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LARYNX, pathologie

Les laryngites

Les laryngites aiguës sont banales, elles peuvent être dues aux virus (grippe) ou aux microbes, comme la classique laryngite diphtérique ( croup). Elles se manifestent par un enrouement et une douleur à la déglutition. L'image laryngoscopique montre un larynx rouge dans son ensemble, spécialement au niveau des cordes vocales qui peuvent être plus ou moins infiltrées. Le repos vocal et des inhalations décongestives ou des aérosols (contenant antibiotiques et anti-inflammatoires) sont le plus souvent suffisants pour obtenir la guérison. Dans les pays où on la met en œuvre, la vaccination antidiphtérique a pratiquement fait disparaître le croup, obstruction du larynx par les fausses membranes diphtériques. Mais une laryngite d'allure particulière, la laryngite suffocante, reste propre à l'enfant, chez lequel elle est souvent liée à une infection par le streptocoque hémolytique. Elle s'accompagne d'un état général grave et souvent de dyspnée. Les antibiotiques et les corticoïdes ont amélioré le pronostic, mais l'intubation et la surveillance en réanimation sont nécessaires.

L' œdème du larynx est en général infectieux, mais sa cause est parfois une allergie ou une insuffisance rénale. L'œdème infectieux est rouge, s'accompagne de fièvre et de dyspnée. L'œdème non infectieux est blanc, translucide. Le traitement consiste en l'antibiothérapie associée à la corticothérapie. Ce traitement évite l'extension des lésions et, par conséquent, l'intubation.

Les laryngites dysfonctionnelles sont dues à un usage inapproprié de la fonction vocale. La dysphonie est d'abord intermittente, avec un larynx morphologiquement normal mais vibrant mal en fibroscopie ; elle devient progressivement permanente et peut, alors, être expliquée par l'apparition d'un nodule (« nodule du chanteur ») situé à la jonction du tiers antérieur et du tiers moyen de la corde vocale, parfois bilatéral. Le traitement consiste en repos vocal et rééducation. Parfois la dysfonction peut induire un polype qui nécessite une exérèse en microlaryngoscopie en suspension.

La laryngite chronique présente des causes nombreuses. Une laryngite aiguë, faute de traitement, peut devenir subaiguë, puis chronique. Mais la cause principale est le surmenage vocal, l'abus du tabac et de l'alcool. Les formes en sont nombreuses. Le « pseudomyxome » est localisé aux cordes vocales, qui, gorgées d'œdème, ont un aspect translucide. Les laryngites rouges sont souvent plus étendues. Les laryngites blanches peuvent être localisées ou diffuses ; la leucoplasie ou les papillomes risquent d'évoluer vers le cancer, étudié plus loin.

Le traitement des laryngites chroniques comporte l'arrêt des facteurs irritants, l'exérèse des lésions localisées grâce à la laryngoscopie en suspension, la recherche d'une cancérisation par histologie des prélèvements et une surveillance attentive.

La tuberculose laryngée est devenue très rare. Elle est habituellement associée à une atteinte pulmonaire. Les signes en sont la dysphonie et la dysphagie. Les lésions, pâles, atteignent les régions postérieures des cordes vocales.

La syphilis laryngée, exceptionnelle, est faite d'ulcération gommeuse (lésion tertiaire), ubiquitaire, ou d'infiltration sous-glottique.

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Écrit par

  • : professeur honoraire à la faculté de médecine de Paris
  • : praticien hospitalier, professeur des Universités

Classification

Pour citer cet article

Marcel AUBRY et Bernard MEYER. LARYNX, pathologie [en ligne]. In Encyclopædia Universalis. Disponible sur : (consulté le )

Médias

Cavité buccale - crédits : Encyclopædia Universalis France

Cavité buccale

Larynx : structure - crédits : Encyclopædia Universalis France

Larynx : structure

Paralysies laryngées associés - crédits : Encyclopædia Universalis France

Paralysies laryngées associés

Autres références

  • TROUSSEAU ARMAND (1801-1867)

    • Écrit par Jacqueline BROSSOLLET
    • 501 mots

    Né à Tours le 14 octobre 1801, Armand Trousseau est d’abord formé comme professeur de lettres classiques et devient répétiteur au lycée de Châteauroux. Il est remarqué par Pierre Fidèle Bretonneau, grand médecin de Tours, qui l'engage dans son service à l'hôpital de Tours et lui fait entreprendre...

  • VOIX, physiologie

    • Écrit par Jean ABITBOL, Bernard VALLANCIEN
    • 4 694 mots
    On rencontre les nodules chez deux types de sujets : les enfants et les femmes, surtout chanteuses en tessiture aiguë (particulièrement soprano colorature). Ils sont le résultat d'une mauvaise utilisation du larynx dans la phonation des sons aigus.

Voir aussi