KABYLES

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Lounès Matoub

Lounès Matoub
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Manifestants à Alger, en juillet 1998

Manifestants à Alger, en juillet 1998
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Il se rencontre encore un peu partout dans le monde de ces minorités ethniques ou linguistiques qui, tantôt instinctivement, tantôt consciemment, se sont opposées à toutes les tentatives d'absorption et en ont triomphé finalement. Il semble même que l'univers hostile dont elles sont entourées contribue largement à durcir leur résistance et à leur forger une personnalité nettement dégagée, originale jusque dans les manifestations les plus simples. C'est le cas des Kabyles en Algérie. Reste du grand peuple berbère dont le domaine s'étendait de l'Égypte à l'Atlantique et de la Méditerranée à l'Afrique noire, ils forment un groupement humain bien distinct par le territoire (la Kabylie), un mode de vie propre, une langue, une littérature et des traditions communes. Autant d'éléments constitutifs d'une nationalité toujours en puissance, mais jamais pleinement réalisée, dont la connaissance est indispensable pour qui veut comprendre certains problèmes posés à l'Algérie. La rébellion des Kabyles au lendemain de l'indépendance et leurs réserves à l'égard du pouvoir central traduisent un malaise qui ne trouvera sa solution que dans la reconnaissance du fait kabyle. Alger s'est au contraire acharné à vouloir détruire la langue kabyle par une politique systématique d'arabisation. Or, après la disparition des institutions politiques de la Kabylie, l'essentiel de son originalité réside dans sa langue, sa littérature, sa poésie, instruments de résistance efficace dans le passé, aujourd'hui menacés par une instruction publique généralisée qui favorise les hégémonies linguistiques.

La Kabylie

Le nom de Kabylie est la forme européanisée de l'arabe ḳbayl (tribus). Il ne semble pas que les historiens et les géographes d'expression arabe s'en soient servi dans leur nomenclature pour désigner une région quelconque de la Berbérie au Moyen Âge. Cette dénomination a été introduite par des voyageurs européens. De nos jours encore, seuls en usent en Algérie les sujets s'exprimant en français. L'arabophone dira blad leḳbayl (pays des tribus), ḳbayl étant traité ici en véritable nom propre. Quant aux Kabyles eux-mêmes, ils emploient un terme appartenant au très ancien fonds berbère : tamourt, la terre, la terre natale, la patrie, le pays.

Ce tamourt n'a jamais connu de frontières bien définies. Il eût fallu pour cela qu'il se constituât en État, et les Kabyles ont été de tout temps farouchement opposés à une hégémonie politique qui eût rendu impossible à leurs yeux l'application d'un principe de gouvernement solidement ancré dans leurs mœurs : le contrôle direct et rigoureux d'un pouvoir central électif. Le rejet d'une autorité commune de quelque importance ne signifiait cependant pas absence de cohésion. Morcelée à l'intérieur, la Kabylie n'offrait pas moins l'image d'un bloc, agissant en tant que tel, solidaire certes de l'ensemble algérien qu'elle a incarné plus d'une fois, mais sans jamais cesser de s'en distinguer. Elle servait de refuge le plus sûr aux populations des plaines fuyant devant l'envahisseur, ensuite de base de résistance et de récupération quand la puissance de l'ennemi était émoussée et que sonnait l'heure de la libération. Dans ces conditions, suivant les vicissitudes politiques et militaires, elle s'accroissait et englobait de larges lambeaux de plaines, ou se réduisait aux seuls pitons d'où l'on pouvait narguer soit l'ennemi soit un pouvoir central trop éloigné et anonyme, parfois nominalement reconnu, mais rejeté en la personne de son administration.

Formation et évolution du bloc kabyle

La lecture des auteurs anciens montre, en effet, une Kabylie tantôt cernée et réduite à ses seules montagnes inaccessibles, tantôt jetant sur les plaines ses guerriers qui contraignaient les colons à se regrouper dans les villes fortifiées et les légions à reculer, à « regagner leurs quartiers d'hiver » selon la pudique expression des historiens latins. Le même spectacle est offert au Moyen Âge successivement avec les Vandales, les Byzantins et les Arabes.

L'historien des Berbères, Ibn Khaldūn, fournit des indications précieuses sur la formation et l'évolution du bloc montagnard kabyle entre le viiie et le xive siècle. Jusqu'au xie siècle, le domaine kabyle s'étendait sur un vaste territoire compris entre Annaba (Bône) et Cherchell au nord, et les monts sahariens au sud. Trois groupements berbères importants s'y côtoyaient, unis par un même dialecte et des alliances politiques plus ou moins durables : les Sanhadja à l'ouest de Dellys, les Zouaoua à l'est jusqu'au port de Béjaia (Bougie) et les Ketama entre ce dernier et celui de Annaba. À partir de la seconde moitié du xie siècle, il ne cessera de se rétrécir, d'abord sous les coups de boutoir des Arabes (Banū Hilāl et Banū Soulaym) venus d'Égypte, ensuite sous la pression des dynasties berbères qui se succédèrent en Afrique du Nord entre le xiie et le xive siècle. Plus ouverts, l'Est, l'Ouest et le Sud en souffrirent tout particulièrement. À la fin du siècle, il ne restait plus des trois grandes confédérations que celle du centre, la Zouaoua, amputée de ses hauts plateaux, mais héritant sur ses flancs de quelques débris des territoires peuplés par ses anciens alliés dont elle reçut le flot de réfugiés. Elle occupait alors un quadrilatère compris entre l'oued Agrioum à l'est, l'oued Boudouaou à l'ouest, la Méditerranée au nord, et une ligne allant de Sétif à Sidi-Aïssa au sud.

