CAUSSES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Au revers des Cévennes méditerranéennes taillées en serres, les grandes tables calcaires des Causses (de 600 à 1 250 mètres d'altitude) surprennent par la nudité de leurs horizons. Les assises calcaires très épaisses de ces terres de haute solitude se sont formées au Jurassique dans une vaste dépression ceinturée de massifs cristallins plus anciens, l'Aubrac au nord, la Montagne Noire au sud, les Cévennes à l'est, le Ségala à l'ouest. Au-delà du Ségala, les causses du Quercy (de Limogne et de Gramat) enserrent la vallée du Lot vers Cahors. Le petit causse du Comtal domine Rodez, se prolongeant par celui de Séverac. Mais l'essentiel des unités caussenardes se distribue entre la haute vallée du Lot (causse de Sauveterre) et la bordure cévenole, de l'Aigoual au Caroux. On trouve là les étendues désertiques des causses Méjean (entre Tarn et Jonte), Noir (entre Jonte et Dourbie) et du Larzac, le plus imposant, au sud. Les rivières serpentent au plus profond de gorges aux parois verticales, étroits sillons verdoyants dominés par les escarpements calcaires et les corniches en surplomb des canyons. Sur les plateaux, c'est le désert de pierre parfois hérissé de roches dolomitiques ruiniformes, chaos rocheux aux formes étranges (Montpellier-le-Vieux), souvent creusé d'avens et de gouffres, parcouru de vallonnements asséchés bordés de lapiés lorsque la roche est à nu et qu'elle a été ciselée par l'érosion de surface. La terre végétale est rare, le sol utile amaigri, accumulé sous forme de terre rouge dans de petites dépressions fermées, appelées sotchs ou dolines, conservant souvent une mare (ou lavogne).

Occitanie : carte physique

Carte : Occitanie : carte physique

Carte physique de la région Occitanie. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

Afficher l'atlas

Ces étendues rocailleuses et arides, chauffées à blanc l'été, offertes aux vents, froids l'hiver, chargés de pluies à l'automne, venus de l'ouest ou dévalant de la Cévenne méditerranéenne, forment un relief karstique taraudé par les eaux profondes qui réapparaissent au pied des escarpements en résurgences surprenantes. Pays sec aux eaux souterraines, pays de pierres, pays de faune (grand vautour fauve) et de flore très typiques (steppe calcicole à graminées et plantes colorées et odorantes, à buis et genévrier, avec quelques rares pins, chênes pubescents et érables de Montpellier), les causses et leurs paysages font aujourd'hui l'objet d'une protection renforcée au sein du parc régional des Grands Causses.

Au début du xxie siècle, l'économie caussenarde repose toujours sur l'élevage du mouton, longtemps extensif, modernisé en relation avec la fourniture de lait à Roquefort (la brebis de Lacaune a remplacé le mouton du Larzac). L'aire de collecte dépasse largement le périmètre des Grands Causses, car la traite locale s'avère insuffisante pour alimenter la production d'un fromage qui s'exporte au loin et fonde la richesse des territoires qui entourent le site du Combalou. L'agriculture des Causses se réduit à peu de chose, malgré les aides aux installations : quelques cultures céréalières ou fourragères, un élevage pour le lait ou pour la viande (agnelage). Les petites villes de la périphérie, Millau (21 900 habitants en 2005), Saint-Affrique, Mende (12 600 hab.), Séverac-le-Château, Florac et Lodève, avaient fondé leur développement économique sur le travail des produits de l'élevage : draps de laine et surtout ganterie à Millau. Mais l'économie moderne prend de plus en plus appui sur l'autoroute A75 (Clermont-Ferrand-Méditerranée) qui désenclave ces hautes terres. Cette économie repose avant tout sur le tourisme de découverte (paysages, gorges, grottes et avens...), de loisirs sportifs (randonnées, canyoning et sports d'eaux vives, escalade, spéléologie, vol libre...), du patrimoine culturel et urbain qui permet l'animation, surtout estivale, de petits centres locaux (Roquefort, Meyrueis, Sainte-Énimie, Le Caylar, les villages hospitaliers et templiers du Larzac).

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 2 pages

La suite de cet article est accessible aux abonnés

  • Des contenus variés, complets et fiables
  • Accessible sur tous les écrans
  • Pas de publicité

Découvrez nos offres

Déjà abonné ? Se connecter

Écrit par :

  • : professeur agrégé des Universités, professeur à l'université de Montpellier-III-Paul-Valéry

Classification

Autres références

«  CAUSSES  » est également traité dans :

MASSIF CENTRAL

  • Écrit par 
  • André FEL
  • , Universalis
  •  • 3 208 mots

Dans le chapitre « Un massif hercynien original »  : […] Le Massif central est un fragment géologique de la vieille chaîne hercynienne, au même titre que le Massif armoricain, les Vosges, le Massif schisteux rhénan. Il a participé au même plissement à la fin de l'ère primaire : c'est au Carbonifère que se forment les dépressions houillères entre de hautes montagnes. L'ensemble fut nivelé ensuite par différentes surfaces d'érosion ou pénéplaines. Les pr […] Lire la suite

PAYS NOTION DE

  • Écrit par 
  • Lucette LAURENS
  •  • 1 283 mots

Dans le chapitre « Le pays, un outil du politique »  : […] Le terme de pays est issu du latin médiéval pagensis qui, jusqu'à la fin du ix e  siècle, désigne l'habitant du pagus (petite unité rurale), le compatriote, le campagnard. Il désigne ensuite un territoire, « une région géographique habitée, plus ou moins nettement délimitée » (Alain Rey, Dictionnaire historique de la langue française , 1998). Il y a confusion entre un lieu et ceux qui peuvent s'e […] Lire la suite

Pour citer l’article

Jean-Paul VOLLE, « CAUSSES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 27 janvier 2023. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/causses/