LANGUEDOC-ROUSSILLON

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Créée dans les années 1960-1970 dans le cadre du mouvement de décentralisation visant à rééquilibrer le territoire entre Paris et la province, la région Languedoc-Roussillon forme, depuis le 1er janvier 2016, une grande entité avec Midi-Pyrénées, sous le nom d’Occitanie.

Languedoc-Roussillon : carte administrative avant réforme

Dessin : Languedoc-Roussillon : carte administrative avant réforme

Carte administrative de la région Languedoc-Roussillon avant la réforme de 2015. 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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La région du Languedoc-Roussillon comptait 2,7 millions d'habitants en 2012. Gagnant en moyenne 30 000 personnes par an, elle est devenue la première région attractive de France. Mais elle est loin d'être homogène. Aux extrêmes, la Lozère, terre d'altitude, conserve les caractères du Massif central et le massif pyrénéen marque profondément ceux des Pyrénées-Orientales. L'Aude se partage entre les influences méditerranéennes et celles de Toulouse. Le Gard se sent rhodanien et, pour partie, plus provençal que languedocien. Reste l'Hérault, au centre, département le plus peuplé chargé de donner sens à l'unité régionale. Car plus que son nom ne l'indique, le Languedoc-Roussillon, multiple dans ses structures géographiques, se révèle être un assemblage complexe de pays et de territoires. Le littoral, de plus en plus convoité, associe les longues langues sableuses bordées d'étangs et les rochers escarpés de la côte Vermeille. Le calcaire règne en maître dans les Garrigues, le Minervois, les Corbières, terres des extrêmes climatiques. La montagne, en retrait et en ceinture, granitique ou schisteuse, est finalement partout présente. Quant à l'avant-pays, souvent dit de plaines et de vignes, il est surtout aujourd'hui couloir de passage fortement urbanisé, regroupant infrastructures, hommes, villes et activités. Le Languedoc-Roussillon moderne est là, tout de brassages, loin des clichés admis et des images traditionnelles.

Terres et mer

Le Languedoc-Roussillon serait-il un amphithéâtre ouvert sur la mer par une succession de gradins ? L'impression dominante est bien celle d'une gradation du relief depuis la ligne tendue du trait de côte jusqu'aux hauteurs cévenoles, l'alignement pyrénéen perturbant cette belle harmonie. Entre littoral et hautes terres, distinguons les Garrigues à l'est, les Soubergues (collines du Biterrois) et le Minervois à l'ouest, les Corbières, le Razès et les Fenouillèdes en avant-pays des Pyrénées. L'ensemble esquisse un portrait varié de la région que fleuves et rivières, par leur sillon pénétrant vers l'intérieur, viennent encore compliquer. Le Tech et la Têt ont profondément creusé leur vallée (Vallespir et Conflent) entre Albères, Canigou et crêtes du Capcir. La route des piémonts, d'Alès à Saint-Pons-de-Thomières, s'achève au pied des monts de l'Espinouse, avec le sillon du Jaur prolongé par la vallée du Thoré vers Mazamet. La vallée de l'Hérault, méridienne, ouvre la route du Larzac puis se glisse en gorges et étroit couloir jusqu'aux flancs de l'Aigoual. Petits fleuves et rivières, Vidourle, Cèze et Gardons, créent des unités de vie reposant sur leur bassin hydrographique.

Languedoc-Roussillon : l'espace géographique

Dessin : Languedoc-Roussillon : l'espace géographique

Le milieu naturel de la région Languedoc-Roussillon (d'après : Cartographie de Stéphane Coursière, U.M.R. 5045, C.N.R.S.). 

Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Tout converge vers la mer sans que la région s'affirme au travers des activités maritimes. Le littoral, un trait de sable rectiligne et un cordon de dunes instable précédé d'un ensemble de lagunes et de marais appelés improprement « étangs » reliés à la mer par des passes ou « graus », est peu propice aux installations maritimes. Les abris sont rares ; Aigues-Mortes tôt ensablée et Sète, création tardive accrochée au môle du Saint-Clair, sont les témoins d'une histoire maritime timide. Agde n'a jamais confirmé sa place dans le commerce méditerranéen antique, ni Maguelone son rôle au Moyen Âge. Seuls les petits ports catalans de Collioure et Port-Vendres, arrimés à la terminaison des Albères, témoignent d'une culture maritime. En dehors du mont Saint-Clair (Sète) et du Saint-Loup (Agde) qui fixent le lido, les paysages du littoral sont tout de platitudes sableuses, de rencontres des eaux douces et saumâtres. L'étang abrite une faune et une flore des plus riches. Ce milieu très fragile est menacé par les pollutions contemporaines dues aux activités agricoles, au tourisme, aux inondations. Ports de loisirs creusés à même le sable, marinas et stations touristiques implantées dans les années 1970 contrastent avec les petits ports de pêche et les doublets balnéaires traditionnels des villes de l'intérieur (Canet-Plage-Perpignan ; Palavas-Montpellier ; Valras-Béziers). Port-Camargue, La Grande-Motte et le Cap d'Agde symbolisent le littoral aménagé ; à l'ouest, le schéma urbain est moins affirmé, Leucate, Barcarès, Saint-Cyprien souffrent de leur relatif isolement et de la concurrence des stations plus anciennes, Canet et Argelès-Plage.

Du Rhône à la vallée de l'Aude, la plaine littorale n'est qu'un étroit couloir résultant des atterrissements continentaux transportés par les fleuves côtiers. Aire de conquête du vignoble de masse, elle a fixé les grandes infrastructures qui jalonnent la région, ce qui accentue l'impression de couloir de passage. Très étroite et envahie par les étangs entre les Corbières et la mer, elle s'épanouit sous forme de huerta maraîchère entre l'Agly et le Tech. Vers l'ouest, la vallée de l'Aude, entre les crêtes de la Montagne d'Alaric et celles de la Montagne Noire, prolonge le couloir jusqu'au seuil de Naurouze. Déjà, les croupes du Lauragais définissent un paysage toulousain.

Les paysages associant le calcaire plus ou moins ancien, plus ou moins massif et dur à une formation végétale typiquement méditerranéenne (la garrigue) donnent leur unité à la région. Vastes plateaux coupés de vallées en canyons (garrigues d'Uzès, de Nîmes et de Montpellier), dominés par quelques proéminences en « pics » (pic Saint-Loup, signal du mont Bouquet), croupes plus limoneuses du Biterrois, collines rocheuses dans le Minervois, hauteurs désertiques des Corbières profondément entaillées par l'Aude et ses affluents, jusqu'aux Aspres catalans, tout le registre du calcaire façonne un Languedoc de la pierre et de l'eau. Trop souvent absente en surface, l'eau est active en sous-sol, dessinant le monde souterrain original du karst.

La montagne en surplomb ceinture et ferme les horizons. Au nord, du mont Lozère à la Montagne Noire, les terminaisons hercyniennes du Massif central forment une ligne discontinue, cassée par les tables calcaires caussenardes. L'altitude moyenne y est voisine de 1 200 mètres et la montagne s'avance en éperons, en belvédères au-dessus de l'avant-pays. Le mont Lozère partage les eaux, l'Aigoual domine la vallée de l'Hérault, le Caroux celle de l'Orb. Les rivières ont affouillé les schistes du versant méditerranéen céveno [...]

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Languedoc-Roussillon : carte administrative avant réforme

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Languedoc-Roussillon : l'espace géographique

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Crédits : Encyclopædia Universalis France

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Languedoc-Roussillon : l'espace et les hommes

Languedoc-Roussillon : l'espace et les hommes
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Vignobles du Languedoc-Roussillon

Vignobles du Languedoc-Roussillon
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Pour citer l’article

Laurence FABBRI, Jean-Paul VOLLE, « LANGUEDOC-ROUSSILLON », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 01 décembre 2021. URL : https://www.universalis.fr/encyclopedie/languedoc-roussillon/