Ces limites ne subiront plus de changement notable. L'installation de quelques bordjs par les Turcs à l'intérieur, dès la première moitié du xvie siècle, ne semble pas avoir mis en cause le principe de l'existence en Algérie d'une Kabylie autonome sur les terres de laquelle s'étaient constituées trois principautés dans le dernier quart du siècle précédent : Kokou, Abbès et Juber. Leur reconnaissance tacite par les représentants de la Porte à Alger fut une étape importante dans la formation de la Kabylie. Ils en fixèrent approximativement les frontières que trouveront les Français au début du xixe siècle. Quand le pouvoir des deys s'effondra en 1830, les Kabyles tentèrent encore une fois, mais sans succès, de rompre l'encerclement et de recouvrer les riches plaines dont ils avaient été dépossédés. D'ailleurs les Français, soucieux de neutraliser au début de la conquête de l'Algérie une population nombreuse, organisée et belliqueuse, ne les en dissuadèrent pas immédiatement. Ernest Carette a laissé un témoignage fort intéressant : « L'absence complète de définition donnait lieu aux interprétations les plus élastiques, aux assimilations les plus erronées. Chaque coin de terre peuplé de Kabyles devenait partie intégrante de la Kabylie. Quelques personnes comprenaient sous ce nom tout le littoral depuis Dellys jusqu'à Philippeville, d'autres l'étendaient encore dans l'Ouest et y faisaient entrer le Dahra et l'Ouarsenis. La Kabylie s'allongeait démesurément. Ayant échappé à l'invasion, elle devenait envahissante à son tour » (Études sur la Kabylie, 1849). En fait, elle n'échappa pas à l'invasion ; on crut même qu'elle disparaissait à jamais. Le colonel Robin pouvait tranquillement écrire en 1901 : « Ainsi s'est effondré en quelques années l'édifice séculaire des libertés traditionnelles qui avaient résisté pendant des milliers d'années aux armées des conquérants [...] Finis Kabyliae ! » En effet, pour mieux l'asservir, la puissance colonisatrice désorganisa ses structures politiques et économiques. Elle pensait l'avoir détruite ; elle ne réussit qu'à lui donner plus de cohésion. Les tribus et les confédérations ayant disparu, les Kabyles cherchèrent et parvinrent à communier dans une Kabylie indivisible.

Une région montagneuse

La Kabylie est une région accidentée, parcourue d'ouest en est par deux chaînes de montagnes se rejoignant à leurs extrémités.

Dans la partie sud se dresse le massif du Djurdjura, le plus imposant, culminant à Lalla-Khedidja (2 308 m), et le plus célèbre depuis l'Antiquité les Anciens l'appelait mons Ferratus . Le Djurdjura est aussi appelé « Grande Kabylie » . Il décrit un véritable arc de cercle autour des Zouaoua. À l'ouest, il se prolonge en obliquant vers le nord par les monts Maatka auxquels s'adossent les chaînons du Boubrak, qui séparent la vallée de Sebaou de celle de l'Isser. À l'est, il est relayé par deux contreforts, l'un prenant la direction du nord-est jusqu'au voisinage de Béjaia (massif des Babors, ou « Petite Kabylie », culminant à 2000 m), l'autre celle du sud-est jusqu'aux abords de Sétif.

La seconde chaîne de montagnes de la Kabylie, qui porte souvent le nom de tribus peuplant ses versants est appelée communément chaîne du littoral ou bien encore chaîne Numidique, suit la côte entre Dellys et le nord de Béjaia. Elle est moins imposante que la première dont elle ne constitue que les prolongements en direction du nord. En effet, il n'y a guère de véritables plaines entre ces deux massifs. Chaînons et mamelons se rejoignent de part et d'autre, s'enchevêtrent et se confondent. De sorte que l'ensemble se présente sous la forme d'une masse compacte, d'une vaste plate-forme à laquelle on accède par un petit nombre de déchirures qui en constituent les vallées les plus larges.

Ce haut pays morcelé et pentu, aux sols fragiles souvent acides, enneigé l'hiver, bénéficie de précipitations méditerranéennes, de cours d'eau pérennes et d'une végétation arborée dense et étagée où le socle conserve une forêt de chênes-lièges parfois dégradée. Le sol pauvre est donc suffisamment arrosé pour permettre une mise en valeur de chaque pouce de terrain par une population en surnombre d'agriculteurs sédentaires.

