LYMPHOMES

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Les lymphomes malins sont des tumeurs développées à partir des cellules appartenant au système lymphatique (lymphocytes). Il s'agit d'affections fréquentes dont la répartition selon l'âge des patients varie avec le type histologique, mais pour lesquelles on ne connaît pas de causes favorisantes sauf des états d'immunodépression ou l'infection par le virus HTLV1 qui sévit en Extrême-Orient. Selon l'usage, nous distinguerons la maladie de Hodgkin et les lymphomes malins non hodgkiniens.

Maladie de Hodgkin

Lymphome malin le plus fréquent, la maladie de Hodgkin est observée surtout chez des sujets jeunes (le plus souvent entre vingt et quarante ans) sans prédominance de sexe. Aucune étiologie n'a pu être identifiée jusqu'à présent.

Schématiquement, la maladie est découverte dans trois situations :

– la maladie est révélée par une adénopathie superficielle palpable, fréquemment localisée chez un sujet dont l'état général est excellent ;

– la maladie est révélée par une adénopathie médiastinale isolée, découverte lors d'un examen systématique ou à la suite de signes de compression ;

– la maladie est généralisée, atteignant plusieurs territoires ganglionnaires, avec ou sans atteintes viscérales associées.

L'attitude thérapeutique ne sera pas la même dans les trois situations ; c'est pourquoi nous les envisagerons séparément.

Dans la première éventualité clinique (cas d'une adénopathie superficielle faisant évoquer la maladie de Hodgkin), le problème est d'affirmer ou d'infirmer le diagnostic. La ponction ganglionnaire permet parfois de retirer un suc contenant des cellules caractéristiques (cellules de Sternberg), mais une ponction blanche n'élimine en rien le diagnostic, qui, de toute façon, devra être confirmé par biopsie grâce à laquelle sera précisé le type histologique des lésions.

Un bilan d'extension s'impose, en même temps qu'une appréciation de l'évolutivité de la maladie. L'extension aux territoires ganglionnaires est étudiée par l'examen clinique, l'examen O.R.L., l'examen radiologique du thorax, une biopsie ostéomédullaire ; la tomodensitométrie (scanner) ganglionnaire splénique et hépatique peut être utilisée pour compléter les indications données par la lymphographie.

Ces différentes explorations permettent de définir quatre stades :

– le stade I : un territoire atteint ou deux territoires contigus du même côté du diaphragme ;

– le stade II : deux ou plusieurs territoires non contigus du même côté du diaphragme ; variante IIE s'il y a atteinte viscérale par contiguïté ;

– le stade III : atteinte ganglionnaire sus et sous-diaphragmatique ; variantes IIIS s'il y a atteinte de la rate et IIIE s'il y a atteinte viscérale par contiguïté ;

– le stade IV : atteinte viscérale : hépatique, médullaire, pulmonaire, osseuse ou cutanée.

L'évolutivité de la maladie est appréciée à la fois sur les signes cliniques et biologiques ainsi recueillis.

Le pronostic dépend de l'extension de la maladie, de la présence ou de l'absence des signes d'évolutivité, du type histologique, de l'existence éventuelle de signes liés à un déficit de l'immunité cellulaire responsable de complications évolutives graves (mycoses, viroses, etc.).

Il y a une dizaine d'années, les stades I et II étaient traités par radiothérapie seule ou associée à une polychimiothérapie de courte durée. Les stades III ou IV étaient traités par une association chimiothérapie plus radiothérapie.

La polychimiothérapie dite M.O.P.P. (méchloréthamine, vincristine, procarbazine, prednisone) et ABV (doxorubicine, bléomycine et vinblastine) a permis d'obtenir des rémissions de longue durée dans plus de 85 p. 100 des cas, en liaison avec la radiothérapie. Le protocole actuel (2008) utilise ABVD (adriamycine, bléomycine, vinblastine, DTIC) et il serait possible de ne pas utiliser la radiothérapie en complément.

1  2  3  4  5
pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages

Écrit par :

  • : chef du service d'hématologie à l'hôpital Henri-Mondor, Créteil

Classification

Autres références

«  LYMPHOMES  » est également traité dans :

ADN (acide désoxyribonucléique) ou DNA (deoxyribonucleic acid)

  • Écrit par 
  • Michel DUGUET, 
  • David MONCHAUD, 
  • Michel MORANGE
  • , Universalis
  •  • 10 070 mots
  •  • 10 médias

Dans le chapitre « Les quadruplexes, cibles thérapeutiques ?  »  : […] Il apparaît ainsi clairement que les quadruplexes d’ADN et d’ARN jouent des rôles importants dans la vie de la cellule, en participant aux processus clés de la prolifération des cellules. Dès lors, les dérégulations dans lesquelles sont impliqués les quadruplexes ont été scrutées du point de vue des anomalies prolifératives menant notamment au développement des cancers. Même s’il est aujourd’hui […] Lire la suite

