine

Cabine de télémédecine
Crédits : Philippe Desmazes/ AFP

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Philippe MARREL, Elisabeth PARIZEL, René WALLSTEIN, « MÉDECINE ET INTERNET », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 12 août 2022. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/medecine-et-internet/