Le peuple kabyle

À quel moment le nom ḳbayl francisé en Kabyles s'appliqua-t-il aux habitants de cette masse de montagnes dominées par le Djurdjura ? Ibn Khaldūn n'en use pas au xive siècle dans son Histoire des Berbères. Ni Luis del Mármol ni Léon l'Africain au xvie siècle ne mentionnent les Kabyles pour désigner les Berbères d'une région déterminée de l'Afrique du Nord. Reprenant la tradition khaldūnienne, Mármol appelle « Azouagues » (Zouaoua) les habitants du littoral algérien. Ce n'est qu'au xviiie siècle que « Kabyle » fait son apparition comme nom propre dans la littérature historique et géographique de l'Afrique du Nord. Le voyageur anglais Thomas Shaw, dans ses Travels, appelle de ce nom tous les Berbères de l'Algérie septentrionale : « À en juger par la situation et l'idiome propre et particulier des Kabyles, qui diffère matériellement de l'arabe, on est porté à croire que c'est le seul peuple de la Barbarie qui ait quelque analogie avec les anciens habitants de l'Afrique. » Et à propos des Zouaoua, on peut lire sous la plume du même auteur : « Les zouôouh [sic], qui sont les plus nombreux et les plus riches Kabyles de cette province [Constantine], habitent les montagnes inaccessibles à l'est, du Sebôe [Sebaou]. » Au xixe siècle, l'occupation française consacra définitivement le nom, d'abord pour désigner les Berbères de l'Algérie septentrionale, ensuite uniquement ceux du Djurdjura et de ses prolongements. On les appelle bien encore Zouaoua, mais accessoirement ; ils sont kabyles avant tout. C'est sous ce nom qu'ils firent leur entrée dans l'histoire moderne.

Une économie fondée sur l'agriculture et l'artisanat

Les Kabyles sont des paysans essentiellement arboriculteurs en raison de la nature de leur sol qui n'est qu'un vaste réseau de montagnes. Sur les pentes aménagées, ils font croître l'olivier et le figuier qui, immédiatement après le chêne zen, occupent les plus grandes surfaces. Jusqu'à la fin du xixe siècle, la culture de ces deux arbres tenait la place la plus importante dans les occupations et le revenu des Kabyles. Ils consommaient une partie de leur production d'huile et de figues et commercialisaient l'autre. On fait venir aussi en Kabylie presque tous les types d'arbres fruitiers représentés dans le bassin méditerranéen. Mais à l'exception du raisin de table, du cerisier et de l'amandier, leur produit n'entre guère en ligne de compte dans le budget familial. Quant à la culture des céréales, seuls s'y adonnaient sérieusement quelques privilégiés, propriétaires dans les vallées. Et celles-ci ayant été concédées dans certaines régions à des colons européens à la suite du soulèvement de 1871, les Kabyles furent réduits à importer les neuf dixièmes environ de leur consommation d'orge, de blé et de légumes secs. Il n'existe pas de prairies ni de terrains de parcours en Kabylie. Aussi l'élevage y est-il limité à quelques maigres troupeaux de chèvres, rarement de moutons et de bovins. Ainsi, nature du sol et exiguïté du territoire devaient assez tôt contraindre les Kabyles à s'adonner à des occupations autres que l'agriculture.

Jusqu'au xixe siècle, ils complétaient leurs maigres revenus agricoles par l'émigration temporaire et l'exercice de plusieurs industries artisanales, notamment celles des armes, du bois et du tissage. Les deux premières disparurent en même temps que la perte de l'indépendance, les forêts ayant été expropriées et les fabriques d'armes fermées par la puissance colonisatrice. Bien qu'il ne cesse pas de régresser, concurrencé par les étoffes venues d'Europe, le tissage s'est maintenu grâce au port du burnous et à la confection de couvertures en laine encore fort appréciées des Kabyles. Mais il ne constitue pas, comme par le passé, une source importante de revenus. À part la bijouterie, d'ailleurs en voie de disparition, l'artisanat kabyle a vécu.

L'émigration, elle, et pour cause, a évolué dans un sens tout à fait opposé. Bien avant l'arrivée des Français, les Kabyles sillonnaient toute l'Algérie et une partie de la Tunisie, exerçant les métiers les plus divers, mais ne se fixant que très rarement en dehors de la Kabylie. La colonisation et le progrès technique rendirent l'émigration impérieuse et massive. De nos jours, les trois quarts environ des hommes kabyles valides et en âge de travailler vivent hors de la Kabylie vers laquelle cependant sont tendus tous leurs efforts. Le manœuvre de chez Renault à Paris, comme le plus haut fonctionnaire de l'État algérien sont, en effet, animés par un seul et même but : faire vivre la Kabylie, le premier en envoyant des sommes d'argent durement amassées, le second en s'y construisant une résidence, en faisant assurer à gros frais l'entretien de terrains dont il sait d'avance qu'il ne retirera aucun profit, enfin en casant les enfants du pays qui, d'ailleurs, demeurent toujours ses égaux et devant lesquels il doit se dépouiller de tout le prestige que lui confère sa position dans la hiérarchie du pouvoir politique.

