Abonnez-vous à Universalis pour 1 euro

MASSIF CENTRAL

France : carte physique

France : carte physique

Les altitudes sont modestes dans le Massif central : la moyenne est de 700 mètres environ, et le point culminant, le puy de Sancy, atteint 1 886 mètres. Cependant, le Massif central est, de très loin, le plus vaste massif montagneux de la France et couvre 85 000 kilomètres carrés. Le nom même de Massif central est récent et d'origine savante : ce sont deux naturalistes, Dufrénoy et de Beaumont, qui ont su reconnaître, en 1840, l'unité géologique commune à un grand nombre de petites contrées qui s'ignoraient. Puis la notion devint vite populaire grâce à l'école primaire et à ses cartes murales. On vit dans le Massif central le « château d'eau de la France » mais aussi son « pôle répulsif » qui envoyait des émigrants aux quatre coins de l'horizon vers les plaines riches : Bassin parisien, bassin d'Aquitaine, couloir rhodanien, plaine du Languedoc. Aujourd'hui, la personnalité du Massif central reste forte, mais il connaît un certain nombre de problèmes, d'ordre démographique en particulier, que son désenclavement et le développement de nouvelles activités économiques devraient permettre de résoudre.

Un massif hercynien original

Le Massif central est un fragment géologique de la vieille chaîne hercynienne, au même titre que le Massif armoricain, les Vosges, le Massif schisteux rhénan. Il a participé au même plissement à la fin de l'ère primaire : c'est au Carbonifère que se forment les dépressions houillères entre de hautes montagnes. L'ensemble fut nivelé ensuite par différentes surfaces d'érosion ou pénéplaines. Les principales roches affleurant à l'air libre sont donc celles de la profondeur de l'édifice hercynien : granites, gneiss, schistes. L'aspect dominant est celui d'un plateau entaillé de multiples cours d'eau et, parfois, de gorges profondes. Partout le relief est en « creux », les rivières ayant répondu par un creusement au soulèvement des pénéplaines.

Les dislocations d'âge tertiaire ont découpé le massif en différents compartiments inégalement soulevés. Les failles sont d'autant plus vigoureuses qu'on se rapproche des champs de force des Pyrénées et des Alpes : d'où les admirables paysages du Sud-Est, dans les Cévennes, où les sommets de l'Aigoual (1 565 m) et du mont Lozère (1 702 m) dominent abruptement le bas Languedoc. Le centre du massif, l' Auvergne, connaît aussi de grandes dénivellations : les monts du Forez dominent de plus de 1 000 mètres les bassins de l'Allier et de la Loire. Vers le nord, le Morvan (900 m) fait encore partie du même système de soulèvement, ici affaibli. Au nord-ouest, le Limousin est plus monotone, et la « montagne » limousine n'est qu'un plateau parmi d'autres, un peu plus élevé.

Sur une carte des cours d'eau apparaît la même disposition. Les rivières qui s'écoulent vers le nord, comme la Loire et l'Allier, et vers l'ouest, comme la Dordogne et le Lot, sont d'une grande ampleur. En revanche, les versants qui regardent les Alpes et les Pyrénées sont sillonnés de véritables torrents : Ardèche, Gardons, Orb...

On doit mettre à part une région originale, les Grands Causses. Elle doit son aspect particulier à de puissantes couches de calcaires secondaires, très perméables et très solubles, qui ont recouvert le vieux socle hercynien. Les vastes surfaces pierreuses, les rochers ruiniformes, les grottes et les abîmes composent un paysage insolite. Mais comme ailleurs, et plus encore, l'impression de plateau soulevé est saisissante ; au-dessous des corniches blanchâtres, les gorges de rares rivières (Jonte, Tarn) sont entaillées sur 500 mètres de profondeur.

Au-dessus des plateaux se dressent des volcans d'âge tertiaire et quaternaire. Les émissions de lave ont eu dans le massif une ampleur[...]

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par

  • : professeur de géographie à l'université de Clermont-Ferrand
  • Universalis : services rédactionnels de l'Encyclopædia Universalis

. In Encyclopædia Universalis []. Disponible sur : (consulté le )

Média

France : carte physique

France : carte physique

Autres références

  • AUVERGNE

    • Écrit par Christian JAMOT
    • 2 924 mots
    • 2 médias
    L'Auvergne s'organise autour d'un couloir de plaines d'axe méridien, situé au sud du Bassin parisien et qui pénètre profondément au cœur du Massif central (Grande Limagne, Petites Limagnes, bassins tel celui d'Ambert). Ces espaces ont de tout temps constitué un ensemble de bonnes...
  • CÉVENNES

    • Écrit par Jean-Paul VOLLE
    • 753 mots

    Les Cévennes constituent le rebord montagneux du Massif central tombant brutalement sur l'avant-pays languedocien selon une direction nord-est - sud-ouest, du plateau volcanique des Coirons aux contreforts de la Montagne Noire. Les blocs cristallins basculés et soulevés culminent au mont Lozère (1 702...

  • CAUSSES

    • Écrit par Jean-Paul VOLLE
    • 696 mots
    • 1 média

    Au revers des Cévennes méditerranéennes taillées en serres, les grandes tables calcaires des Causses (de 600 à 1 250 mètres d'altitude) surprennent par la nudité de leurs horizons. Les assises calcaires très épaisses de ces terres de haute solitude se sont formées au Jurassique dans une vaste dépression...

  • CLERMONT-FERRAND

    • Écrit par Christian JAMOT
    • 972 mots
    • 1 média

    Clermont-Ferrand, métropole régionale de l'Auvergne jusqu’au 31 décembre 2015, s'est établie au contact de la plaine et de la montagne. Des villes proches pouvaient se targuer d'une même situation : Montferrand, Riom, chacune ayant ses propres atouts, le pouvoir comtal à Montferrand, celui de la...

  • Afficher les 17 références

Voir aussi