SAINT-JUST LOUIS (1767-1794)

Carte mentale

Élargissez votre recherche dans Universalis

Archange de la Terreur ou galopin sanglant ? Théoricien lucide de la Révolution ou ridicule auteur d'un laborieux pastiche de Rousseau ? Dernier Spartiate épris de justice sociale ou prêtre fanatique d'un culte de mort ? « Un monstre, écrit Mignet, mais peigné. » « Une lampe dans un tombeau », ajoute Barrès. « Sur un piédestal de définitions, il dresse l'indéfinissable », conclut Malraux. Tel apparaît Saint-Just, figure pleine de contradictions élevée au niveau du mythe. Plus encore que Robespierre, il personnifie en effet la Terreur. Sa carrière n'épouse-t-elle pas exactement la phase la plus sanglante de la Révolution, et ses discours à la Convention n'exaltent-ils pas la mystique de la guillotine ? Mais l'admiration se mêle à l'horreur dans la fascination qu'exerce Saint-Just. À l'origine de cette transfiguration, la jeunesse du héros qui meurt sur l'échafaud à vingt-sept ans et la brièveté fulgurante d'une carrière politique de deux ans, le temps nécessaire pour sauver la République de ses périls intérieurs et extérieurs.

La formation

Fils d'un cultivateur quinquagénaire qui fut chevalier de Saint-Louis en récompense de ses services dans l'armée, Louis Antoine Léon Saint-Just, né le 25 août 1767, à Decize, doit peut-être à cette ascendance les talents militaires qu'il révéla dans ses missions. De ses études chez les oratoriens de Soissons il conserva une prédilection pour les Romains. Sa haine de l'Ancien Régime vient probablement de la lettre de cachet qu'aurait fait lancer contre lui sa mère après qu'il lui eut dérobé quelques bijoux et objets précieux. Est-ce à l'école de droit de Reims, où furent également étudiants Brissot et Danton, qu'il prit le goût de méditer sur « la science du gouvernement et les droits du peuple » ? Passons sous silence le poème érotique, L'Organt, qui n'ajoute rien à la gloire de Saint-Just. Ce ne sont que fornication avec des ânes, « courtisanes tannées » et nonnes violées, sans déplaisir de leur part, si l'on en croit l'une d'elles : « Mais qu [...]

1 2 3 4 5

pour nos abonnés,
l’article se compose de 3 pages




Écrit par :

  • : professeur à l'université de Paris-IV-Sorbonne

Classification


Autres références

«  SAINT-JUST LOUIS (1767-1794)  » est également traité dans :

ABENSOUR MIGUEL (1939-2017)

  • Écrit par 
  • Anne KUPIEC
  •  • 907 mots
  •  • 1 média

Utopie, émancipation, critique, politique – tels sont les termes qui peuvent qualifier le travail conduit par Miguel Abensour, professeur de philosophie politique, éditeur et penseur . Miguel Abensour est né à Paris le 13 février 1939. Agrégé de sciences politiques, auteur d’une thèse d’État ( Les Formes de l'utopie socialiste-communiste : essai su […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/miguel-abensour/#i_4921

ARMÉE - Doctrines et tactiques

  • Écrit par 
  • Jean DELMAS
  •  • 7 992 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « Masse, manœuvre et idéologie »  : […] La royauté française expirante léguait à la Révolution une armée dotée d'un règlement de manœuvre (1791), de l'amorce de l'organisation divisionnaire (1788) et d'un armement qui restera en service pendant toutes les guerres de la Révolution et de l'Empire (fusil 1777 et artillerie Gribeauval). La Révolution remplit ces structures de la masse des c […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/armee-doctrines-et-tactiques/#i_4921

GIRONDINS ET MONTAGNARDS

  • Écrit par 
  • Jean MASSIN
  •  • 2 553 mots
  •  • 1 média

Dans le chapitre « L'idéologie »  : […] L'idéologie girondine concevait le mouvement inauguré en 1789 comme une donnée close, où il n'y avait rien d'autre à se proposer que la réalisation des objectifs du départ ; elle ne différait au fond de celle des Feuillants que dans la définition de ces objectifs ; elle estimait surtout que ces objectifs avaient été trahis par la réaction feuillant […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/girondins-et-montagnards/#i_4921

RÉVOLUTION FRANÇAISE

  • Écrit par 
  • Jean-Clément MARTIN, 
  • Marc THIVOLET
  •  • 29 477 mots
  •  • 3 médias

Dans le chapitre « L'impossible arrêt de la Révolution (avril-juillet 1794) »  : […] La partie n'est pas gagnée pour autant. Les robespierristes, soucieux de conjuguer Terreur et vertu, doivent encore continuer la centralisation de la Révolution. Ils rappellent les représentants les plus radicaux comme Dartigoeyte ou Javogues, et suppriment progressivement toutes les commissions militaires et autres tribunaux d'exception qui échapp […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/revolution-francaise/#i_4921

THERMIDOR AN II JOURNÉE DU 9 (27 juill. 1794)

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 801 mots

À l'inverse des journées révolutionnaires du 10 août 1792 ou du 2 juin 1793, le peuple n'eut aucune part dans la journée du 9 thermidor qui vit la chute de Robespierre. On a pu dire que le 9-Thermidor correspondait à un simple changement de majorité parlementaire. Robespierre a succombé en effet devant une coalition hétéroclite qui comprenait d'anc […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/journee-du-thermidor-an-ii/#i_4921

VENTÔSE DÉCRETS DE

  • Écrit par 
  • Jean TULARD
  •  • 353 mots

Le problème des décrets de Ventôse (an II — févr.-mars 1794) est lié à celui de la politique sociale des Montagnards pendant la Révolution française. Le 8 ventôse (26 févr. 1794), Saint-Just monte à la tribune : « L'opulence est dans les mains d'un assez grand nombre d'ennemis de la Révolution [...] Les biens des conspirateurs sont là pour les malh […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/decrets-de-ventose/#i_4921

Voir aussi

Pour citer l’article

Jean TULARD, « SAINT-JUST LOUIS - (1767-1794) », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 18 février 2019. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/louis-saint-just/