Le village kabyle

Les Kabyles vivent encore groupés en villages généralement assez importants, pouvant atteindre plusieurs milliers d'âmes et ne descendant que rarement au-dessous de cinq cents, et bâtis sur les pitons de montagnes ou sur les sommets de mamelons séparant les vallées. Qu'ils soient de forme allongée ou circulaire, ils ont été conçus de façon à pouvoir être efficacement défendus, du moins avant que l'artillerie ne fasse son apparition. Ils portent le nom de touddar, pluriel de taddart (vie, du radical dr, vivre, que l'on retrouve avec ce sens dans tous les dialectes berbères). Les maisons, toutes en dur, généralement sans étage, couvertes de tuiles rouges, s'écrasent les unes sur les autres au point que, vues de loin, elles donnent l'impression de n'en former qu'une seule, immense. Le village, zébré à l'intérieur par de nombreuses impasses, souvent taillées dans le roc, n'ouvre sur l'extérieur que par deux ou trois rues. Il est très rare qu'il soit entouré d'une muraille. Sans doute se modernise-t-il chaque jour, mais, dans l'ensemble, son visage n'a pas changé.

Il y a un peu plus d'un siècle, ce village constituait une unité politique et administrative complète, un corps qui avait sa propre autonomie. Il était administré par une assemblée (djemaa) composée de tous les citoyens en âge de porter les armes ; elle assurait le respect des règlements en vigueur, abrogeait les anciens et en édictait de nouveaux si le besoin s'en faisait sentir ; elle décidait de l'impôt et de la guerre, administrait les biens de mainmorte et exerçait sans partage le pouvoir judiciaire. Par délégation, elle se déchargeait de l'exercice de ces pouvoirs sur un chef de l'exécutif appelé, suivant les régions, lamin (homme de confiance), amuḳran (ancien, dignitaire), ameksa (pasteur), élu par tous les citoyens majeurs réunis en assemblée plénière. Il présidait la djemaa, assurait la mise en application de ses décisions et préparait les affaires à lui soumettre. Il était assisté dans ses fonctions par un oukil et des tamen. L'oukil, généralement recruté au sein du parti hostile à celui du lamin, gérait la caisse publique et contrôlait les agissements du chef de l'exécutif. Les tamen (mandataires) étaient désignés par les fractions du village pour les représenter dans les réunions restreintes et faire appliquer les décisions de l'assemblée, qui étaient prises en réunion plénière après des débats où tout citoyen, sans distinction de condition sociale, pouvait émettre et défendre ses opinions sur tel ou tel problème, proposer des solutions, voire s'opposer à l'exécutif. La continuité de cette organisation politico-administrative était assurée par les kanoun, sortes de chartes dont certaines dispositions fondamentales doivent remonter aux temps les plus reculés. Bien que non écrits, ils représentaient l'autorité matérielle la plus élevée et prenaient le pas sur la religion même. Tout cela n'existe plus. Les villages ont progressivement perdu leurs assemblées et leurs prérogatives entre 1857 et 1962. Les lamin furent fonctionnarisés et les kanoun interdits.

—  M'Barek REDJALA

Situation actuelle

Plus qu'une région d'Algérie de langue maternelle kabyle (amazigh), les Kabylies sont un ensemble régional marqué par sa vie paysanne, à l'ouest en villages groupés à moyenne altitude sur les crêtes et, vers Collo, en hameaux de clairières. Les contraintes collectives héritées pèsent sur sa population islamisée, de plus en plus arabisée, que les dominations arabe, turque, puis coloniale ont isolée et concentrée dans ses montagnes méditerranéennes. Les Kabylies couvrent aujourd'hui les wilaya de Tizi Ouzou et de Bejaia, l'est de la wilaya de Boumerdès, le nord de celle de Bouira et, en pays arabophone, la wilaya de Jijel et la presqu'île de Collo.

La confiscation de terres de plaine par la colonisation, après l'insurrection de 1871, a déséquilibré l'économie d'une région très densément peuplée. L'émigration saisonnière du travail dès l'époque précoloniale, réorientée vers les villes algériennes et la France, et pérennisée par la répression coloniale de 1954 à 1962, explique le déficit migratoire d'avant 1966. La croissance, proche du croît naturel, de 2,9 p. 100 par an de 1966 à 1977, a connu, avec un taux de 3,9 p. 100, un excédent migratoire global de 1977 à 1987 dû surtout aux concentrations de peuplement dans les dépressions (Basse Kabylie, Sebaou, Sahel-Soummam, oued El-Kebir, Jijel), à l'inverse de certaines enclaves montagneuses. Ainsi la population a-t-elle crû plus vite que celle du pays : elle a doublé entre les recensement de 1966 et 1987. Elle atteint alors 3 200 000 habitants (13 p. 100 des Algériens), non compris l'essaimage, hors de la région, à Sétif, Constantine, Alger et même Oran. On l'estime à environ cinq millions d'habitants en 2005, et à plus de sept millions si l'on y inclut les Kabyles de la diaspora.