CANCER - Cancers et virus

  • Écrit par 
  • Sophie ALAIN, 
  • François DENIS, 
  • Sylvie ROGEZ
  •  • 5 649 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Rétrovirus HTLV-1 »  : […] Un rétrovirus, l'HTLV-1, est responsable de leucémies-lymphomes T de l'adulte (ATLL). HTLV-1 ( human T-lymphotropic virus-1 ) n' infecte pas moins de quinze à vingt-cinq millions de personnes dans le monde avec des zones de forte prévalence d'endémie (Japon, Amérique du Sud, Afrique subsaharienne). Ce virus est transmissible par le sang, par les rapports sexuels et de la mère à l'enfant par l' […] Lire la suite

CANCER - Immunothérapie

  • Écrit par 
  • Emmanuel DONNADIEU
  •  • 5 115 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « L’immunothérapie des cancers : un concept ancien en pleine expansion »  : […] L’idée est donc de faire en sorte que les lymphocytes T reconnaissent efficacement les cellules cancéreuses et les tuent. Manipuler le système immunitaire afin que ce dernier détruise la tumeur est une idée ancienne. Ainsi, à la fin du xix e  siècle, un chirurgien américain, William Coley, avait utilisé des lysats bactériens (« toxines de Coley ») pour traiter des patients atteints de cancers appe […] Lire la suite

HÉMATODERMIES

  • Écrit par 
  • Pierre de GRACIANSKY
  •  • 514 mots

Manifestations cutanées accompagnant les maladies du système hématopoïétique dont certains éléments, normalement quiescents dans le derme, manifestent alors une activité anormale. On distingue deux groupes d'éruptions : des lésions banales et habituellement prurigineuses, sans infiltrat spécifique décelable à l'examen histologique, ou des lésions associées à un infiltrat spécifique qui détermine s […] Lire la suite

HÉPATITE VIRALE C

  • Écrit par 
  • Stanislas POL, 
  • Anaïs VALLET-PICHARD
  •  • 7 266 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Histoire naturelle de l’infection virale C »  : […] L'infection virale C est caractérisée par une hépatite aiguë survenant cinq à quarante-cinq jours après la contamination : si l’augmentation des transaminases hépatiques est constante (mais passe souvent inaperçue), l’ictère (jaunisse) n‘est présent que dans 20 % des cas. Il n’y a pas de forme fulminante de l’hépatite aiguë et le taux de guérison spontanée est de l’ordre de 20 à 40 % ; l'évolutio […] Lire la suite

IMMUNOPATHIES

  • Écrit par 
  • Jean-François BACH, 
  • Jean-Claude BROUET, 
  • Claude GRISCELLI, 
  • Pierre VERROUST, 
  • Guy-André VOISIN
  •  • 11 763 mots
  •  • 4 médias

Dans le chapitre « Syndromes immunoprolifératifs touchant les cellules B »  : […] Les leucémies aiguës lymphoblastiques correspondent dans 80 p. 100 des cas à la prolifération de cellules B immatures. Ce n'est que dans un tout petit nombre de cas que les cellules synthétisent des immunoglobulines décelables à leur membrane (cellules ayant atteint le stade du lymphocyte B immature). Plus souvent, l'origine B des cellules leucémiques est reconnue par la présence de chaînes lourde […] Lire la suite

ONCOGENÈSE ou CANCÉROGENÈSE ou CARCINOGENÈSE

  • Écrit par 
  • Roger MONIER
  •  • 7 288 mots
  •  • 5 médias

Dans le chapitre « Anti-oncogènes et virus oncogènes à ADN »  : […] Les rétrovirus, dont le génome est constitué par de l'ARN, ne sont pas les seuls virus capables de jouer un rôle dans l'oncogenèse. Certains virus à ADN possèdent également la capacité de transformer des cellules en cultures ou d'induire des tumeurs. Les virus de papillomes humains (HPV) sont dans ce cas, et, comme pour le virus sarcomatogène aviaire, il a été démontré que le pouvoir oncogène des […] Lire la suite

RATE

  • Écrit par 
  • Jean-Didier RAIN
  •  • 2 757 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « Splénomégalies »  : […] Les maladies qui affectent la rate sont très nombreuses et se traduisent habituellement par une splénomégalie, parfois par la disparition fonctionnelle ou anatomique de la rate. La rate n'est normalement pas palpable. La palpation de cet organe signe une splénomégalie. La rate peut être atteinte au cours d'une maladie générale sans être obligatoirement augmentée de volume. Le diagnostic d'une spl […] Lire la suite

SIDA (syndrome immuno-déficitaire acquis)

  • Écrit par 
  • François BRICAIRE, 
  • Patrice PINELL, 
  • Yves SOUTEYRAND
  •  • 9 688 mots
  •  • 6 médias

Dans le chapitre « Évolution de l'infection »  : […] L'infection due au VIH évolue sur un mode chronique pendant plusieurs années. Dès que le VIH contamine un sujet, il s'intègre dans le génome des cellules, qu'il infecte pour se développer progressivement, sauf chez certains sujets, que l'on appelle des « non-répondeurs ». On distingue plusieurs étapes après la contamination : – Une période d'incubation silencieuse, d'une quinzaine de jours à deux […] Lire la suite

Voir aussi

Pour citer l’article

Claude SULTAN, « LYMPHOMES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 25 novembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/lymphomes/