Rurale et dépendante de villes extérieures en 1966, la région s'est urbanisée depuis lors. Les 11 p. 100 d'urbains de ses onze villes de 1966, sur le littoral (Bejaia, Jijel) et dans les vallées du Sebaou (Tizi Ouzou), de l'Isser et de la Soummam, sont devenus 17,3 p. 100 dans vingt-six villes en 1977, puis 22,1 p. 100 dans trente-neuf villes en 1987. Cette croissance urbaine est surtout liée à l'urbanisation fonctionnelle de bourgs ruraux devenus maillons élémentaires d'un réseau urbain. Ce sont les centres urbanisés entre 1966 et 1977 qui ont accéléré leur croissance de 5 à 6,9 p. 100 par an ; les villes préexistantes ont ralenti la leur de 4 à 3,6 p. 100, et les bourgs urbanisés après 1977 n'ont vu leur taux s'élever que de 3,4 à 4,8 p. 100.

Ces décalages reflètent la succession de deux modes d'urbanisation. Le premier a planifié et créé des activités de production et de services, et fait pour cela appel à des populations nouvelles. Le second, consécutif au désengagement de l'État, a concentré des ruraux éloignés de l'emploi agricole dans des agglomérations locales et leurs lotissements.

À l'inverse des montagnes où les exploitations morcelées et jadis surcultivées de petits propriétaires sont à l'abandon ou restent seulement oléicoles, les plaines et vallées fertiles, qui furent seules touchées par la révolution agraire, ont spécialisé leurs productions (lait, œufs, volaille, maraîchage) en réponse à la demande croissante locale et algéroise. Ainsi, le taux d'emploi agricole se maintient à 20 p. 100 des actifs ou plus, voire s'accroît autour des usines et villes le long des axes de communication. Il atteint à peine 10 p. 100 dans les montagnes ; il y accompagne des taux d'emploi dérisoires : ici, le maintien des populations, notamment dans les nouvelles concentrations, n'est rendu possible que par les transferts de ressources de l'émigration et la spéculation sur les devises.

Les usines lancées dans la décennie de 1970, et achevées avec un retard croissant, s'alignent dans l'axe du Sebaou (textiles et matériel électrique surtout) d'Isser à Azazga par Bordj Menaiel, Draa ben-Khedda et Tizi Ouzou (117 000 hab. en 1998) ; sur la Soummam (textiles, cuirs, mécanique) d'Akbou à Sidi Aïch et au port pétrolier de Bejaia (149 000 hab. en 1998) ; dans la dépression de Boghni ; et sur des sites ponctuels (Bougaa, Aïn Kebira...).

Les déséquilibres nés du développement de l'industrie et de l'équipement (université de Tizi Ouzou) ont provoqué une demande croissante de services de moins en moins satisfaite. Le malaise économique et social né, en Algérie après 1980, du désinvestissement, de la chute du pouvoir d'achat et des frustrations a exacerbé ici la revendication culturelle et identitaire cristallisée sur la berbérité (le tamazight), au cœur des revendications du « Printemps berbère » en 1981.

Touchée, mais moins que le reste du pays, par le terrorisme de l'intégrisme islamiste dans les années 1990, la région, tentée par l'isolement, voire l'autonomisme, est néanmoins profondément liée au destin de la nation (près de la moitié de la population d'Alger est kabyle). Cette contradiction s'est exprimée au sein du Mouvement culturel berbère et a vu s'opposer, au sein des différents partis, une tendance au compromis avec la mouvance islamiste à une recherche d'intégration à un mouvement démocratique et laïc algérien uni reconnaissant la culture berbère.

À l'issue de la guerre civile qui a meurtri l'Algérie, le sentiment de rancœur des Kabyles face au pouvoir central, envenimée par une situation sociale et économique difficile, en particulier pour la jeunesse (60 p 100 de chômage chez les 16-30 ans en 2002), reste propice à l'escalade de la violence. C'est ainsi que des émeutes ont éclaté après l'assassinat du chanteur et militant berbère Matoub Lounès, le 25 juin 1998, ou plus tard à l'occasion du « Printemps noir », vague de manifestations des jeunes, partie de Tizi Ouzou, mais étendue bientôt à tout le pays malgré une dure répression policière, en mai-juin 2001. Par la suite, les élections locales organisées en 2005 et 2007 ont marqué une normalisation, signe d'une lassitude certaine face aux violences et d'une volonté d'apaisement.

Lounès Matoub

Lounès Matoub

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Né en 1956, le poète et chanteur berbère Lounès Matoub, chantre de la laïcité et de la culture kabyle, est enlevé par le Groupe islamique armé le 25 septembre 1994. Libéré quinze jours plus tard, il sera assassiné le 25 juin 1998, vraisemblablement par un commando d'intégristes. Il est... 

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Manifestants à Alger, en juillet 1998

Manifestants à Alger, en juillet 1998

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Manifestation à Alger en réaction à la mort du chanteur kabyle Lounès Matoub, abattu le 25 juin 1998, et à la loi sur l'arabisation. Donnant satisfaction à l'intégrisme islamiste, ces événements suscitent une grande indignation dans la population. 

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La langue et la littérature kabyles

La langue kabyle est le dialecte berbère parlé par le plus grand nombre de berbérophones en Algérie. Dans les montagnes on ne connaît pas d'autre mode d'expression quotidien, et dans les villes comme Alger, Constantine, Sétif, Béjaia et Annaba, peuplées pour moitié de Kabyles, elle est employée au foyer et accessoirement dans la rue. Mais elle n'est ni écrite ni enseignée. Jusqu'à la seconde moitié du xixe siècle, aucun Kabyle ne s'y intéressa sérieusement. Ce sont les Européens qui, les premiers, lui accordèrent quelque intérêt : d'abord des militaires intéressés ou désœuvrés ou des diplomates curieux, puis des linguistes, rarement, hélas ! des hommes de lettres. C'est grâce à leurs travaux et à ceux de quelques pionniers kabyles qu'un travail sur la littérature kabyle est devenu possible.

Essentiellement orale encore, la littérature kabyle est représentée par deux genres majeurs : la poésie et le conte. L'une et l'autre se transmettent dans une langue sensiblement différente de la quotidienne, archaïque par certains côtés, à la pointe du modernisme par d'autres, ce qui lui donne un cachet littéraire sans constituer un obstacle à sa compréhension par tous les Kabyles. Plus consciente, cependant, la poésie semble avoir le pas sur le conte qui n'a pas encore débouché sur la prose artistique ; en cela la littérature kabyle confirme cette loi de l'histoire littéraire : toute littérature commence par la poésie.

Poésie de la guerre et de l'amour

Les plus anciennes transcriptions de poèmes kabyles en caractères latins remontent au début du xixe siècle, à 1829 plus exactement, et sont dues à l'Américain W. Hodgson. Elles font partie de sa Collection of Berber Songs and Tales, dont le manuscrit original se trouve à la bibliothèque de la Société asiatique de Paris. Ce n'est que trente-huit ans plus tard, en 1867, qu'Adolphe Hanoteau, alors colonel commandant la place de Fort-l'Empereur, publiait ses Poésies populaires de la Kabylie du Jurjura, texte et traduction. En 1899, J. D. Luciani faisait paraître un recueil de poèmes historiques d'Ismaïl Azikkiou. Enfin, en 1904, et pour la première fois semble-t-il, un Kabyle, Si Amar ou Saïd dit Boulifa, offrait au public un Recueil de poésies kabyles qui allait devenir le livre de poésie par excellence, à cause sans doute de la place faite au plus grand poète kabyle connu, Si Mohand ou M'Hand, mort en 1906. Depuis, il n'y eut plus de publication notable. Les quelques rares personnes qui s'intéressèrent à la poésie kabyle se contentèrent d'offrir des traductions sans jamais les faire accompagner du texte dont ils ne possédaient pas les... manuscrits. Ce fut le cas de Jean Amrouche en 1939 et de Pierre Savignac en 1964.

Il n'existe pas de mot kabyle pour désigner exclusivement la poésie. Chaque genre a son nom propre. Le poème épique est dit taqsit (histoire, geste), le poème lyrique asfrou (élucidation) et la pièce légère izli (courant d'eau). Cependant, le mot asfrou tend de plus en plus à désigner le poème sans distinction de genre et, au pluriel, isfra, la poésie en général. Cette spécialisation est confirmée par l'usage que les poètes épiques faisaient du même mot dans leurs exordes qui débutent parfois par ce vers : « A yikhf iou refd asfrou » (« Ô ma tête, fais jaillir un poème »). Par ailleurs, le verbe sfrou (démêler, élucider, percer l'inconnu), employé sans complément, est consacré dans le sens exclusif de dire ou réciter des vers, de la poésie, quel qu'en soit le genre.

Le taqsit, à thème historique, était très répandu dans le milieu tribal kabyle. Chaque confédération, chaque tribu, parfois même chaque village avait son ou ses bardes, dont la fonction consistait à composer des chants dans lesquels il glorifiait les exploits du groupe, immortalisait les héros et stigmatisait les lâches, ou se lamentait après une défaite et décrivait les horreurs de la guerre, etc. Le poème pouvait être chanté, psalmodié ou tout simplement récité. Des fragments sur la chute d'Alger en 1830 et sur la lutte soutenue par les Kabyles durant tout le xixe siècle pour sauvegarder leur indépendance fournissent une idée de ce genre en voie de disparition. Le soulèvement de 1871 en particulier inspira de nombreux poètes, notamment Ismaïl Azikkiou, mort à la fin du xixe siècle. Dans les vers qui suivent, il décrit un peuple vaincu, écrasé, désemparé, une société dépossédée de tous ses biens, menacée de désagrégation, ses hommes ayant renoncé, au nom d'un sauve-qui-peut flétri par le poète, à la tradition de l'assistance mutuelle et de la fraternité :

Ils ont semé la haine dans les villages ;

Nous l'avons engrangée, et il en reste encore ;

C'est comme l'abondante récolte d'un champ fraîchement incendié.

Quand l'impôt de guerre nous affola,

Nous jetâmes tout sur l'aire à battre,

Chacun renia son propre frère.

Le mauvais sujet eut la préférence ;

Le noble fut humilié.

Chaque jour apportait son lot de soucis ;

Mais personne ne s'ouvrait à personne.

Et pourtant les malheurs fondaient de toutes parts.

Terrible fut l'année 1871

Annoncée par le Livre [sacré] :

La justice s'évanouit ainsi que la vérité.

Il n'y a là ni « grossier sensualisme » ni « obscénités de bergers », auxquels certains voudraient réduire la poésie kabyle.

L'asfrou ou poème lyrique est le genre le plus pratiqué. Le rythme de ses vers ainsi que la distribution de ses rimes se retrouvent dans le long poème à thème historique dont il semble descendre. Il ne s'en distingue que par les thèmes et par la brièveté. Il est généralement composé de neuf vers groupés par strophes de trois. Les deux premiers vers des trois strophes, de même quantité syllabique, riment ensemble, tandis que les troisièmes, plus courts, sont affectés d'une seconde rime. Incontestablement, son vers, de cinq ou sept pieds, a quelque chose de « soluble dans l'air », suivant l'expression de Verlaine. Il semble convenir à une langue qui procède par juxtaposition et répugne à la période, au style dépouillé du langage parlé, à une pensée qui s'exprime tout naturellement par des traits vifs et courts. Certains on vu dans le neuvain un signe de décadence de la poésie kabyle. La poésie étant l'art de vouloir saisir la vérité en peu de mots, on peut penser au contraire qu'il traduit une évolution heureuse. Ainsi, Si Mohand, vieilli, atteint d'un mal incurable qui serait l'impuissance, saisi de remords, trouve des accents émouvants pour résumer en neuf vers toute sa vie passée et présente :

Mon cœur se couvre de nuages,

De larmes il déborde

Au souvenir de mes épreuves.

Ma confession fait trembler les montagnes

Et rouvre les plaies de mon cœur.

J'ai tout consacré aux plaisirs des filles,

Et, marqué au sceau d'un destin funeste,

Je n'eus point de chance.

Ah ! vivre seulement un jour de bonheur !

El-Hossein, contemporain du précédent, à l'aide d'une image simple et progressivement développée, parvient à communiquer l'horreur de son agonie :

Mon cœur s'en va goutte à goutte

Comme une bougie

Emprisonnée dans une lanterne.

Elle brûle et se consume,

S'étiole dans la chaleur étouffante,

Et décline, lentement, lentement.

Bientôt le vide à sa place,

Sa lumière s'éteint,

Et ce sont les ténèbres.

L'izli est le poème léger et toujours chanté. Il n'a pas de forme fixe. Généralement court, trois à six vers, rarement davantage, il est fortement rythmé. À l'inverse des deux genres précédents auxquels s'adonnent des artistes bien connus et fort honorés, il est toujours anonyme, peut-être à cause de la verdeur de son langage qui l'apparente à la chanson dite grivoise.

L'évolution du conte

À l'exemple de tous les peuples, les Berbères ont leurs contes merveilleux et leurs contes d'animaux. L'historien Ibn Khaldūn fut particulièrement frappé, au xive siècle, par l'abondance de récits légendaires circulant parmi eux. Après en avoir résumé un, il conclut : « De semblables récits sont en si grand nombre que si l'on s'était donné la peine de les consigner on en aurait rempli des volumes. » Certains de ces récits subsistent, mais, comme pour la poésie, les Kabyles ne songèrent jamais avant le xixe siècle à les transcrire. Plus que la poésie, ils demeurent encore rivés au domaine de l'oral, peut-être à cause de leurs fonctions, de leur évolution lente et des interdits dont ils sont frappés. Les premiers contes kabyles transcrits en caractères latins par W. Hodgson au début du xixe siècle n'ont pas encore été édités. Il en est de même des trois cahiers de Contes populaires de la Kabylie du Jurjura dont le père Rivière donna une traduction partielle en 1882. En 1897, Leblanc de Prébois en publiait quelques-uns accompagnés d'une traduction. Mais le grand mérite dans cette entreprise de sauvetage revient incontestablement à Auguste Mouliéras qui, entre 1893 et 1897, faisait paraître deux gros volumes de textes kabyles sous le titre de Légendes et contes merveilleux de la Grande Kabylie, dont Camille Lacoste a donné une traduction intégrale en 1965. Depuis 1945, de nombreux contes kabyles ont été publiés dans le Fichier de documentation berbère de Fort-National, que dirige le père Dallet.

Le conte kabyle baigne dans une atmosphère de culture orale ; il instruit et peut intervenir à tous les niveaux de l'activité sociale. Il n'est pas rare, par exemple, qu'une assemblée de Kabyles débute ou se termine par un épisode de conte. Même les contes d'animaux, réputés pour leur gratuité, portent en eux le souci moralisateur propre au caractère kabyle. Tous sont dits en une prose dont la dimension esthétique n'est pas consciente. On ne peut pas nier qu'il y ait eu dans le passé volonté de bien dire. Quand le récit est transmis dans sa forme ancienne, ou reconstitué, il s'en dégage un net souci de structure logique et la langue en est relevée sinon recherchée, sans que cela nuise à l'une de ses qualités essentielles, la spontanéité. Ces qualités sont sensibles dans les récits mis au goût du jour depuis un peu plus d'un siècle. D'ailleurs, le conte, qui a déjà subi des dégradations, semble engagé, bien que timidement, dans une voie qui pourrait déboucher sur la naissance d'une prose consciemment élaborée. Le mérite en revient à Bélaïd Aït Ali, dont les pères Blancs ont publié, en 1964, Les Cahiers ou la Kabylie d'antan. Dans une prose empruntée au conte, mais retravaillée et soumise à la contrainte qu'impose la volonté de l'écrit littéraire, ce Kabyle de culture française a raconté des histoires qui tiennent à la fois du conte, du roman et de la confession, Déjà avant lui, mais avec moins de talent, Belkassem Bensédira avait, à la fin du xixe siècle, écrit des fables anciennes dans une prose littéraire. Ces deux tentatives demeurent encore isolées, de même que celle de Boulifa qui, au début de ce siècle, a composé un ouvrage en prose sur la Kabylie. La prose de ces trois pionniers se situe à mi-chemin entre celle du conte, dépouillée et concrète, et une prose moderne, imagée et plus intellectuelle. La littérature kabyle ne survivra que dans la mesure où cette tendance s'affirme et se développe. L'assouplissement de leur langue par la pratique permettra alors aux Kabyles d'accéder à la culture à travers leur moyen d'expression naturel.

—  Bouziane SEMMOUD

Bibliographie

※ Histoire et société

P. Bourdieu, Esquisse d'une théorie de la pratique, précédé de Trois études d'éthnologie kabyle, 1972, rééd. Seuil, Paris, 2000

E. Carette, Études sur la Kabylie proprement dite, 2 vol., Paris, 1849

K. Chachoua, L'Islam kabyle (XVIIIe-XXe siècles). Religion, État et société en Algérie, Maisonneuve & Larose, Paris, 2002

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F. Frobenius & D. C. Fox, African Genesis, Londres, 1938

L. Hanoteau & A. Letourneux, La Kabylie et les coutumes kabyles, 3 vol., Paris, 1872-1873, réimpr. Bouchene 2003

Ibn Khaldūn, Histoire des Berbères et des dynasties musulmanes de l'Afrique septentrionale, trad. W. M. G. de Slane, 4 vol., rééd. Geuthner, Paris, 1983

Les Kabyles : éléments pour la compréhension de l'identité berbère en Algérie, T. Yacine éd., Groupement pour les droits des minorités, Paris, 1992

C. Lacoste, Bibliographie ethnologique de la Grande Kabylie, Mouton, Paris, 1962

Léon l'africain, Description de l'Afrique (De totius Africae descriptione libri IX), vol. III, trad. J. Temporal, Paris, 1830

R. Martial, Djurdjura, terre de contrastes, Alger, 1940

F. Mehenni, Algérie : la question kabyle, Michalon, Paris, 2004

A. Ouerdane, La Question berbère dans le mouvement national algérien : 1926-1980, Sillery (Canada), Septentrion, 1990

N. Robin, L'Insurrection de la Grande Kabylie, Paris, 1901

T. Shaw, Travels, or Observations Relating to Several Parts of Barbary and the Levant, Oxford, 1738.

※ Langue et littérature

A. Babbet, La Langue berbère, Oxford, 1954

Belaïd Aït Ali, Les Cahiers de Belaïd, ou la Kabylie d'antan, Fort-National, 1964

Boulifa Si Amar, Recueil des poésies kabyles, Alger, 1904, rééd. Awal 1990

J. M. Dallet, Contes kabyles inédits, Fort-National, 1963

E. Dermenghem, Contes kabyles, Paris, 1945

H. Hamouma, Manuel de grammaire berbère, Ass. de culture berbère, Paris, 1987

L. Hanoteau, Essai de grammaire kabyle, Alger, 1858 ; Poésies populaires de la Kabylie du Jurjura, Paris, 1867

L'Izli, T. Yacine éd., Maison des sciences de l'homme, Paris, 1988

R. Leblanc de Prébois, Essai de contes kabyles, Batna, 1897

J. D. Luciani, Chansons kabyles de Smaïl Azikkiou, Alger, 1899

A. Mouliéras, Légendes et contes merveilleux de la Grande Kabylie, 2 vol., Paris, 1893-1897 (trad. C. Lacoste, Geuthner, Paris, 1965)

Si Mohand ou Mhand, Les Isfra, trad. M. Mammeri, Paris, 1969.

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Autres références

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AMROUCHE JEAN (1906-1962)

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  • Universalis
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Jean el-Mouhouv Amrouche est né à Ighil-Ali (Petite Kabylie). Peu de temps après sa naissance, sa famille, christianisée et francisée, émigre à Tunis. Après des études au collège Alaoui de cette ville, Jean Amrouche est reçu à l'École normale supérieure de Saint-Cloud ; il devient ensuite professeur à Sousse, puis à Bône et à Tunis […] Lire la suite☛ http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-amrouche/#i_9608

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Voir aussi

Pour citer l’article

M'Barek REDJALA, Bouziane SEMMOUD, « KABYLES », Encyclopædia Universalis [en ligne], consulté le 10 décembre 2018. URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/kabyles/